Jeudi 03 Avril

Vie chère en Martinique : malgré la signature du protocole d’accord, la mobilisation continue

Vie chère en Martinique : malgré la signature du protocole d’accord, la mobilisation continue

Les représentants politiques et économiques de l’île des Caraïbes ont conclu mercredi 16 octobre un accord pour faire baisser de 20 % en moyenne les prix de l’alimentaire. Mais le mouvement à l’origine de la contestation, le Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC), n’a pas signé cet accord et appelé à une poursuite du mouvement de protestation qui paralyse la Martinique depuis près de deux mois. De nouveaux barrages ont bloqué une partie de l’île ce lundi.  

Après des semaines de contestation dans la rue et de négociations, l’Etat, les élus locaux et le secteur privé ont conclu un accord sur la vie chère en Martinique, mercredi 16 octobre au soir.

Cet accord a pour triple objectif de faire baisser les prix des produits alimentaires, d’augmenter la transparence et renforcer les contrôles dans la constitution des prix de l’ensemble des produits consommés sur l’île, et de doper la production alimentaire locale ainsi que le développement économique de la Martinique.

Dans le détail, une baisse de 20% en moyenne des prix de vente actuellement pratiqués sur une liste de 54 familles de produits correspondant aux produits alimentaires les plus consommés en Martinique a été actée. 6 000 produits seraient au total concernés. Cette diminution des prix a été obtenue grâce à « cinq grandes mesures », indique dans un communiqué la préfecture de Martinique. Parmi lesquelles des baisses fiscales : TVA à taux nul et modulation de l’octroi de mer sur ces produits.

Les signataires de ce protocole d’accord se sont également engagés à « réduire structurellement les coûts d’acheminements depuis l’Hexagone » en mettant en place un mécanisme de compensation des frais d’approche pour ces produits de consommation courante. Un fonds de 11 millions d’euros de renforcement de la continuité territoriale abondera ce mécanisme de compensation des frais d’approche.

En parallèle, « l’Etat a d’ores et déjà commencé à appuyer les distributeurs martiniquais dans leurs négociations auprès de leurs centrales d’achats européennes afin de diminuer les prix d’achat qu’elles pratiquent pour revenir aux prix « exports » pour l’Outre-mer » annonce la préfecture de Martinique.

Le RPPRAC boycotte l’accord

Rodrigue Petitot, président du collectif RPPRAC, a appelé à la poursuite du mouvement contre la vie chère, ce samedi depuis le marché au gros de Dillon en Martinique © Capture d’écran compte Instagram RPPRAC 972

Ces mesures envisagent une réduction du différentiel des prix de l’alimentaire entre la Martinique et l’Hexagone de 5 à 25%, alors qu’il est actuellement d’environ 40%. Plus précisément, le différentiel serait de 5 à 25% dans le cadre de circuits longs et de 5 à 15% pour les circuits courts.

Par ailleurs, un « gel des marges des distributeurs et des grossistes pour protéger le pouvoir d’achat », ainsi qu’un « contrôle des prix » tous les mois pour « assurer la transparence » ont été actés souligne la Collectivité territoriale de Martinique par voie de communiqué.

Enfin, les acteurs institutionnels et privés se sont engagés à favoriser l’autonomie alimentaire et à soutenir la production locale. En particulier, l’État financera une expérimentation de trois ans portant sur une mesure de soutien aux agriculteurs locaux, pour les soutenir dans leur transition agro-écologique. L’enveloppe mobilisée est estimée au mieux à 2 millions d’euros dès 2025.

Les principales institutions de Martinique ont paraphé le document : la préfecture, des parlementaires, les distributeurs et grossistes, le Grand port maritime ou encore le transporteur CMA-CGM, a annoncé la préfecture qui appelle à une désescalade de la violence sur l’île après les fortes tensions des dernières semaines où des barrages, des pillages et des incendies ont émaillé le quotidien des habitants.

Mais cette proposition reste insuffisante aux yeux du collectif RPPRAC (Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens), à l’origine de la mobilisation contre la vie chère qui paralyse la Martinique depuis le 1er septembre. Le mouvement déplore que seuls 6 000 produits soient concernés, et non « tout l’alimentaire », soit autour de 40 000 références.

Le RPPRAC a appelé ce samedi, lors d’un rassemblement à Dillon, à « poursuivre le mouvement ». Son leader, Rodrigue Petitot, a une nouvelle fois exigé que le ministre des Outre-Mer, François-Noël Buffet, se déplace au plus vite en Martinique. « Tant que le ministre ne se déplace pas, personne ne circule » a martelé celui qui est surnommé « le R », laissant entendre que des barrages allaient à nouveau être érigés un peu partout sur l’île, après plusieurs jours de calme.

Plusieurs barrages ont en effet émergé ce lundi, pour la plupart rapidement détruits par les forces de l’ordre, mobilisées en masse sur l’île. Dans un communiqué adressé vendredi 18 octobre aux rédactions, le ministre en charge des Outre-mer a annoncé qu’il se déplacerait en Martinique dans les prochaines semaines « pour vérifier les conditions de mise en place des différentes mesures et s’assurer de leur calendrier« .

Photo de Une : un accord sur la vie chère a été signé mercredi 16 octobre à Fort-de-France au siège de la Collectivité territoriale de Martinique. Seul le RPPRAC ne l’a pas signé parmi les acteurs des négociations © CTM

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