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35 patients Covid en réa en Guyane dont une jeune femme de 18 ans opérée par césarienne, le pic de la 3ème vague ne semble pas passé à Saint-Laurent du Maroni

35 patients Covid en réa en Guyane dont une jeune femme de 18 ans opérée par césarienne, le pic de la 3ème vague ne semble pas passé à Saint-Laurent du Maroni

Mardi soir, la presse locale a reçu ce communiqué très inhabituel et, pour le moins sidérant, de la direction du groupement des trois hôpitaux publics de Guyane intitulé : Tension hospitalière extrême au CHC (Centre hospitalier de Cayenne), au CHK (centre hospitalier de Kourou) et au CHOG (Centre hospitalier de l’Ouest Guyanais) à Saint-Laurent du Maroni. Et ce en rapport direct avec l’épidémie de Covid-19 :

«Le communiqué de presse des hôpitaux était un cri du cœur, il émane de ceux qui savent ce qu’il se passe à l’intérieur : voir des patients arriver en réa ou en hospitalisation pour Covid, non vaccinés alors que la vaccination est ouverte depuis des mois et aurait pu éviter à ces personnes d’arriver à l’hôpital, c’est quelque chose de terrible», indique-t-on à l’ARS.

De source sanitaire, à Saint-Laurent du Maroni, une jeune femme de 18 ans atteinte d’une forme grave de Covid-19 est en réanimation au CHOG.

«Effectivement, il s’agit d’une jeune femme de 18 ans à qui il a fallu faire une césarienne en réa Covid.», indique-t-on encore à l’ARS.

Guyane la 1ère faisait, pour sa part, également état ce mercredi soir, d’une admission en réanimation à Saint-Laurent, d’une personne Covid âgée seulement de 24 ans. L’ARS n’a ni confirmé ni réfuté ce point en l’état.

«Aujourd’hui il reste 7 places en réa, indiquait ce mercredi soir une source proche des autorités sanitaires à Guyaweb, 2 patients Covid en réa devaient partir en évacuation hier mardi (vers les Antilles, ndlr) mais aucun patient de réa n’était stable.». Condition sine qua none pour un départ intubé et ventilé.

L’évacuation aux Antilles de deux patients Covid pour désengorger la réa en Guyane n’a donc pu se concrétiser mardi.

4 patients Covid en réa à l’hôpital de Cayenne avaient été transférés en réa au CHU de Fort de France en Martinique fin mai. Samedi 5 juin, l’un d’eux, un homme de 69 ans y est décédé.

L’ARS a rendu public mercredi soir tard le détail de l’occupation des places en réa, hôpital par hôpital en Guyane : sur 48 lits de réa disponible en Guyane selon l’ARS, 35 étaient occupés par des patients Covid ce mercredi soir dont «100% ne sont pas vaccinés» y précise-ton. Soit 35 sur 35.

Six personnes non atteintes par le Covid-19 mais par d’autres pathologies étaient aussi en réa en Guyane ce mercredi : toutes à l’hôpital de Cayenne (voir ci-dessus).

Ce document permet aussi de constater par exemple qu’à Kourou 100% des lits réa (4) sont occupés par des patients Covid.

A Saint-Laurent c’est très tendu également avec 8 patients en réa -tous des patients Covid- pour 10 places

A noter qu’au Suriname voisin seuls 32 places en soins intensifs existent (qui semblent avoir été élargis à 36 ou 37 personnes)

Nos confrères de Guyane la 1ère ont dévoilé ce mercredi soir ce que nous escomptions faire également ces jours-ci :

Une comparaison de la situation sanitaire actuelle avec celle du 15 juin 2020, quand les municipales de Guyane ont été reportées.

Il suffit, pour cela de retrouver le Covid-Info du 15 juin 2020 :

Selon les recherches effectuées dans nos archives, les 3 décès Covid en Guyane au 14 juin 2020 (le Covid-Info donnant les décès cumulés jusqu’à la veille) s’articulaient comme suit : le premier le 20 avril 2020, un homme de 70 ans du village amérindien Cécilia de Matoury, puis un second le 8 juin 2020, un homme de 92 ans alors hospitalisé en Unité des maladies infectieuses et tropicales (Umit) de l’hôpital de Cayenne et un troisième le samedi 13 juin 2020 tôt ce jour-là, il s’agissait d’une femme âgée de 81 ans alors hospitalisée au CHK depuis le 11 juin 2020 à 19h00.

