Identifiez-vous

Mot de passe oublié ?

Publicité Guyaweb

Faux tests Covid-19 pour pouvoir se rendre en Guyane : un passager témoigne

Faux tests Covid-19 pour pouvoir se rendre en Guyane : un passager témoigne
Exclu Guyaweb !

C’est un passager que l’on nommera Christian (1), un notable. Il a pris l’avion deux fois ces derniers mois pour la Guyane, en septembre et en novembre depuis Orly.

Il assure que des passagers se sont munis de faux tests Covid pour aller ou rentrer en Guyane mais plutôt, selon lui, faute parfois d’avoir eu leur résultat dans les temps, notamment en septembre.

Il est possible en effet de passer entre les mailles du filet par le biais de ce type de fraude : et pour cause, il n’y a pas de contrôle informatique de l’authenticité du test, ni au départ d’Orly, ni à l’arrivée à l’aéroport Félix Eboué de Matoury.

Ambiance.

«En fait pour prendre l’avion, il est impératif de se munir d’un test PCR de moins de 72 h. Si l’avion est en retard et que le test par conséquent excède les 72 heures, il n’est plus valable», rappelle d’abord Christian, un notable qui voyage régulièrement entre la Guyane et Paris.

«En septembre, notamment, il y a eu pas mal de problèmes, le prélèvement devait être fait dans les 72 h avant le départ, mais certains laboratoires en Ile de France mettaient plus de 72 h à donner le résultat», relate encore notre témoin. «Des personnes ne pouvaient pas prendre leur avion», note-t-il.

«Alors à Orly, un système de tests a été mis en place mais j’ai dû y faire la queue quatre heures fin septembre pour pouvoir faire un test PCR dans les 72 heures avant de prendre l’avion», narre-t-il.

Ce n’est pas forcément parce qu’elles étaient positives et voulaient le cacher (…) mais parce qu’elles n’avaient pu avoir un résultat de test dans les temps

A cette époque : «pas mal de gens falsifiaient un ancien test, par exemple en modifiant les dates… Certaines personnes qui l’on fait me l’ont dit. Ce n’est pas forcément parce qu’elles étaient positives et voulaient le cacher pour rentrer ou voyager mais parce qu’elles n’avaient pu avoir un résultat de test dans les temps», explique-t-il.

«Personnellement, notamment de par mon métier, avec tous les risques que cela comporte, je ne l’aurais pas fait», assure Christian.

Pour son deuxième et récent voyage vers la Guyane, ce fut plus simple pour l’intéressé : «J’ai trouvé dans Paris, le labo B. qui vous reçoit sans rendez-vous, fait le prélèvement et vous donne le résultat en 24 heures. Quelques laboratoires à Paris ont la même efficacité pour le voyageur désormais donc je vois moins la nécessité de modifier un ancien test négatif ou le test négatif d’un tiers dorénavant.», analyse-t-il.

Christian l’assure, lors de ses deux derniers voyages vers la Guyane (septembre et novembre) : «la première comme la deuxième fois, au comptoir d’enregistrement à Orly, l’hôtesse d’Air France a bien déchiffré mon test, le regardant sous toutes les coutures. La police me l’a redemandé au moment des contrôles et on m’a demandé de le présenter une troisième fois au moment de l’embarquement (…) Je me suis dit bon c’est bon je le range, mais on me l’a redemandé à mon arrivée à l’aéroport en Guyane au moment du contrôle des papiers».

«En revanche», note-t-il, «pour partir de Cayenne (sic) pour Paris, on ne m’a rien demandé les deux fois, la dernière fois en novembre».

Un contrôle à l’embarquement du résultat du test dans la base de données nationale (…) n’est pas prévu par la réglementation à ce jour (ARS Guyane, 17/11/2020)

Des contrôles «à la loupe» souligne encore Christian : certes mais uniquement par l’œil des préposés aux contrôles.

Cela n’est pas une garantie face aux faussaires performants, lui fait-on remarquer.

«Effectivement, les deux fois, il n’y avait pas de contrôle informatique des tests présentés, ni à Orly ni à Cayenne», acquiesce-t-il.

