Dimanche 03 Mars

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La réforme des retraites définitivement adoptée

La réforme des retraites définitivement adoptée

L’Assemblée nationale a rejeté ce lundi les deux motions de censure déposées par les députés RN et Liot, ce qui entraîne l’adoption définitive par le Parlement du projet de réforme des retraites prévoyant un report de l’âge légal de 62 à 64 ans. La première motion transpartisane du groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires a été rejetée à 9 voix près. La gauche comme le groupe RN ont déjà annoncé des saisines du Conseil constitutionnel, qui devra se prononcer avant une promulgation du projet de réforme très contesté.

Déposées vendredi, les deux motions de censure contre le gouvernement sur le front des retraites ont été rejetées ce lundi 20 mars par l’Assemblée nationale. Après le rejet à 9 voix près d’une première motion transpartisane, celle de l’extrême droite n’a recueilli que 94 voix sur les 287 nécessaires, permettant à la réforme des retraites d’être définitivement adoptée.

Ces deux motions de censure avaient été déposées vendredi à la suite du déclenchement jeudi du 49.3 par le gouvernement pour faire adopter son projet de loi sans vote des députés. Ce lundi, après deux heures de prise de paroles des différentes groupes parlementaires et de la Première ministre, le gouvernement a frôlé l’éviction après un très court rejet de l’une des deux motions de censure.

Voulue transpartisane, cette motion formulée par le groupe centriste Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (Liot) a recueilli 278 voix sur 287 et échoue ainsi de 9 voix à censurer le gouvernement.

A l’issue de ce vote très serré, la gauche comme le groupe RN ont déjà annoncé des saisines du Conseil constitutionnel, qui devra se prononcer avant une promulgation du projet de réforme très contesté et pourrait ralentir sa promulgation. Marine Le Pen a de son côté exigé « la démission d’Elisabeth Borne » quand Jean-Luc Mélenchon a appelé à « passer à la censure populaire« .

« Le onzième 49.3 en un an »

Plus tôt dans la journée, les prises de parole à l’Assemblée des différents groupes parlementaires et de la Première ministre pour défendre ou attaquer les motions s’étaient déroulées dans un climat plus apaisé que jeudi dernier lors de l’annonce du 49.3.

L’un des deux dépositaires d’une motion, le groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (Liot), a pris la parole en premier. Charles de Courson, son président à l’Assemblée, a fustigé le 49.3 et estimé que « la Première ministre a échoué à rassembler et convaincre et a cédé à la facilité et au refus de la sanction du vote. Ce vote, vous l’auriez probablement perdu mais c’est la règle en démocratie. Vous avez clairement contourné la Constitution avec cette fausse loi de rectification du budget de la sécurité sociale et le onzième 49.3 en un an » a asséné le député centriste.

Côté Rassemblement national, autre porteur d’une motion de censure, le discours s’est voulu beaucoup offensif et politique. La députée du Var Laure Lavalette s’en est pris directement à Elisabeth Borne pour dénoncer « une réforme des retraites dont personne ne veut » portée par un gouvernement « cynique et mensonger« . Mais l’élue RN a surtout parlé de son parti et de sa cheffe de file Marine Le Pen dans un discours aux accents électoraux, déroulant son programme et défiant Emmanuel Macron. « Nous au Rassemblement national nous voterons toutes les motions de censure car nous ne craignons pas les urnes et sommes prêts à y retourner. Chiche M. Macron, allons à la dissolution » a notamment déclaré Laure Lavalette.

La réponse d’Aurore Bergé, présidente du groupe de la majorité présidentielle Renaissance, ne s’est pas fait attendre. Sans même évoquer la réforme des retraites, la députée des Yvelines s’est fendue d’un discours ultra politique dénonçant les collusions des groupes d’opposition et défendant le gouvernement d’Élisabeth Borne. « Pour beaucoup votre gouvernement est déjà mort » lui a répondu Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée qui « votera la motion transpartisane » de la Liot.

