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Covid-19 au Suriname : un nouveau record de 48 morts en 6 jours, la morgue de l’hôpital de Wanica pleine, les cadavres pourraient être rendus plus vite aux familles pour éviter l’engorgement

Covid-19 au Suriname : un nouveau record de 48 morts en 6 jours, la morgue de l’hôpital de Wanica pleine, les cadavres pourraient être rendus plus vite aux familles pour éviter l’engorgement

Le Covid-19 poursuit ses ravages au Suriname : entre 40 et 50% de nouveaux positifs en moyenne lors des tests depuis 15 jours, les hôpitaux saturés, des gens touchés par le Covid qui meurent chez eux faute de place à l’hôpital, des morgues pleines…

Ce pays de 590 000 habitants qui déplorait 204 morts Covid entre mars 2020 et fin avril 2021 est passé à 302 morts cumulées fin mai (98 de plus en un mois).

Et le mois de juin est parti sur des bases encore plus élevées : 48 morts Covid entre le 1er et le 6 juin au Suriname.

11 personnes de plus sont décédées victimes du Covid-19 sur les dernières 24 heures au Suriname, ont déploré dimanche les autorités sanitaires.

Le nombre de décès pour les 6 premiers jours du mois de juin s’élève déjà au chiffre vertigineux de 48 au regard de la population modeste de ce pays.

C’est comme si la Guyane avait déploré 24 morts Covid ces 6 derniers jours. La Guyane en a tout de même déploré 5 de plus ces deux à trois derniers jours.

Au total, au 6 juin, 350 décès ont été déplorés au Suriname depuis mars 2020. Ce nombre était de 204 au 30 avril.

Sur ces 5 dernières semaines, le nombre de morts Covid du Suriname représente 71,6% des morts des… 14 mois précédents (146/204)

Et le nombre de morts est de plus en plus élevé en moins en moins de temps : si le mois de mai aura été un mois macabre record avec 98 décès Covid, en 6 jours de juin (48 morts) la moitié de ce chiffre record est déjà quasiment atteinte au Suriname.

Evidemment, ceci dans un contexte de variant préoccupant brésilien et de sous-vaccination dans ce pays (le Guyana à côté, davantage vacciné, ne déplore pas des chiffres aussi catastrophiques en l’état).

Dimanche, un patient Covid est même décédé à la…. Chambre de commerce et d’industrie de Paramaribo où des personnes infectées ont récemment été prises en charge faute de place dans les établissements de soins.

249 nouvelles personnes ont été confirmées infectées dimanche par le coronavirus sur 517 personnes testées. Le taux de nouveaux positifs est de 48,2 %.

268 patients Covid sont dans les hôpitaux et 34 patients sont toujours traités dans les unités de soins intensifs (équivalent réa) pour d’une capacité sur-sollicitée de 32 places et ce, en dépit des 11 morts Covid de plus en 24 heures.

La morgue de l’Hôpital Régional de Wanica est pleine, a révélé dimanche De Ware Tijd. A un tel point que deux conteneurs réfrigérés ont été acheminés sur le site pour y placer des cadavres.

Interrogé par De Ware Tijd, le ministre de la Santé publique, Amar Ramadhin a déclaré que samedi dans la morgue de l’hôpital de Wanica 47 corps de personnes décédées du Covid-19 étaient dénombrés, pour partie dans un conteneur réfrigéré.

Il s’agirait de corps sans vie de personnes décédées du Covid qui étaient à la morgue depuis un certain temps, rapporte De Ware Tijd, sans plus de précision.

Vu la gravité de la situation au Suriname, les proches des défunts Covid sont désormais appelés à entamer immédiatement les préparatifs de l’inhumation ou de la crémation dès qu’ils sont informés du décès de leur proche. « Sinon, nous aurons des situations chaotiques où nous ne pourrons plus disposer les corps de manière digne », a dit redouter le ministre.

Selon le protocole en vigueur au Suriname, les corps des morts du Covid-19 ne sont remis à leurs proches que quatre à cinq jours après le décès, car le cadavre reste, plusieurs jours, toujours très contagieux, avance De Ware Tijd et ne peut pas être touché.

Si le nombre de décès augmente encore au cours de la période à venir et que la capacité de la morgue subit de nouvelles tensions, les cadavres pourraient être remis aux proches trois jours après le décès (au lieu de 4 ou 5 jours) après consultation du procureur général, a encore déclaré le ministre Ramadhin.

