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Record macabre : 21 morts Covid en 48 heures au Suriname, presque 100 morts en un mois, une pointure des Pays-Bas et des médecins néerlandais en renfort vendredi

Record macabre  : 21 morts Covid en 48 heures au Suriname, presque 100 morts en un mois, une pointure des Pays-Bas et des médecins néerlandais en renfort vendredi
Le reconfinement offre un répit judiciaire à Desi Bouterse !

L’hécatombe due au Covid-19 ne se dément pas au Suriname bien au contraire.

Ce pays voisin de la Guyane, en proie à la sous-vaccination, vient de battre son record de décès Covid deux journées consécutivement : 10 décès Covid lundi, un premier record, 11 mardi, autre record funeste dans la foulée.

En un mois seulement, le nombre de morts Covid (98) a augmenté de quasiment 50% par rapport au nombre de morts cumulés des 14 mois précédents dans ce pays.

Et en Guyane, où le taux de vaccinés est encore faible, la situation est loin d’être extraordinaire : le taux de positifs a encore augmenté la semaine dernière sur l’île de Cayenne (Rémire, Matoury, Cayenne) et sur le littoral Ouest (Saint-Laurent, Mana, Awala), les détails dans un article documenté à suivre.

Un cas de variant préoccupant sud-africain (VOC, variant of concern) a, par ailleurs, été décelé la semaine dernière sur Matoury.

Lund 31 mai sur les dernières 24 heures, 10 morts Covid surinamais ont été déplorés dans ce pays voisin de la Guyane, record de décès sur un jour depuis le début de la pandémie, ont alors souligné les autorités sanitaires du pays.

Bis repetita mardi 1er juin avec 11 mort Covid en 24 heures dans l’ex-Guyane hollandaise. Nouveau record sur un jour, ont de nouveau déploré les autorités de ce pays.

Sur le seul mois de mai, les Surinamais ont déploré près de 100 morts Covid : 98 sur un mois, le tragique record absolu depuis le début de l’épidémie.

C’est comme si la Guyane avait déploré une cinquantaine de morts Covid en mai si l’on respectait les proportions au regard des populations respectives de ces territoires (300 000 en Guyane, un peu plus de 590 000 au Suriname).

C’est comme si la ville de Lyon déplorait près de 100 morts Covid en un mois.

C’est comme si la France (76 millions d’habitants) avait déploré 12 624 victimes définitives de ce virus mortel en un mois.

Les poujadistes, complotistes, irresponsables et pompiers pyromanes en tout genre qui qualifiaient ce Covid-19 de grippette il n’y a pas si longtemps voire encore tout récemment, seraient plus inspirés de se tourner vers des études dignes de ce nom.

Selon le DR Mirdad Kazanji : «vu le nombre de morts, je ne vois pas le moindre virus ayant fait autant de dégâts en un an dans le monde depuis plus de 50 ans au moins voire cent ans», nous déclarait le virologue, directeur de Pasteur à Cayenne, début 2021.

Au moins aussi évocateur pour en revenir à l’ampleur du désastre en cours au Suriname : en 14 mois d’épidémie, de mars 2020 à fin avril 2021, 204 morts Covid avaient été déploré dans ce pays. Il y a en a 302 au 31 mai soit quasiment 50 % de plus en un mois (48,04% plus exactement, c’est énorme confirme un scientifique contacté).

Pire, au Suriname, les citoyens atteints de forme grave de Covid-19 meurent à domicile ou hors établissement de soins faute de place dans les hôpitaux.

Il y a eu 3 décès hors hôpital en deux jours entre le 31 mai et le 1er juin dont deux à domicile. Une dizaine depuis une semaine.

Au Suriname, des gens très malades infectés par le Covid-19 notamment attendent heures et nuit sur une chaise, qu’un lit d’hôpital se libère, rapporte la presse de ce pays.

Dans ce contexte de désastre en exercice, les Pays-Bas, l’ancien pays colonisateur, appelés à l’aide par le gouvernement surinamais, envoient une mission avec des renforts médicaux qui doit arriver vendredi au Suriname.

