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En Guyane, le sort des élections territoriales débattu ce lundi sur fond d’état d’urgence sanitaire

En Guyane, le sort des élections territoriales débattu ce lundi sur fond d’état d’urgence sanitaire

Une réunion exceptionnelle de crise consacrée au maintien ou au report des élections territoriales en Guyane est prévue ce lundi à 8h30 en préfecture et fait suite à un avis du Conseil scientifique national rendu le 4 juin.

Une légère et récente amélioration de l’épidémie avec le variant brésilien (BR-P1) majoritaire à 80-95 % et circulant intensément (taux d’incidence hebdomadaire de 320 cas/100000 habitants au 2 juin), une situation dans les hôpitaux toujours sous tension et un niveau de vaccination des plus faibles (primovaccination de 12,5 % contre 39.9% en France hexagonale), la Guyane actuellement en confinement thématique et sous couvre-feu continu depuis plus d’un an (mars 2020) est le seul territoire français encore en état d’urgence sanitaire jusqu’au 30 septembre 2021.

C’est donc en pleine campagne électorale des Territoriales débutée lundi dernier (31 mai) en Guyane sous état d’urgence sanitaire, que la décision sur le sort de ces élections sera prise très probablement ce lundi 7 juin, soit cinq jours avant la date butoir du 12 juin d’un éventuel décret permettant l’annulation et le report des élections territoriales en Guyane.

Possibilité de reporter les élections en Guyane

En effet dans le cadre de la loi du 31 mai 2021 relative à la gestion de la sortie de crise sanitaire, publiée au Journal Officiel le 1er juin 2021 et prolongeant l’état d’urgence sanitaire en Guyane jusqu’à fin septembre 2021, un amendement permet l’annulation par décret de l’élection territoriale prévue en Guyane les 20 et 27 juin si l’évolution de la situation sanitaire locale ne permet pas sa tenue en juin 2021 et son report au plus tard en octobre 2021.

Ce décret doit être publié au plus tard le « 12 juin 2021 » après « avis circonstancié du comité de scientifiques institué sur le fondement de l’article L. 3131-19 du code de la santé publique sur l’état de l’épidémie de covid-19 en Guyane et sur les risques sanitaires attachés à la tenue du scrutin, et après information de l’Assemblée nationale et du Sénat », écrivions-nous (Guyaweb, du 19 mai).

Avis rendu par le Conseil scientifique du 4 juin 2021

Après avoir évoqué dans son avis du 4 juin, d’une part « une situation préoccupante en raison du niveau d’incidence (320cas/100000 habitants au 2 juin), du variant BR-P1 (80-95 %), du faible niveau de vaccination (primovaccination de 12,5 % contre 39.9% en France hexagonale) », et d’autre part « une amélioration récente, un système hospitalier très impacté mais non complètement débordé, une population très jeune et avec un niveau de séroprévalence (contre la souche historique) probablement déjà très élevé », le Conseil scientifique explique que « la campagne électorale se jouant principalement sur les réseaux sociaux, le risque majeur semble lié à l’annonce des résultats et des rassemblements ou festivités qu’elle pourrait provoquer. »

Toutefois, le Conseil scientifique indique qu’il existe « des risques inhérents à la situation sanitaire ».

« Par comparaison avec des scrutins antérieurs, les risques de contamination sont désormais accrus en raison de la contagiosité du variant BR-P1, présent sur l’ensemble du territoire guyanais. Les risques sanitaires auraient pu être minimisés par le niveau significatif de vaccination atteint au moment de la campagne électorale et des élections. Ce n’est pas le cas en Guyane, comme évoqué précédemment, car seulement 12,9% environ de la population guyanaise est primo-vaccinée, ce qui est très inférieur au pourcentage de primo-vaccinés au niveau de la France métropolitaine qui est de 40% environ » alerte le Conseil scientifique, qui insiste sur la nécessaire amélioration de la couverture vaccinale en Guyane : « un appui fort des personnalités politiques locales pourrait aider à cette accélération ».

Fort de ces constats, le Conseil scientifique, se situant sur un plan strictement sanitaire qui le conduit à expliciter les risques attachés à la tenue du scrutin, affirme que « ces différentes situations, incluant le cas échéant un report du scrutin, dépendent pour partie des arbitrages qui seront réalisés par les autorités à propos de la gestion de l’épidémie et de l’organisation des élections ».