Seul allié pour le gouvernement, mais pas des moindres, le président du groupe Les Républicains Olivier Marleix a annoncé clairement que son groupe ne voterait pas les motions de censure, avant de critiquer le président accusé de ne « pas respecter les Français. La crise que nous traversons c’est le résultat de six années de fracturation de notre pays. »

Pour lui aussi un discours politique bien que son parti soit partenaire du gouvernement sur cette réforme des retraites, notamment avec le vote favorable du Sénat, à majorité LR. Car la droite détenait les clefs de ce vote et avec elle le gouvernement avait peu de chances d’être renversé.

Malgré cette éventualité, plusieurs groupes de l’opposition (PS, GDR, Liot) avaient clairement annoncé leur volonté de poursuivre la contestation en saisissant le Conseil constitutionnel ce qui aurait pour effet de retarder la promulgation de la loi ; ou en proposant un référendum d’initiative partagé, une initiative qui nécessite la signature de 185 parlementaires, Assemblée et Sénat confondus.

La plus grande raffinerie de France à l’arrêt

Dans la rue aussi la lutte continue. Depuis jeudi et le recours à l’article 49.3, des rassemblements se déroulent sur tout le territoire, dans le calme ou avec des débordements, en attendant une nouvelle journée d’actions jeudi 23 mars à l’appel de l’ensemble des syndicats, nationaux comme guyanais.

Des cortèges ont défilé tout le week-end dans l’Hexagone, parfois émaillés d’incidents comme à Paris qui a connu deux soirées agitées. Ce lundi matin, perturbations et blocages se poursuivaient. Notamment en Bretagne, l’une des régions les plus mobilisées, avec le blocage d’un important dépôt pétrolier près de Rennes.

La pétrochimie est d’ailleurs fortement mobilisée puisque samedi, la CGT a annoncé la mise à l’arrêt du site TotalEnergies de Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime), la plus grande raffinerie de France. D’autres pourraient suivre : la CGT a prédit la mise à l’arrêt de la raffinerie Pétroineos de Lavéra (Bouches-du-Rhône) pour lundi après-midi « au plus tard », et celle d’Esso-ExxonMobil à Port-Jérôme-Gravenchon (Seine-Maritime) lundi ou mardi, faute de pétrole brut à raffiner, en raison d’une grève au dépôt pétrolier du Havre annonce l’AFP. Le ministre de l’Industrie Roland Lescure a laissé entendre samedi que le gouvernement procéderait à des réquisitions en cas de mise à l’arrêt.

Des réquisitions qui pourraient aussi concerner les éboueurs parisiens, en grève depuis dix jours. Ces derniers ont d’ailleurs changé de méthode, passant du blocage au barrage flirtant à l’entrée des incinérateurs de la région parisienne, afin de contourner les réquisitions de personnel pour évacuer les 10 000 tonnes de déchets accumulées dans les rues de la capitale.

Côté transport, des perturbations sont à prévoir toute la semaine. La grève reconductible, qui a démarré le 7 mars au sein de la SNCF, doit se prolonger dans les prochains jours, les quatre syndicats représentatifs de l’entreprise ferroviaire ayant appelé à maintenir le mouvement. Dans le ciel, même constat. La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies aériennes d’annuler lundi 30% de leurs vols à Paris-Orly et 20% à Marseille-Provence pour cause de grève des contrôleurs aériens.

Enfin, les épreuves de spécialité du bac pourraient être perturbées ce mardi en raison de grèves dans l’Éducation nationale alors que quelque 536 081 candidats planchent depuis aujourd’hui sur deux épreuves qui compteront pour un tiers des résultats du bac.

En parallèle, plusieurs blocages pourraient continuer dans les lycées et plus encore dans les universités. Selon le décompte du syndicat étudiant L’Alternative, cité par l’AFP, une quinzaine de sites sont bloqués à Paris, mais aussi à Mulhouse, Tours ou encore l’ENS à Lyon, Sciences-Po à Grenoble et à Lille.

Plus d’informations à suivre en direct…

Photo de Une : les députés se penchent ce lundi sur deux motions de censure déposées en réponse au 49.3 dégainé par le gouvernement jeudi pour faire adopter son projet de loi sur les retraites sans vote des parlementaires. En cas d’échec de ces motions de censure, le texte serait définitivement adopté © Assemblée nationale

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