A la tête de cette mission, une pointure, Marc Sprenger, microbiologiste, épidémiologiste, et ancien directeur général du RIVM (l’Institut national de la santé publique et de l’environnement) aux Pays-Bas.

Il a aussi travaillé à l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et s’est encore impliqué plus récemment dans la lutte contre le coronavirus dans la partie caraïbe du royaume des Pays-Bas.

Marc Sprenger prend donc l’avion vendredi pour le Suriname. Une équipe médicale va l’accompagner. La mission livrera des marchandises à son arrivée et réfléchira en concertation localement, avec des médecins surinamais, à ce qui s’avèrerait nécessaire pour maîtriser la situation d’urgence autour du Covid-19, rapportait Starnieuws mardi.

Les hôpitaux et divers sites de vaccination du Suriname seront visités. Une équipe de médecins d’hôpitaux des Pays-Bas doit venir au sein de la mission pour apporter des renforts sanitaires à un pays aux abois.

Dans ce contexte de quasi chaos actuel, les Pays-Bas ont décidé d’avancer leurs envois de vaccins, toujours selon Starnieuws.

Au Suriname, la semaine dernière, selon des chiffres fluctuants, une fourchette de moins de 1% à 2% de la population était vaccinée avec deux doses inoculées.

40 000 doses d’AstraZeneca doivent arriver la semaine prochaine des Pays-Bas selon Starnieuws.

Des pourparlers sont également en cours pour rendre possible un don de 50 000 doses de Moderna, en deux livraisons. Cela anticipe les livraisons ultérieures d’un total de 500 000 à 750 000 vaccins AstraZeneca initialement programmées fin juin, mais toutefois en fonction des stocks disponibles aux Pays-Bas, avait prévenu la semaine dernière le ministre de la Santé de ce pays de l’Union européenne.

Mardi matin, un premier avion cargo a décollé des Pays-Bas direction le Suriname avec de l’oxygène médical et des équipements de protection individuelle.

Lundi, le taux de nouveaux contaminés était encore de 40,34% au Surinam en 24 heures (190 nouveaux positifs sur 471 tests).

Mardi, le taux de nouveaux infectés était remonté à 48,2% avec 174 positifs inédits sur 361 écouvillons collectés.

Paradoxalement, le reconfinement au Suriname, décrété depuis la fin de la semaine dernière et jusqu’au 18 juin au moins, offre un répit judiciaire à l’ex-putschiste-dictateur et désormais ex-Président Desi Bouterse dans l’affaire d’exécution d’opposants fin 1982.

La justice était censée examiner à partir du 31 mai, l’affaire sur le fond en appel.

Un tribunal militaire du Suriname avait déclaré, fin 2019, le président en exercice de ce pays à l’époque, Desi Bouterse, coupable de meurtres dans l’affaire de l’exécution de 15 opposants le 8 décembre 1982 au Suriname, le condamnant à 20 ans de prison.

Parmi les victimes à l’époque, figuraient des avocats, des professeurs d’université, des dirigeants syndicaux et des journalistes.

Bouterse avait fait appel de cette condamnation avec effet suspensif. Il avait alors terminé son mandat sans songer à rendre son tablier espérant même être réélu. En vain.

Il y a quelques semaines, lors des premières audiences de ce procès en appel, la justice avait rejeté les vices de forme allégués par le camp Bouterse.

Etrangement, Bouterse, pourtant à l’origine de ce procès en appel, avait alors fait valoir son droit au silence.

FF

Relire sur ce dossier : L’OXYGÈNE DE GUYANE POUR LES MALADES, «ARRIVÉ À PARAMARIBO», SELON L’AMBASSADE DE FRANCE, AUCUN DES 288 MORTS COVID DU SURINAME «N’ÉTAIT VACCINÉ» SELON LE PRÉSIDENT SANTOKHI

Relire également : DESI BOUTERSE CONDAMNÉ À 20 ANS DE PRISON PAR UN TRIBUNAL MILITAIRE DU SURINAME DANS L’AFFAIRE DE L’EXÉCUTION D’OPPOSANTS EN DÉCEMBRE 1982

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