Tout le monde constate les dégâts que fait le Covid-19, donc l’on va devoir se protéger en masse (le ministre de la Santé Amar Ramadhin)

Le ministre du Suriname s’est dit satisfait de l’afflux inédit de population vers la vaccination ce week-end : « C’est une réponse de la population à l’augmentation des cas. Tout le monde constate les dégâts que fait le Covid-19, donc l’on va devoir se protéger en masse», précise le ministre qui fait référence selon De Ware Tijd aux Antilles néerlandaises, aux États-Unis, à Israël notamment où il y a eu vaccination de masse, avec des résultats très encourageants.

Amar Ramadhin espère que la tendance à l’augmentation de la vaccination va se poursuivre avec, dans ce cas, l’objectif affiché d’obtenir la vaccination de la majorité de la population surinamaise dans 2 mois et demi.

Un écueil subsiste toutefois en matière de politique vaccinale surinamaise : le stock de vaccins est encore en quantité limitée et il est prévu qu’il soit reconstitué dans la semaine avec la fourniture d’environ quarante mille doses de vaccin AstraZeneca en provenance des Pays-Bas.

Le Suriname espère toujours recevoir cent mille doses de Sinopharm en provenance de Chine. «Nous essayons actuellement d’en recevoir le plus possible», a noté le ministre.

FF

«Quand j’étais sous la douche, j’avais l’impression de ne plus pouvoir respirer.»

De Ware Tijd, dans un autre article, raconte le calvaire d’une femme, Elvira Denz-Sabajo, qui a contracté le Covid-19 au Suriname alors qu’elle était enceinte.

Une lutte de trois semaines à l’hôpital du 24 avril à la mi-mai : «J’ai cru que je ne survivrais pas.», a-t-elle confié à De Ware Tijd, estimant devoir son salut à «la grâce de Dieu».

Au départ, elle pensait avoir une grippe bénigne et ne s’en inquiétait pas beaucoup. Son état se serait même amélioré au bout de quelques jours, mais cette amélioration n’a pas duré.

«Quand j’étais sous la douche, j’avais l’impression de ne plus pouvoir respirer.», a-t-elle confié

Une sœur, aide soignante, lui conseille alors qu’Elvira (dont l’âge n’a pas été précisé) se trouve à un stade de grossesse bien avancé, de se présenter à l’hôpital. Cette visite se transforme immédiatement en admission.

Le 24 avril, les hôpitaux du Suriname ne sont pas encore pleins. A l’époque le pays en est à environ 200 morts Covid en 14 mois.

Le lendemain, Elvira Denz Sabajo est testée positive au Covid alors qu’elle avait même pensé les jours précédents que son mauvais état de santé pouvait être lié à sa grossesse.

A l’hôpital, la respiration – sans compter la toux douloureuse – est devenue de plus en plus difficile : «J’ai cru que je ne survivrais pas. J’ai paniqué parce que je ne pouvais pas respirer. Je me battais vraiment contre moi-même !» se souvient-elle.

En raison de l’aggravation de ses problèmes respiratoires dans un contexte de Covid-19, elle est alors transférée de l’hôpital Lands à l’unité de soins intensifs de l’hôpital universitaire de Paramaribo où elle est ventilée. Mais cela n’améliore pas l’état général. «Le bébé ne recevait pas assez d’oxygène», raconte-t-elle.  Les médecins ont dès lors avancé de 4 semaines l’opération prévue (césarienne), rapporte De Ware Tijd.

A cette époque, son mari et ses deux enfants sont eux aussi été testés positifs. Mais ils ont une forme de la maladie plus légère.

Après l’opération, Elvira est retransférée à l’hôpital Lands pour sa convalescence. Au total, elle aura passé trois semaines à l’hôpital.

«Pendant ces trois semaines, c’était Dieu et moi seul. Toutes sortes de choses m’ont traversé l’esprit, comme : «Vais-je sortir en un seul morceau ou pas (…) Parfois j’ai halluciné : j’ai vu soudainement mon fils devant moi et je l’ai envoyé se laver, alors qu’il n’était pas du tout là», raconte-t-elle.

Elvira ignore où elle a contracté le virus : «Je travaille dans une pharmacie et j’entre en contact avec différentes personnes là-bas, mais à la pharmacie, on est toujours en train de désinfecter et d’appliquer les mesures. Je ne vais pas vraiment dans d’autres endroits.».

Son mari Julio préfère ne pas trop parler de cette période qu’il préfère oublier, note De Ware Tijd.

Selon lui, les médecins étaient à un moment donné pessimistes quant à l’état de santé de son épouse.

Pour Julio, les médecins et les infirmières des deux hôpitaux l’ont aidée à garder la vie sauve : «Ils ont vraiment fait tout ce qu’ils pouvaient.».

 

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