Enfin, le Conseil scientifique précise qu’ « il est également à noter qu’en cas de report, il est incertain qu’une situation sanitaire plus favorable se présentera en Guyane dans les prochains mois », ce qui dépendra notamment du dynamisme de la politique vaccinale en Guyane, pour l’heure très poussive.

A noter qu’en Guyane quatre listes sont en lice pour l’élection territoriale. Hier dans un communiqué, l’une des quatre têtes de liste, Jean-Paul Ferreira, maire d’Awala-Yalimapo et vice-président de la CCOG, qui s’était déjà positionné mi-avril pour un report de l’élection lors de la consultation des maires de Guyane à laquelle 6 sur 22 avaient répondu, a indiqué que si « le préfet décide de son maintien » (de l’élection), alors « il faudra sans délai revoir les conditions du confinement de la Guyane et notamment de la liberté de mouvement des Guyanaises et des Guyanais, qui reste limitée ».

Le sort des élections territoriales sera donc débattu durant la réunion exceptionnelle de la Cellule Interministérielle de Crise (CIC) qui se tient ce lundi à 8h30. Mais la décision finale sera prise par le préfet de Guyane Thierry Queffelec qui déclarait jeudi 3 juin à l’issue de la CIC hebdomadaire : «La préfecture prépare les élections aux dates précitées (20 et 27 juin 2021, ndlr) et on saura changer si on doit changer. Pour l’instant je n’ai aucun retour encore (de) l’avis scientifique qui doit être objectif et qui a pris aussi en compte les données qu’on a pu lui fournir de la façon la plus précise, la plus honnête, parce qu’une vie ne vaut pas automatiquement un déplacement de calendrier et tout le monde en est bien conscient» (Lire Guyaweb du 6 juin).

Une : photo d’archive de la Cellule interministérielle de crise ©KLS/GUYAWEB

Un air de déjà vu : pour mémoire, en juin 2020 alors que la situation sanitaire de la Guyane était préoccupante dans un contexte de niveau de vulnérabilité et de circulation du virus élevé, le ministère de l’Intérieur avait décidé d’annuler le deuxième tour des élections municipales et de les reporter en octobre 2020 (lire le communiqué ici ). A l’époque nous soulignions que c’était une sage décision (Guyaweb du 15 juin 2020)

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5 commentaires

  • AKL
    07 juin 2021

    Espérons que cette réunion exceptionnelle fera le bon choix et remettra de la cohérence dans un sens ou dans l’autre dans les décisions prises dans la gestion de cette crise sanitaire

  • abcd
    07 juin 2021

    De toute façon un report des élections spécifique à la Guyane n’aurait eu aucun sens.

    Pour qui a déjà été aux urnes en Guyane l’espace est généralement assez peu encombré par les électeurs…

    Et comme le dit si bien le Conseil scientifique le seul risque est lié à « l’annonce des résultats et des rassemblements ou festivités qu’elle pourrait provoquer ». Mais bon avec des arguments comme ça il faudrait aussi penser à reporter l’Euro 2020… !

  • Morvandiau
    07 juin 2021

    « la campagne électorale se jouant principalement sur les réseaux sociaux ».
    Tant pis pour les plus anciens qui n’iront pas sur facebook pour suivre la campagne et le débat d’idée.
    Presque se féliciter que la campagne ne puisse avoir lieu que sur facebook est tout à fait scandaleux.
    L’exercice libre de la campagne électorale est totalement contraint et biaisé, la démocratie est en quelque sorte muselée. Même les élections portent le masque.
    Notre démocratie tousse.
    Mais ça passe comme une lettre à poste.
    C’est un boulevard qui est offert à Roro. Dans ses conditions, le président sortant est largement favorisé.
    Dans un an, ce sont les élections présidentielles et Macron veut s’assurer d’avoir un président de CTG qui le soutiendra à nouveau.
    Et les opposants ont l’air de se satisfaire de leur futurs sièges dans les rangs de l’opposition à la CTG…Mieux vaut une petite gamelle que rien du tout.
    Donc dès dimanche 20 juin, il y aura un allègement spécial du couvre feu pour aller voter ? et les gendarmes seront du coté des criques pour verbaliser ceux qui voudraient prendre l’air ?

  • FF
    07 juin 2021

    Cette phrase c’est en plus du pipeau : à suivre sur Guyaweb

  • AKL
    08 juin 2021

    FF … à quelle phrase faites-vous allusion ? J’ai du mal à vous suivre…..
    Qu’est-ce qui est du pipeau….?

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