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Phrase déplacée ou «mal comprise», septaine fantoche, meetings et rassemblements en marche en période de confinement light, le préfet Queffelec passe aux aveux !

Phrase déplacée ou «mal comprise», septaine fantoche, meetings et rassemblements en marche en période de confinement light, le préfet Queffelec passe aux aveux !

Après la fin de non recevoir de son service de communication samedi, sollicité sur la phrase du préfet Thierry Queffelec, prononcée jeudi après-midi à la sortie de la cellule de crise locale contre le Covid, Guyaweb est allé à la rencontre du préfet lundi, à la sortie d’une cellule interministérielle de crise exceptionnelle qui aura statué pour le maintien des élections à la CTG.

Quand tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère va à toi.

«Une vie ne vaut pas automatiquement un déplacement de calendrier et tout le monde en est bien conscient» : c’est la phrase déplacée ou le contresens qui fait un petit tollé en Guyane depuis plusieurs jours à en lire certains citoyens, déchaînés ou indignés sur les réseaux sociaux, quand d’autres, plus magnanimes, concluent à la «tempête dans un verre d’eau», notamment un(e) abonné(e) de Guyaweb (voir le commentaire sous cet article).

Toutefois non anodine, cette phrase avait été prononcée par Thierry Queffelec, le préfet de la Guyane, jeudi dernier, lors du point presse habituel, au sortir de la CIC (cellule interministérielle de crise) ordinaire qui se réunit chaque semaine pour faire le point, principalement sur les mesures de freinage en vigueur. Elle répondait alors à une question d’une consœur journaliste, relative au maintien ou non des élections au regard du contexte sanitaire.

Est-ce qu’il fallait attendre qu’il n’y ait plus de Covid, plus personne qui décède ? (Le préfet Thierry Queffelec à Guyaweb, lundi 7 juin 2021)

Par l’intermédiaire de sa directrice de la rédaction, Katia Lei-Sam, Guyaweb est donc allé à la rencontre du préfet Queffelec lundi à la sortie d’une CIC plus spéciale celle-là, chargée de statuer sur la question du maintien ou non des opérations électorales de fin juin.

Après la fin de non recevoir du service com du préfet samedi (relire l’article), notre site d’information et d’investigation n’a pas jeté l’éponge : espérant obtenir enfin une explication, notamment, sur cette phrase abondamment commentée donc, en particulier sur les réseaux sociaux.

Cette fois le préfet, directement sollicité, y a répondu, lui-même, plutôt sereinement :

«Ce que je voulais dire et c’était mal compris et, peut-être, quelque part, je m’en excuse, d’avoir été trop synthétique, trop dans ma réflexion.», a d’abord indiqué Thierry Queffelec faisant plutôt «amende honorable», selon Katia Lei-Sam qui a donc recueilli son propos sur place.

«Ce que je voulais énoncer à la fin de la CIC (cellule interministérielle de crise locale, ndlr), on n’avait pas encore l’avis (du conseil scientifique qui au demeurant n’a pas tranché pour ou contre la tenue du scrutin en Guyane, ndlr), c’est que les élections allaient apparaître et, est-ce qu’il fallait attendre qu’il n’y ait plus de Covid, plus personne qui décède ou autre chose pour faire un champ démocratique ?», a alors poursuivi le préfet.

«Là, on voit bien que le champ démocratique peut s’exprimer dans un état de Covid, c’est à dire organiser les élections. Certains sont excessifs [et disent] : «quand la Covid sera terminée, on pourra organiser les élections», cela n’a pas lieu d’être car il y a l’oxygénation nécessaire», a encore estimé Thierry Queffelec avant d’admettre :

«Il y a un émoi de la population et tout émoi est compréhensible mais ce que je voulais dire c’est que le mode d’une élection doit se faire même si l’on est sous une contrainte sanitaire très forte.», aura-t-il encore estimé.

A notre seconde question : «Y’a-t-il des dérogations pour les rassemblements et meetings politiques ?»,

le préfet Queffelec aura répondu : « les candidats savent qu’ils peuvent faire des meetings en fonction des établissements recevant du public, aves gestes barrières et autres. Il y aura la notion du couvre-feu et on va mettre en place des attestations et motifs impérieux pour se déplacer dans le champ politique.»

Il n’en demeure pas moins que dans le dernier communiqué de la préfecture, daté du 4 juin, relatif aux mesures de freinage, on en reste à invoquer des rassemblements pouvant passer de 6 à 10 personnes :

 

Rodolphe Alexandre et son équipe n’ont pas attendu Godot pour se rassembler nombreux.

C’est en tout cas ce que démontre une vidéo (capture d’écran ci-dessous) qui fait des gorges chaudes sur les réseaux sociaux (notamment sur le mur Facebook Content pas content en Guyane) avec un Rodolphe Alexandre exalté, samedi 5 juin, au Royal Mercure Amazonia à Cayenne, qui prévient en créole ses adversaires -en les apostrophant !- qu’il va participer à un prochain débat : «Mo ké vini pou zot (je viendrai pour vous !)», au cours d’un meeting du président de la CTG candidat à sa propre succession avec inconditionnels et partisans.

