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Les secrets d’un réseau de passeurs de migrants haïtiens via le Suriname

Les secrets d’un réseau de passeurs de migrants haïtiens via le Suriname
Exclu Guyaweb

Un président, habitant Matoury, d’une association d’aide aux personnes, déjà condamné dans une affaire de stupéfiants, un employé de la mairie de Saint-Laurent du Maroni gardien et hébergeur d’illégaux, un chauffeur aux revenus officiels modestes qui paye cash 31 000 € son camion à clandestins, un commerçant-passeur prisé hébergeant des sans-papiers moyennant finances à Mana, un chauffeur de taxi non déclaré transporteur de migrants irréguliers de Saint-Laurent à Iracoubo : Guyaweb révèle les secrets d’une brochette de businessmen de l’immigration illégale du Suriname vers la Guyane aujourd’hui définitivement condamnés par la justice.

Guyaweb avait suivi le procès de première instance en mai 2018 dans cette affaire qui avait abouti à des condamnations à de lourdes peines d’au moins 4 ans de prison ferme pour cinq des six prévenus. Le sixième étant condamné à une peine de un an ferme sans mandat de dépôt.

Les six étant alors condamnés pour «aide au séjour irrégulier en bande organisée ».

Trois d’entre eux avaient alors fait appel.

Aujourd’hui, Guyaweb a eu accès à trois décisions de la Cour d’appel de Cayenne de début et fin 2019 concernant un quinquagénaire martiniquais, Raymond Orfèvres et deux quinquagénaires haïtiens en situation régulière, Vilacon Belus et Kesner Cilencieux

Des décisions de justice confirmant de lourdes peines de prison pour deux des trois intéressés (Cilencieux qui aura vu sa peine passer néanmoins de 7 ans ferme à 5 ans ferme et Orfèvres dont la peine de 4 ans ferme aura été confirmée), l’atténuant en partie d’un sursis pour le troisième (Belus qui aura vu sa peine de 4 ans ferme se muer en 4 ans de prison dont deux assortis du sursis).

Une affaire éclairante sur l’exploitation de la misère humaine par des passeurs d’âge mûr installés en Guyane et bénéficiant de complicités manifestes au Suriname et en Haïti non investiguées par l’enquête judiciaire.

Révélations Guyaweb.

Le 6 septembre 2016 sur la RN 1, entre Iracoubo et Sinnamary, un fourgon est arrêté par les douanes alors qu’il fait route vers l’île de Cayenne.

Les douaniers ouvrent les portes arrières du véhicule et découvrent immédiatement trois ou quatre personnes visibles à l’intérieur du fourgon mais sont alors intrigués par le fait que ce véhicule ait manifestement moins de profondeur visible qu’habituellement pour ce type de fourgon.

Et pour cause, une cloison de fortune sépare l’arrière du camion d’un double fond cachant 4 à 5 autres personnes toutes entassées dans une sorte d’espace confiné entre la cabine du chauffeur et l’arrière de la camionnette.

En tout, 8 clandestins haïtiens sont découverts dont une femme enceinte.

Les douanes appellent alors les gendarmes de la brigade mobile de recherche territoriale pour enquête judiciaire.

Lors des auditions dans ce dossier, les huit étrangers, tous Haïtiens en situation irrégulière, reconnaissent être entrés irrégulièrement en Guyane, en provenance d’Haïti, via Curaçao et le Suriname.

La plupart déclarent aux gendarmes qui les interrogent, avoir payé 1 500 dollars américains à une personne organisatrice du voyage depuis Haïti.

A leur arrivée au Suriname, ils indiquent avoir été pris en charge par des tierces personnes que les enquêteurs soupçonneront vite de faire partie d’un réseau de passeurs.

Il ressort à l’époque des auditions de ce dossier que des personnes au Suriname ont hébergé ces ressortissants haïtiens avant leur transfert vers Saint Laurent du Maroni.

Les étrangers sans visa pour la Guyane effectuant ensuite la traversée du fleuve en pirogue avant de débarquer à Saint-Laurent du Maroni en toute illégalité.