Ce que l’on confirme ce mardi à l’ARS Guyane : «Un contrôle à l’embarquement du résultat du test dans la base de données nationale SIDEP (système d’information national de dépistage du Covid-19, ndlr) n’est pas prévu par la réglementation à ce jour, la base de données est conçue pour permettre l’enclenchement des mesures de contact tracing dès qu’un résultat positif est constaté par un laboratoire».

Et l’ARS suite à notre relance, de confirmer qu’il n’y a donc pas de contrôle informatique des tests covid présentés ni au départ d’Orly, ni à l’arrivée à l’aéroport Félix Eboué de Matoury : «A l’arrivée comme au départ à ce jour effectivement.», nous y indique-t-on encore ce mardi.

Selon Christian, «c’est surtout dans la période où j’ai pris l’avion en septembre que des gens qui ne pouvaient pas faire autrement, ont modifié des tests antérieurs ou de tiers pour pouvoir prendre l’avion (…) Il s’agissait plutôt à mon sens de gens en galère qui ne trouvaient pas les moyens de faire le test et d’avoir le résultat dans les délais impartis (…) Maintenant on a les résultats en 24 ou 48 heures. Il n’y a donc plus nécessité de faire des faux»., estime-t-il.

Il existe un endroit dans le 93 (…) où l’on peut faire le test puis avoir le résultat en une heure à condition de payer 100 euros

Dernière petite anecdote croustillante relatée par Christian : «Il existe un endroit dans le 93 à Saint-Denis où l’on peut faire le test puis avoir le résultat en une heure à condition de payer 100 euros. Un de mes proches devait aller en Guadeloupe. Il était arrivé avec quatre à cinq heures d’avance à l’aéroport mais sans test. Il a eu le tuyau, il est allé le faire là-bas à Saint-Denis. Il est revenu à temps avec son test pour prendre son avion».

Christian (2) ajoute qu’il faut encore et toujours justifier d’un motif valable pour quitter la France hexagonale en direction de la Guyane et/ou pour rentrer en Guyane : «Il faut fournir une bonne raison (…) mais, de part mon métier, j’ai le droit de circuler jour et nuit en France, en outre-mer aussi», assure-t-il.

FF

(1) Le prénom a été modifié.

(2) Notre témoin nous a demandé de ne pas citer sa profession.

De présumés faux actes de décès pour pouvoir se rendre en Guyane

Trois passagers ont été interpellés jeudi 12 novembre à l’aéroport d’Orly après avoir présenté de faux actes de décès à l’embarquement d’un vol pour la Guyane où il souhaitaient se rendre via ce justificatif, a indiqué l’AFP la semaine dernière.

Il s’agissait de deux Espagnols, âgés de 57 et 56 ans, et d’un Surinamien de 34 ans, en partance pour l’aéroport Félix Eboué de Matoury.

Ils ont alors été interpellés et placés en garde à vue pour soupçons de «détention et usage de faux documents administratifs», a alors rapporté l’AFP, citant une source aéroportuaire.

«C’est la première fois qu’on détecte des faux documents pour s’affranchir des règles du confinement» aux départs des aéroports parisiens d’Orly et de Roissy-Charles-de-Gaulle, a indiqué cette source.

Début novembre à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, sept personnes avaient été interpellées par la police aux frontières (PAF) dans le cadre du démantèlement d’un trafic présumé de faux certificats de tests négatifs au Covid-19, qu’ils sont soupçonné d’avoir vendus illégalement à des voyageurs, a encore indiqué l’AFP.

Les faussaires présumés, six hommes et une femme âgés de 29 à 52 ans, sont «poursuivis des chefs de faux, usage de faux et complicité d’escroquerie», selon l’AFP qui n’a pas précisé s’il s’agissait de mises en examen.

Depuis les nouvelles mesures de reconfinement en France, les déplacements en avion sont autorisés uniquement pour «motif familial impérieux» (par exemple un décès d’un proche) ou pour «motif professionnel».

Pour l’anecdote, Roissy n’est plus l’aéroport de départ pour la Guyane après un intermède au moment de la phase aigüe de la première vague de cette pandémie : Roissy était redevenu alors un temps -comme il le fut par le passé- l’aéroport de départ depuis Paris vers ce territoire français d’Amérique du Sud.