Le 15 juin 2020, jour annoncé du report, un troisième patient décédait à l’époque en 7 jours (et non pas un seul comme a indiqué mercredi soir Guyane la 1ère). Il s’agissait d’un homme âgé de 81 ans, hospitalisé alors depuis le 7 juin, décédé lundi 15 juin 2020 à 10h45, selon un communiqué de l’hôpital de Cayenne à l’époque.

Selon le Covid Info du 15 juin 2020, il y a alors seulement 59 patients Covid hospitalisés hors réa et 11 patients Covid en réa.

Des chiffres bien moindres que ceux du Covid-Info du 7 juin 2021, jour de l’annonce du maintien des élections par le… ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu.

Lundi 7 juin, par ailleurs, en comptant les 3 morts Covid de plus ce jour là, l’on aura déploré, pas moins de 13 morts de Guyanais victimes du Covid (dont le patient de 69 ans transféré fin mai en Martinique) sur un intervalle de sept jours entre le 31 mai et le 7 juin.

Enfin selon le Covid-Info du 7 juin 2021, l’on comptait 92 patients Covid hospitalisés hors réa (contre 59 selon le Covid-Info du 15 juin 2020) et 30 patients Covid de Guyane en réa et même 33 lors de cette 3ème vague (voire 34 puisque 4 patient de Guyane ont été évacués en Martinique fin mai dont un décédé le 5 juin contre zéro évacués à l’époque au 15 juin 2020). Il n’y avait que 11 patients en réa au moment du report des municipales 2020.

Ce non report des élections à la CTG s’avère donc de plus en plus incompréhensible sur le plan humain et sanitaire.

Resterait alors une inavouable explication politique. A éclaircir via les pouvoirs publics. Ou une gorge profonde.

Un besoin en haut lieu de sortir d’une instabilité pré-électorale. Par exemple.

L’explication des autorités lundi -pour faire passer la pilule- aura été d’arguer d’une légère baisse des cas de Covid en Guyane sur les derniers jours précédant la décision.

Le préfet Queffelec ajoutant en substance lundi à Guyaweb (voir cet article) que l’on pouvait organiser des élections même dans un contexte sanitaire difficile.

Le préfet indiquant notamment à Guyaweb : «le champ démocratique peut s’exprimer dans un état de Covid, c’est à dire organiser les élections (…) car il y a l’oxygénation nécessaire», laissant implicitement entendre que des moyens sont là.

Selon l’ARS, ils ont été élargis par rapport à juin 2020.

Certes, il y a actuellement plus de place en réa en Guyane qu’un an auparavant.

Mais le communiqué des hôpitaux de mardi soir (voir ci-dessus) indique que les trois établissements sont dans une situation très tendue. Et les personnels à bout.

En outre, contrairement à ce qu’a affirmé Guyane la 1ère mercredi soir, il n’apparaît absolument pas démontré que le pic de la troisième vague soit passé «depuis 3 semaines» (Lors de la première vague il avait été atteint peu ou prou le 3 juillet 2020).

C’est un peu plus compliqué que cela (Thierry Lefrançois, membre du conseil national scientifique, associé à l’avis rendu sur la Guyane le 4 juin)

Notamment parce que les tests de dépistage ont été moins nombreux la semaine dernière et celle d’avant qui recelaient des jours fériés : qui dit moins de tests dit grande chance d’avoir un taux d’incidence moindre, c’est presque mécanique. Mais est-ce aussi simple ou plus complexe que cette équation «moins de dépistage égale moins de cas», a-t-on de mandé à Thierry Lefrançois, l’un des membres du conseil scientifique (1) ayant rendu un avis sur le cas Guyane le 4 juin : «C’est un peu plus compliqué que cela et en fait on a des études que l’on appelle indicateurs corrigés lorsqu’il y a un jour férié par exemple, ce sont des modélisations. Cela permet de corriger des chiffres qui seraient anormalement bas en terme d’incidence en raison d’un moins grand nombre de tests. Donc, on avait les chiffres corrigés qu’on a mis d’ailleurs. On a mis les deux chiffres dans l’avis (du conseil scientifique du 4 juin, ndlr).».

Un taux d’incidence au demeurant qui reste supérieur sur l’ensemble de la Guyane à 300 nouveaux cas rapportés à 100 000 habitants sur 7 jours glissants (Avec un chiffre de 319 d’ailleurs corrigé à 369 par les épidémiologistes par exemple la semaine du 24 au 30 mai, en raison d’un jour férié, une correction indiquée dans l’avis du conseil national scientifique du 4 juin comme le confirme Thierry Lefrançois).