Selon un document judiciaire, consulté par Guyaweb, écrivions-nous au cours d’une enquête journalistique sur cette affaire en 2018, l’on pouvait en déduire que le transport entre Saint-Laurent du Maroni et Cayenne coûte alors environ 300 euros supplémentaire à chacun des 8 clandestins.

Selon l’enquête du parquet à l’époque, dans ce dossier, deux des étrangers en situation irrégulière pincés dans le fourgon à Iracoubo déclareront avoir été pris en charge dès leur descente de pirogue à Saint Laurent du Maroni par des passeurs.

Deux autres déclareront avoir été logés un moment sur Saint-Laurent du Maroni sans pouvoir, selon eux, en préciser le lieu.

Quant aux quatre derniers, ils indiqueront, pour leur part, avoir étés logés sur Mana avant d’être récupérés par le chauffeur du fourgon par la suite arrêté, en vue de leur transfert direction Macouria et Cayenne.

A l’époque, les enquêteurs notent que les conditions de transport des personnes, auront été de nature à mettre en danger leur intégrité physique : une partie des étrangers en situation irrégulière voyagent à bord du fourgon, dissimulés dans une trappe, l’un d’eux ayant fait un malaise au cours du trajet, synthétisera une source judiciaire.

Aide à l’entrée et au séjour irrégulier en exposant les étrangers à un risque immédiat de mort ou de blessure…

Le parquet décide de renvoyer sans tarder le chauffeur du fourgon, Claudy Dacila, devant le tribunal correctionnel, et ce, à l’audience de comparution immédiate du vendredi 9 septembre suivant.

Claudy Dacila est alors poursuivi devant le tribunal correctionnel pour « aide à l’entrée et au séjour irrégulier » avec cette circonstance aggravante de faits commis «en exposant les étrangers à un risque immédiat de mort ou de blessure de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente, en l’espèce le fait de les avoir entassés derrière une cloison dans un espace très étroit», nous précisait le parquet à l’époque.

Vendredi 9 septembre 2016, en comparution immédiate, le passeur demande un report de son procès afin d’avoir le temps de préparer sa défense.

Une demande accordée de droit dans ce type de procédure accélérée.

Le procès est alors renvoyé au mercredi 26 octobre 2016.

Ce jour-là, Claudy Dacila est condamné à 18 mois de prison dont 10 ferme.

Il ne fait pas appel de cette décision.

Cet article est composé de plusieurs parties, lire la suite:

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3 commentaires

  • Moa
    15 mai 2021

    Hébergements moyennant finances toujours en cours à Mana …….

  • Frog
    16 mai 2021

    Et à l’issue de leur peine, les passeurs seront ils expulsés ? Les « passés » eux, ont du se voir gratifiés d’une carte de séjour…

  • micafleur
    16 mai 2021

    ^Parmi les premiers Haïtiens arrivés en Guyane et qui ont réussi,il y a effectivement des personnes qui organisent l’arrivée des clandestins avec aussi l’aide de quelques locaux,sauf que chaque passage,chaque hébergement est payant.Une dame d’origine Haïtienne devenue Française,nous a confié il y a quelques années qu’un compatriote l’avait contactée afin qu’elle puisse recevoir en pleine nuit 4 clandestins ces derniers,devaient lui remettre 250 euros.Cette dame a refusé,ne voulant pas avoir de problèmes et perdre la nationalité Française.Les jeunes filles de 18 ans qui arrivent sont obligées (selon le réseau) de s’accoupler, avec un compatriote régulier,il a un emploi,des papiers,évidemment ces jeunes tombent enceintes afin d’obtenir plus rapidement une carte de séjour.Souvent les hommes ont parfois la quarantaine ou la cinquantaine, le regard de la jeune demoiselle en dit long (prise au piège). Rien n’est gratuit,il faut vivre dans les quartiers populaires,pour comprendre que l’exploitation des clandestins (quelque soit la communauté) commence d’abord par leurs propres compatriotes. Je vis à la Crique,je vais souvent à la cité Capulo ,je circule en bus résultat il y a beaucoup de choses à raconter parfois tristes.

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