Selon Air Journal, avec les restrictions de voyage mises en œuvre dans le monde, les cas de documents falsifiés ne seraient pas rares.

Les autorités brésiliennes ont ainsi arrêté quatre voyageurs le 29 octobre parce qu’ils auraient falsifié les résultats de leurs tests. Au Royaume-Uni, un Pakistanais a été arrêté en possession d’un test négatif d’un tiers sur lequel il avait ajouté son nom et sa date de naissance. La compagnie Aerolíneas Argentinas a décidé de poursuivre pénalement les passagers qui tentent d’échapper aux contrôles sanitaires avec de faux documents et de les interdire de vol pendant cinq ans.

Face à la fraude, Hawaï oblige les touristes à se préinscrire à son service de test en ligne, à utiliser un laboratoire approuvé et à télécharger les résultats sur un portail numérique.

En Guyane et à Orly, on est donc loin de ce contrôle numérique : «un dispositif de vérification est mis en place», assure une source proche des autorités étatiques en Guyane, s’agissant de l’aéroport de Matoury.

Lequel ? Pour le moment, mystère…

 

 

Vous êtes abonné(e) Identifiez-vous

Mot de passe oublié ?

Pas encore abonné(e) ? Abonnez-vous

Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à l’intégralité de Guyaweb

Abonnez-vous

4 commentaires

  • Gaspard
    17 novembre 2020

    Vous decouvrez l eau tiede….en septembre il n y avait pas beaucoup d autres solutions….c est rassurant que quand les pouvoirs publiques instaurent une regle inaplicable qu elle soit contournée. Il faut aller voire du cote de ceux qui expliquaient que les tests pour retourner chez soi n etaient pas prioritaire.

  • FF
    17 novembre 2020

    C’est juste une vérification et une confirmation de… Il ne suffit pas de le clamer sur un réseau social

  • Fred
    17 novembre 2020

    Article intéressant.
    La semaine prochaine on veut un article sur un notable qui sait de source sûre (mais qui tient à rester anonyme) que d’autres notables tricheraient dans leur déclaration d’impôt sur la fortune.

  • FF
    17 novembre 2020

    Secret des sources pierre angulaire du journalisme : chacun étant pour la liberté de la presse. Sauf quand il est concerné…

Articles associés :

Suriname : 204 morts Covid de mars 2020 à fin avril 2021, en mai 98 morts, un record mensuel déjà battu : 141 décès du 1er au 18 juin et un parlementaire antivax !

Au Suriname, le nombre de décès Covid poursuit son affolante ascension. Ce pays avait déploré 204 morts Covid de mars 2020 à fin avril 2021, en 14 mois donc. Le mois suivant, en mai, il y aura...

Assiduité des élus à la CTG : Ringuet, Phinéra-Horth et Briolin à la traîne

A l'occasion des élections territoriales dont le premier tour est prévu ce dimanche 20 juin, Guyaweb s'est penché sur l'assiduité des 51 conseillers de la Collectivité territoriale de Guyane ...

L’enquête judiciaire pour suspicion de «favoritisme» est bouclée dans l’affaire qui vise Gabriel Serville, signataire, fin 2014, d’une convention pour la mairie de Matoury avec l’avocat Olivier Taoumi pour 9500 € mensuels d’honoraires

L'enquête judiciaire sur les conditions d'attribution d'une rémunération mensuelle nette de 9500 euros par la mairie de Matoury, théoriquement durant 38 mois, à Olivier Taoumi, entre fin 2014 et ...

Covid-19 : les chiffres ne sont pas rassurants, les indicateurs restent élevés dans un contexte de confinement quasi-fantoche et d’agitation des esprits…

Les chiffres consolidés du Covid-19 ne sont pas à la baisse en Guyane contrairement à ce qu'espéraient les autorités en début de semaine dernière au moment de la décision de maintien des ...

Interview de Gabriel Serville : TVA, évolution statutaire, immigration …

Le député Gabriel Serville (Peyi Guyane), figure politique à l’itinéraire morcelé, s’est lancé dans la bataille des élections territoriales à la tête de la liste « Guyane Kontré pour ...

Toutes les petites annonces ( 0 ) :

© 2021 Comimpex / Guyaweb . Tous droits réservés

Site Internet hébergé par Côté Cube