Un  meeting qui a drainé du monde en période de confinement.

Il y avait plus de dix personnes au rassemblement des inconditionnels et partisans de Rodolphe Alexandre samedi

On a pu y observer le port du masque dans la salle et des maires au premier rang : ainsi, entre autres Serge Smock (maire de Matoury et président de la CACL) ou encore François Ringuet (maire de Kourou, président de la communauté des savanes et de l’association des maires et de nouveau colistier d’Alexandre pour ce scrutin CTG), deux édiles tout acquis à la cause de Roro 1er, s’esclaffant et agitant du drapeau au moindre bon mot du président de la CTG candidat à une réélection qui, pour certains observateurs, pourrait relever de la formalité.

Il y avait aussi du monde debout au fond, derrière la salle et même une chanson de Quéquette à la gloire du président candidat en contradiction flagrante avec cette affirmation, assénée le 4 juin, par le conseil scientifique au plan national : «En Guyane, la campagne électorale se [joue] principalement sur les réseaux sociaux…»

 

Avec cette question en suspens : qui fait remonter ce type d’info hurluberlue hors sol et j’en passe au conseil national scientifique (dont l’un des membres, a été contacté par Guyaweb depuis plus de 24 heures notamment sur ce point, pour l’heure sans réponse), le conseil scientifique n’étant pas éminemment rigoureux -sauf erreur de notre part-de prendre pour argent comptant ce type d’information qui ne s’appuie nullement sur la réalité guyanaise.

Tout Guyanais majeur et pas forcément vacciné sait très bien que les élections en Guyane -et jusqu’à aujourd’hui- c’est réunions sécrètes et moins secrètes, porte-à-porte, intrigues, tracts et SMS sales, rassemblements, kermesses ké ti-jus chouites et j’en passe, festivités, meetings, concerts (très prisés sur le fleuve frontière avec le Suriname sauf dans les secteurs où les fortes inondations perturbent ou perturberont trop la vie quotidienne évidemment).

L’ARS contactée lundi sur cet OVNI du conseil scientifique (notre site s’inquiétant quant à la source à l’origine de la remontée d’une telle fadaise) n’avait pas donné suite au moment de la mise en ligne de cet article

Le communiqué du 4 juin de la préfecture et de l’ARS rappelle aussi cette nécessité de ne pas relâcher les gestes barrières et, notamment, de continuer à mettre le masque dans un contexte en Guyane de sous-vaccination.

 

Or, il est flagrant et cette campagne le montre : bon nombre de citoyens guyanais ont laissé tomber le masque qui protège l’autre. Et ce depuis de longs mois d’ailleurs dans nombre de quartiers

C’est tout à fait flagrant sur cette récente photo sur le mur Facebook public de Wender Karam, l’un des co-listiers de Jean-Paul Fereira (divers gauche) en campagne distribuant des petits drapeaux à l’effigie de son chef de file au quartier La Charbonnière à Saint-Laurent

 

Si le colistier de Fereira porte le masque qui protège l’autre, aucune des jeunes femmes -taquinant la Gueuze ou une autre marque de bière- autour d’une table au quartier de la Charbonnière à Saint-Laurent n’a le masque -ne serait-ce qu’autour du cou pour le remettre après la canette- et ce, début juin, en pleine période de confinement qui, en Guyane, pour être honnête, depuis le 14 mai, n’a de confinement que le nom sur papier.

En parlant de mesures sanitaires fantoches en vigueur en Guyane, justement, il y a cette fameuse septaine présumée à laquelle sont censés se soumettre depuis plusieurs mois les passagers arrivant en Guyane à l’aéroport Félix Eboué de Matoury en provenance de Martinique, Guadeloupe et Orly.

Dans les faits, des témoignages concordants que nous avons reçus de passager ces dernières semaines démontrent que cette septaine -qui ne s’appuie que sur une déclaration écrite sur l’honneur des passagers (au départ d’Orly ou des Antilles) s’engageant à la respecter- n’est pas respectée dans les faits à l’arrivée en Guyane.

Et, très curieusement, personne chez les citoyens guyanais militants ou chez les professionnels de l’indignation au sein d’ONG, ne s’en est formalisé ou n’a manifesté pour soulever ce lièvre : il s’agit d’une contradiction notable, d’une non symétrie, sur le plan sanitaire que Guyaweb essaye d’éclaircir depuis quelque temps. Au beau milieu de la démission des consciences. A quelques citoyens près.

Nous avons donc -de nouveau (1)- posé cette question cash au préfet de la Guyane ce lundi : «Il semble que les septaines en Guyane ne soient pas contrôlées, pourquoi ?».

