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Temer renonce à la présidentielle

Temer renonce à la présidentielle

Cerné par les affaires de corruption et extrêmement impopulaire, le chef d’Etat brésilien Michel Temer a fait savoir qu’il ne sera pas candidat au scrutin présidentiel d’octobre prochain.

Avocat, professeur de droit constitutionnel et vieux routier de la politique brésilienne, Michel Temer a été président de la Chambre des députés à plusieurs reprises puis il est devenu vice-président de la République à la suite de son élection avec Dilma Rousseff en 2010 et il a été réélu avec elle en 2014.

Agé aujourd’hui de 77 ans, Michel Temer est aussi l’un des grands barons du Parti du Mouvement Démocratique Brésilien (PMDB), formation centriste qui a le plus de parlementaires et qui joue de longue date un rôle clé dans la vie politique brésilienne en s’alliant tantôt avec la droite, tantôt avec la gauche.

C’est ainsi qu’à partir de 2002 le PMDB a été le principal allié du Parti des Travailleurs (PT, gauche), le parti de Dilma Rousseff et de son prédécesseur Luiz Inacio Lula da Silva, président de 2003 à 2010, condamné en 2017 pour corruption et emprisonné depuis avril 2018 (Guyaweb du 09/04/2018).

Mais après avoir gouverné avec le PT durant treize ans, le PMDB a rompu cette alliance fin 2015 et il s’est entendu avec la droite pour enclencher le processus parlementaire qui a abouti à la destitution de Dilma Rousseff en mai 2016, jugée coupable de manipulation des comptes publics.

C’est grâce à ce renversement d’alliances et à cette destitution, qualifiés de « trahison » et de « coup d’Etat » par le PT, que Michel Temer a pu accéder à la présidence de la République afin de terminer le mandat de la présidente déchue qui court jusque fin 2018.

Dépourvu de toute légitimité aux yeux de nombreux Brésiliens, Michel Temer a immédiatement été rattrapé par une multitude d’affaires de corruption et depuis deux ans nombre de ses ministres et de ses plus proches collaborateurs ont dû démissionner, lui-même n’ayant pour l’instant échappé aux juges que grâce à son immunité présidentielle.

En dépit du soutien des grands médias nationaux et des milieux d’affaires, l’impopularité de Michel Temer a aussi été aggravée par son incapacité à véritablement relancer l’économie brésilienne et à résorber le chômage qui touche plus de 12 % des actifs, alors que dans le même temps des mesures d’austérité visant les dépenses publiques et les programmes sociaux mis en place par le PT ont été adoptées ou proposées.

C’est ainsi que l’impopularité du chef de l’Etat brésilien atteint aujourd’hui des records avec à peine 5 % d’opinions favorables, 85 % des personnes interrogées dans les derniers sondages affirmant par ailleurs être sûres de ne pas voter pour lui s’il était candidat à l’élection présidentielle d’octobre prochain.

Michel Temer en a tiré les conséquences logiques cette semaine en annonçant qu’il ne sera pas le candidat de son parti à ce scrutin et il a apporté son soutien à celui qui a été son ministre des Finances jusqu’en avril de cette année, Henrique Meirelles, membre comme lui du PMDB.

Agé de 72 ans, peu connu du grand public, Henrique Meirelles a dirigé la Banque centrale du Brésil durant la présidence de Lula, après une carrière de près de trente ans dans une banque d’affaires des Etats-Unis qui lui a permis d’amasser une fortune personnelle estimée à plus de 50 millions d’euros.

Cette fortune, son profil consensuel et l’efficace machine électorale du PMDB pourraient peut-être lui permettre de tirer son épingle du jeu dans un scrutin présidentiel plus incertain que jamais dont les deux actuels favoris sont des figures très clivantes, Lula à gauche et l’ancien militaire Jair Bolsonaro à l’extrême-droite (Guyaweb du 11/05/2018).

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