De plus, comme l’a révélé Guyaweb mardi : selon le point de situation interne des autorités sanitaires du mardi 8 juin, le taux de positivité en moyenne sur 7 jours glissants a augmenté sur le secteur des Savanes (Kourou/Macouria principalement) passant de 14% la semaine du 23 au 29 mai à 16% la semaine dernière.

Plus parlant : le taux de positivité sur le littoral Ouest (Saint-Laurent, Mana, Awala) est passé de 14% la semaine du 16 au 22 mai à 16% la semaine du 23 au 29 mai à 19% la semaine dernière, celle du 30 mai au 5 juin.

Le taux de positivité consacrant le nombre de nouveaux infectés sur le nombre de personnes testées.

En fait, pour l’instant on n’a pas de règles très claires. Ce qui serait bien, ce serait d’avoir un indicateur sûr qui nous dise : ‘ ça y’est c’est en train de redémarrer ‘. Le taux de positivité accompagne les autres indicateurs mais, tout seul, ce n’est pas forcément un bon indicateur de reprise de l’épidémie (Thierry Lefrançois, membre du conseil national scientifique)

Là encore, Thierry Lefrançois, du conseil national scientifique pondère : «le taux de positivité est très compliqué à analyser tout seul.»

Même sur 7 jours glissants ?, objecte-t-on . «Oui, oui. Même sur 7 jours glissants. Souvent l’on regarde plusieurs indicateurs en même temps parce que chacun des indicateurs peut évoluer un peu différemment. Le taux de positivité est très compliqué à analyser seul  (…) C’est le taux de nouveaux positifs sur une période (…) Souvent l’on regarde avec l’incidence et l’on voit qu’il y a des courbes qui se parallélisent et en fait dans la façon de réanalyser, ce n’est pas forcément un indicateur plus précoce que le taux d’incidence. Ca dépend des situations. Et en fait, pour l’instant, on n’a pas de règles très claires. Ce qui serait bien, ce serait d’avoir un indicateur sûr qui nous dise : ‘ ça y’est c’est en train de redémarrer ‘. Le taux de positivité accompagne les autres indicateurs mais, tout seul, ce n’est pas forcément un bon indicateur de reprise de l’épidémie».

Enfin, s’agissant du littoral Ouest, même la courbe des taux d’incidence (voir ci-dessous), jusque à la fin de la semaine dernière, démontre que le pic de la 3ème vague n’est nullement dépassé.

 

Et ça pourrait être pire ?

Interrogée sur le maintien des élections en dépit d’un contexte sanitaire très difficile Lucia (2), charcutière dans une grande surface de l’île de Cayenne, de nationalité française, d’origine brésilienne, voyait la situation actuelle en Guyane ce mercredi à travers sa propre histoire : «Au Brésil le vote est obligatoire. Si tu ne votes pas il y a une amende. Ce n’est pas très cher, 10 reals par là, mais je crois qu’il faut aller payer jusqu’à Macapa. En Guyane, le vote n’est pas obligatoire. Vu la situation, le jour du vote, je vais rester chez moi».

Allons enfants de l’abstention. Vaste programme.

FF

(1) Article réactualisé jeudi 10 juin suite à l’interview réalisée par Guyaweb, de Thierry Lefrançois, l’un des membres du conseil national scientifique ayant rendu l’avis sur la Guyane le 4 juin. Intégralité de cet entretien à paraître.
(2) Le prénom a été changé

Relire sur le même sujet : 8 MORTS COVID EN 3 JOURS, DU JAMAIS VU EN GUYANE, AVEC UNE HAUSSE DES ENTRÉES EN RÉA ET DES TAUX DE POSITIFS SUR LE LITTORAL OUEST (19%) ET LES SAVANES (14%), UN TAUX STABLE SUR L’ÎLE DE CAYENNE (12%) !

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2 commentaires

  • FF
    10 juin 2021

    Article réactualisé jeudi 10 juin suite à l’interview réalisée par Guyaweb, de Thierry Lefrançois, l’un des membres du conseil national scientifique ayant rendu l’avis sur la Guyane le 4 juin. Avec dans cet article son explication de ce que représentent le taux d’incidence et le taux de positivité.

  • lematourien
    10 juin 2021

    Les politiques guyanais dans leurs immenses imbecilites portent une grande responsabilite, dans le fait qu il y est peu de monde vaccines. On ne reparlera pas des mots de la senatrice sur les plateaux tele, alors que son pere esr mort du covid..c est d une betise…

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