Cette fois, Thierry Queffelec ne s’est pas dérobé :

«Les septaines en Guyane sont sur attestation sur l’honneur, on ne peut pas contrôler quand c’est sur l’honneur», a admis d’emblée le préfet.

Avant de poursuivre sur le sujet : «Quand je prends un arrêté préfectoral je peux le contrôler dans le cadre de la loi. On restreint les libertés individuelles, c’est un acte très fort dans notre démocratie. J’ai cette autorité-là. La loi d’état d’urgence est prolongée jusqu’en fin septembre, je ne peux pas prendre la liberté des gens à titre personnel. Une attestation sur l’honneur c’est sur l’honneur. Les gens en tant que citoyens respectent leurs paroles.» a conjecturé le préfet

Guyaweb peut attester que c’est (très) loin d’être le cas.

Mais ce risque sanitaire de plus n’empêche donc pas grand monde de dormir en Guyane et arrange pas mal d’arrivants ou de Guyanais de retour qui se dispensent -dans les faits- d’observer cette septaine localement.

Toute la pression qu’il y a eu des Guyanais, Guyanaises qui étaient à Paris a été ressentie et j’ai rendu compte (…) que cette décision qui était nécessaire sûrement, passait très très mal (Thierry Queffelec)

Notre collaboratrice Katia Lei-Sam relançant le préfet comme suit après l’aveu quant aux septaines guyanaises fantoches en tout cas non contrôlées :

« Mais c’est le contraire dans le sens Cayenne/Paris, il y a un [arrêté individuel par passager (2) ] imposant une quarantaine. N’est ce pas une injustice ? »

Et Thierry Queffelelec de répondre d’abord par cette question : «Est-ce que la loi est injuste ? Je ne pense pas : la loi organise la vie et la loi a cette grande chance de pouvoir évoluer. Quand elle n’est plus nécessaire, on peut l’abroger, quand elle n’est pas bonne, on peut la réétudier et l’analyser. Toute la pression qu’il y a a eu des Guyanais, Guyanaises qui étaient à Paris a été ressentie et j’ai rendu compte comme tel que cette décision qui était nécessaire sûrement, passait très très mal.»

«Tout cela se travaille, poursuit le préfet, on voit que le taux d’incidence, que le variant brésilien est devenu hélas pas un standard mais il existe maintenant en métropole. Pour nous c’est 86 % des gens qui sont atteints du variant brésilien (le préfet veut certainement indiquer 86% des gens positifs, ndlr). Le virus indien va [apparaitre], les mêmes mesures seront prises par rapport à l’Inde. Mais on n’a pas de département Outre-mer en Inde, on a un département Outre-mer en Amérique Latine, c’est un peu une conjonction de ce fait.»

Propos recueillis par Katia Lei-Sam, questions Katia Lei-Sam et Frédéric Farine, rédaction FF

(1) Nous avions interrogé la préfecture, via son service communication notamment, sur la question des septaines non contrôlées en Guyane, depuis le jeudi 20 mai (voir ci-dessous). Sans obtenir de réponse jusqu’à ce lundi.


 

(2) La quarantaine ne sera plus imposée, par arrêté individuel à l’arrivée à Orly, à partir du 9 juin a-t-on compris, pour les passagers de Guyane complètement vaccinés (2 doses dont la deuxième datant d’au moins 2 semaines avant l’arrivée à Orly) : lire cet article.

 

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3 commentaires

  • NHR21
    08 juin 2021

    Aucune mention des fameux  »motifs impérieux » qui bloquent de nombreuses personnes résidant en Guyane depuis des mois alors que les ressortissants français au Brésil (et en Inde également, cf. les sites des ambassades de France dans ces pays, rubriques covid motifs impérieux) ne sont pas soumis à un autre motif impérieux pour aller en Métropole que celui d’être français … de quoi avoir envie d’aller au Brésil (à travers une des ces fameuses  »frontières fermées » qui sont des passoires au vu et au su de tout le monde) pour pouvoir, enfin, aller en Métropole … cherchez la cohérence dans tout cela !!!:

  • Wapa
    09 juin 2021

    La seule promotion utile de la vaccination est de lever toutes les contraintes pour les vaccinés, des horaires de sortie aux motifs impérieux, des tests aux isolements. C’est facile à contrôler et cela prouverait – enfin! – que le gouvernement l’ARS et le préfet ont confiance dans les vaccins. Le reste c’est bloublou et compagnie.

  • FF
    09 juin 2021

    Il y a déjà la quarantaine imposée, levée à partir de ce mercredi pour les passagers complètement vaccinés en provenance de Guyane arrivant à Orly : plus d’arrêtés individuels du préfet de police de Paris imposant une quarantaine. A la place (pour les gens vaccinés uniquement) : isolement « sur l’honneur ». Si « sur l’honneur » c’est comme en Guyane : pas de contrôle.

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