Jeudi 03 Avril

Fête de la musique : l’association Nomade veut mettre le feu à la Poudrière

Fête de la musique : l’association Nomade veut mettre le feu à la Poudrière

Six heures de concert, une quarantaine d’artistes, un lieu patrimonial… Pour l’édition 2024 de la Fête de la musique qui se déroule ce soir, l’association Nomade a vu les choses en grand et propose à la Poudrière l’un des plus importants événements de cette fête populaire qui chaque année, le temps d’une soirée, réinvestit l’espace public.

Caché derrière le bâtiment historique de la préfecture, au bout d’une impasse, le bâtiment de la Poudrière à Cayenne voit ce jeudi 20 juin sa tranquillité être dérangée. Dans ce théâtre de verdure bordé par la mangrove, des petites mains bénévoles s’activent avant la tombée de la nuit pour préparer l’une des plus grosses soirées de l’année.

En cette veille de Fête de la musique, une scène a été montée, les barrières sont prêtes à être disposées et les bénévoles de l’association Nomade se relaient pour transporter les boissons qui permettront ce vendredi soir aux spectateurs de se désaltérer et au bar associatif de faire recette afin de pouvoir soutenir les artistes qui monteront sur scène.

Ils seront une quarantaine en tout à s’exprimer, de 18h à minuit, sur ce site construit en 1864 qui servait autrefois à stocker les munitions et qui ensuite a été classé monument historique en 1989. Les différents concerts et intermèdes de danse auront lieu à l’extérieur, tandis que l’intérieur de la Poudrière accueillera une exposition photo et une exposition immersive sur les paysages sonores guyanais.

L’intérieur de la Poudrière, tout en brique, sera ouvert au public ce vendredi. Deux expositions, photo et sonore, y ont été montées pour l’occasion © Guyaweb

Se réapproprier l’espace public 

Au programme de cette 42e édition de la Fête de la musique créée en 1982 par le ministre de la Culture de l’époque, Jack Lang : de la musique urbaine (rap, dancehall…) avec le Doubout Collectif, de la musique cubaine portée par le groupe Entr’ellas, l’artiste de l’Ouest Kwaku qui mélange tradition et modernité dans une rythmique complexe, ou encore Wakerê, une formation aux influences brésiliennes et caribéennes d’une dizaine d’artistes donc la moitié vient de Macapá, la capitale de l’Amapá.

C’est l’association Nomade, créée en 2007 en Normandie par des musiciens et exportée en Guyane depuis 2012, qui organise l’événement. Depuis sa création, cette association propose des stages de formation pour faire le relais entre élèves de conservatoires et musiciens professionnels. Près d’une vingtaine de stages ont été organisés ces dix dernières années.

La philosophie de l’association, un peu comme celle de la Fête de la musique, est de créer une passerelle entre professionnels et talents en devenir afin de susciter l’envie de faire de la musique son métier. Mais Nomade, qui fonctionne en Guyane avec six personnes plus une soixantaine de bénévoles, propose également de la production artistique avec des résidences pour des groupes et anime, une semaine sur deux depuis plus d’un an, la programmation musicale du tiers-lieu l’Abattis avec qui l’association partage l’esprit d’innovation et de liberté.

« On manque de lieux de culture en Guyane. Dans l’attente d’avoir plus de lieux d’expression pour les artistes, à nous d’innover aussi en proposant des choses dans des lieux patrimoniaux comme la Poudrière. Avec un peu de logistique, ce pourrait être également le cas à Loyola. Cela permet aussi de montrer aux pouvoirs publics qu’il y a une demande » souligne Nadine Bugnot, membre de l’association Nomade. « La Fête de la musique a toujours été l’occasion d’investir l’espace public » ajoute-t-elle.

Pour Pierre-Marie Levaillant, vice-président et fondateur de Nomade, l’esprit initial de la Fête de la musique, sans hiérarchie de genres ni de pratiques, a beaucoup évolué. « Depuis sa création dans les années 1980, la Fête de la musique, tout comme la musique d’ailleurs, a bien changé. Elles sont devenues beaucoup plus standardisées et aujourd’hui, davantage de professionnels que d’amateurs investissent l’espace public le 21 juin.« 

Avec ses moyens et ses idées, l’association essaie humblement de rééquilibrer cette balance et espère fédérer autour de sa soirée. La jauge de la Poudrière permet d’accueillir 1500 personnes. Le site sera ouvert au public ce vendredi à partir de 18h, avec possibilité de restauration sur place. L’entrée se fait sur adhésion en deux minutes en ligne, mais le prix est libre, donc la soirée est potentiellement gratuite.

Photo de Une : le site patrimonial de la Poudrière appartient à la Collectivité territoriale de Guyane qui l’a gratuitement mis à disposition pour cette 42e édition de la Fête de la musique © Guyaweb

Ailleurs en Guyane

Pour l’édition 2024 de la Fête de la musique, de nombreux événements sont organisés en Guyane. À Cayenne, la mairie propose des ateliers d’écriture et un open-mic de 18h à 23h place de Grenoble (face à la préfecture). A l’Encre, une pléiade d’artiste vous donnent rendez-vous à 20h30. Les tiers-lieu l’Abattis et le 32 bis organisent des soirées, tout comme le bar des Palmistes ainsi que le Cocosoda. Le mythique groupe carnavalesque Blue Stars se produira au bar le Barrio sur la route des plages (20€ en prévente / 30€ sur place). Toujours à Rémire-Montjoly, une soirée hommage au musicien disparu de Kassav, Jacob Desvarieux, aura lieu au centre commercial Montjoly 2 (entrée gratuite). Par ailleurs le Fifties propose de fêter la musique dans une ambiance irlandaise, country, avec le duo The Wetsuits. À Kourou, soirée « Jazz à la caz » à partir de 20h au studio Médoc et soirée mix à partir de 22h au Bocal. À Sinnamary, des animations musicales auront lieu de 8h à 16h à l’espace Takari, avant une série de concerts à partir de 18h, place de l’église. À Saint-Laurent, la mairie organise une soirée place du marché. Le restaurant le Corto propose également un plateau artistique assez pléthorique de 18h à minuit.

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