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Le sentier de Saint-Elie : échappée belle en temps de confinement

Le sentier de Saint-Elie : échappée belle en temps de confinement

En partenariat avec le Guide Guyane, bas les masques sur les sentiers de Guyane. Au détour du layon, sans masque ni gel, hors couvre-feu, le temps d’un instant de liberté ce samedi 8  août, on s’évade sur le sentier de Saint-Elie situé sur la commune de Sinnamary que l’on peut qualifier de capitale de l’éco-tourisme du littoral tant les opportunités de découvrir une nature authentique y sont nombreuses et variées. L’offre d’hébergement et de restauration s’est agrandie mais demeure insuffisante ; on peut néanmoins apprécier dans la même journée un pique-nique et une baignade dans les eaux fraiches des criques Toussaint ou Canceler … Mais d’ici là, partons pour une randonnée pédestre sur le sentier ombragé de Saint-Elie.

Pour s’y rendre  :

Au PK 118,7 de la RN1, à 4 km de Sinnamary en allant vers Iracoubo, au lieu dit carrefour de Saint-Elie, prendre la route qui part à gauche, à travers les anciennes savanes. Vers PK 16, la route n’est plus bitumée. Le sentier est signalé à droite par un panneau d’accueil.

Un peu d’histoire  :

Cette route, dite Piste de Saint-Elie, devait rejoindre la capitale de l’orpaillage, Saint-Elie, vers 1969, mais seul un sentier pédestre y parviendra. Celui-ci est désormais sous les 30 mètres d’eau du barrage de Petit Saut. En 1975, un projet d’usine de pâte à papier voit le jour. Des plantations d’arbres exportés, tels le pin ou l’eucalyptus, sont plantées sur des dizaines d’hectares, mais l’expérience tourne au fiasco. En effet, peu étudiée en amont, la croissance des arbres fut rapidement freinée voire stoppée par les innombrables insectes issus de la biodiversité tropicale. Un programme de recherche fut mis ensuite en place sur ce site afin de mieux connaître les effets de l’érosion sur les sols déboisés.

Les savanes

Description du site

L’intérêt majeur de ce circuit réside dans la rapidité et le confort d’accès à un espace forestier non habité. La route, en parfait état, est étroite et sinueuse.

D’abord, à droite de la route, vous contemplez les savanes, inondées en saison des pluies, brûlées par la sécheresse le reste de l’année. Les premiers kilomètres sont des pâtures à zébus ou buffles. L’herbe des parcelles, richement amendées, est d’un vert tendre. On est surpris de la faible densité du bétail dans les prairies. Ainsi, au-delà de PK 5, des parcelles de 250 ha ont été récemment déforestées ; chacune d’entre elles ne peut nourrir que 250 têtes de bétail. Ce ratio d’environ un bœuf par hectare est lié à la médiocre qualité nutritive des prairies tropicales. On comprend mieux ici l’intérêt pour nos forêts primaires de modérer notre consommation de viande.

Héliconia du sentier de St-Elie

Le sentier

Il débute lorsque le bitume cède la place à la latérite. Il est parsemé de 9 anciens panneaux présentant les études scientifiques des années 90. On y traite du  « cycle minéral », de « la circulation de l’eau dans le sol », du « système racinaire »…
Brièvement, vous sortirez de la forêt pour découvrir une forêt secondaire qui fut un ancien verger d’agrumes, composés de pomélos (pamplemousses à chair rose, greffés sur des citronniers), d’un manguier et d’agrumes divers. Les fruitiers ne produisent plus et sont envahis par de jolies mousses et épiphytes.

Retour en forêt ancienne, là ou seulement 2% de la lumière totale atteignent le sol ; la température est bien moindre.

Il y a quelques années, des élèves de la commune ont participé, avec l’Office National des Forêts, à la conception de fiches techniques sur les arbres du sentier.

En fin de parcours, vous retombez sur la route de St-Elie et le carbet du sentier.

Durée : 2h pour les 2.5 km y compris lecture des panneaux.

Note de Philippe Boré, auteur du Guide Guyane :

Ne perdons pas les bonnes habitudes  !

Il y a peu de temps encore, les voyageurs se rendant à Saint-Laurent du Maroni rataient rarement l’occasion de faire une halte à Sinnamary, pour diverses raisons, toujours d’actualité  :  déguster un jus ou une fricassée au bord du fleuve, observer « An Ba Mang », le ballet des caciques construisant leur nid en forme de chaussettes, visiter l’office du tourisme, etc…

Seulement voilà,  la fermeture du pont métallique du bourg, depuis 2015, pénalise grandement l’activité touristique de la commune, les voyageurs prenant désormais l’habitude d’emprunter la bretelle de contournement, et certains nouveaux arrivants en ignorent même son existence. Iracoubo et sa chapelle, 30 km plus à l’ouest, bénéficient quelque peu de la halte touristique de mi-parcours.

C’est la corrosion des poutrelles et des fissures dans les piles de pierres qui a obligé la fermeture du pont dit «Madame de Maintenon». Une appellation héritée d’une rumeur, toujours non confirmée, selon laquelle cette reine de France vit le jour dans le secteur. La réhabilitation du pont édifié en 1956 a repris en mars dernier et devrait s’achever pour la fin de l’année.

D’ici là, si vous avez le temps, on ne peut que vous encourager à faire le détour. A l’heure Chouitt, quand le soleil a cessé d’assommer tout ce qui bouge hors de l’ombre, entamez une agréable marche dans les rues tranquilles du bourg, où se succèdent de traditionnelles et remarquables maisons créoles.

Soit dit en passant, un hommage à une boutique qui a disparu l’année passée, détruite par les flammes d’un incendie accidentel. Le «Corossol», véritable caverne d’Ali Baba de l’artisanat local, toutes ethnies confondues. Sa fondatrice, Claudette Lonchanpt, a tenu ce lieu unique durant 30 ans rue Verderosa et n’était pas avare pour partager ses connaissances sur l’art et les meilleurs artisans du plateau des Guyanes. D’ici la rentrée, par chance, sa petite fille Solène ouvrira une boutique similaire à Kourou (quartier Glacier du Lac), renforcée d’ateliers de création ouverts au public !

Le Guide Guyane pour découvrir la Guyane autrement

Pour les curieux de nature, voir aussi le «Sentier de la piste de l’Anse». S’y rendre à partir du bourg. Cette voie bitumée était autrefois un accès vers les abattis des villageois et l’ancienne route menant à Kourou. On y observe d’ailleurs les vestiges de vieilles et charmantes cases créoles, sobres, aux cloisons en gaulettes recouvertes d’un torchis de latérite. A son extrémité, si vous avez 6h30 devant vous, et si vous ne craignez pas les moustiques parfois belliqueux, se trouve un sentier de 15 km aller et retour, agrémenté de riches panneaux pédagogiques sur la faune et la flore des cordons sableux .

Majoritairement couverte de forêts, la Guyane n’est recouverte que par 0,3 % de savanes. Elles sont très présentes dans le secteur mais rares et précieuses au niveau du territoire. Ainsi,  20% des plantes protégées pour leur rareté et leur vulnérabilité se trouvent dans ces savanes.

Pour en savoir plus, lire le Guide Guyane 2019-2020 des Editions des Curieux de Nature d’Amérique du Sud, des informations sur les balades, infos-nature et bonnes adresses pour découvrir la Guyane autrement !

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