Identifiez-vous

Mot de passe oublié ?

Publicité Guyaweb

17 cas de variants préoccupants confirmés ou suspectés en Guyane : 8 de VOC britannique et 4 de VOC brésilien P1 de Manaus sont confirmés, 5 autres cas de P1 sont fortement soupçonnés !

17 cas de variants préoccupants confirmés ou suspectés en Guyane : 8 de VOC britannique et 4 de VOC brésilien P1 de Manaus sont confirmés, 5 autres cas de P1 sont fortement soupçonnés !
L'ARS dit surveiller les «contacts warning» !

Les autorités de Guyane confirment 8 cas de variant préoccupant britannique avérés sur le territoire dont 6 importés (et deux encore investigués sur ce point) s’agissant des personnes atteintes par le Covid-19 concernées et 9 cas confirmés ou soupçonnés de variant préoccupant P1 brésilien dit de Manaus, dont trois importés.

Explications.

Les cas de variants préoccupants confirmés en Guyane augmentent, révèle le point épidémiologique hebdo de Santé Publique France (antenne de l’ARS) bouclé jeudi 11 mars adressé ce vendredi aux médias.

12 cas de variants préoccupants (VOC, variant of concern) étaient confirmés au mercredi 10 mars (très probablement par séquençage, ce que ne précise pas pour toutes les confirmations, le point épidémiologique hebdomadaire de Santé Publique France qui dévoile assez sommairement ces cas).

Sur ces 12 cas confirmés, huit sont des cas de variant britannique préoccupant (20I/501Y.V1), quatre sont des cas de variant préoccupant brésilien P1 de Manaus (20J/501Y.V3).

Il s’agit de variants possédant plus de mutations (17 pour le variant brésilien selon une étude d’un collège de scientifiques, voir cet article) et susceptibles d’être plus contagieux et probablement de pouvoir résister à une précédente infection au Covid-19.

A cela s’ajoute 5 cas supplémentaires de VOC fortement soupçonnés suite à des tests de PCR criblage : ce type de test ayant considéré avoir détecté, à chaque fois, soit le variant P1 brésilien de Manaus, soit le variant sud-africain (20H/501Y.V2).

Ce qui s’explique, par ce que nous avait indiqué le Dr Mirdad Kazanji, virologue et directeur de Pasteur à Cayenne courant février : «S’agissant de criblage, ce test permet de fortement soupçonner soit, d’une part, le VOC britannique soit, d’autre part, le VOC brésilien P1 de Manaus ou le VOC sud-africain à partir d’identification de mutation(s) commune(s). Après il faut avoir confirmation de ce type de suspicion par séquençage», estimait-il.

Et le point épidémio de l’ARS annonce donc d’ores et déjà (voir ci-dessus) qu’il ne s’agit que des prémices d’une série en cours : «D’autres prélèvements sont en cours d’analyse susceptibles de faire évoluer le bilan présenté dans ce point épidémiologique».

Les cas de variants détectés en Guyane bénéficient d’un suivi renforcé. Le contact tracing se transforme en contact warning (ARS Guyane)

En revanche, hier jeudi, nous avons soulevé cette question-constat à l’ARS : «Il y a très peu d’information publique quant aux cas de variants préoccupants en Guyane. Où se situent-ils géographiquement ? Comment techniquement sont-ils circonscrits ? Un isolement contrôlé (en centre, autre ?) est-il pratiqué? Dans les bungalows de Sinnamary, occupés par des demandeurs d’asile évacués de la pointe Buzaré, ce n’est par exemple plus possible… A Mayotte par exemple, la situation avait explosé d’un coup. Le Brésil voisin est débordé…»

L’ARS a fait part de cette réponse en fin de journée hier : «Nous communiquons dans le point épidémiologique dès que nous avons des éléments consolidés concernant les variants. Les cas de variants détectés en Guyane bénéficient d’un suivi renforcé. Le contact tracing se transforme en contact warning, c’est-à-dire que les contacts de contacts sont également contactés afin de limiter au maximum le risque de diffusion».

Les contacts des contacts sont encouragés à télétravailler, à réduire leurs contacts sociaux durant 7 jours (ARS Guyane)

Avant d’ajouter : «Le contact tracing est renforcé et un contact warning est également mis en place à savoir les contacts des contacts sont encouragés à télétravailler, à réduire leurs contacts sociaux durant 7 jours, à renforcer les mesures barrières et à faire un test dès qu’un symptôme apparait. La possibilité de s’isoler à l’hôtel est toujours disponible par ailleurs».

Vaste programme.

Mais l’ARS ne dit (plus) rien quant aux secteurs géographiques et/ou aux communes de Guyane touchés par ces cas de variants préoccupants (au contraire du Brésil).

Et pas grand chose sur les parcours de ces cas. Il ne faut pas désespérer Billancourt.

Et ce, dans un contexte en trompe-l’œil en Guyane où les gestes-barrières et les taux de positifs n’ont jamais été aussi bas, hormis sur le Haut Maroni (s’agissant du taux de positifs) et notamment Papaïchton très gangréné par l’orpaillage illégal (sans que l’on sache en l’état si les faits peuvent être liés).

71 nouveaux cas ont été déclarés positifs du 5 au 11 mars sur 3 237 tests réalisés soit 2,2% des cas, selon le Covid-Info hebdomadaire des autorités, paraissant le vendredi.

Le point de situation interne (PSI) des autorités sanitaires du mardi 9 mars que Guyaweb s’est procuré, offrait ces deux tableaux comparatifs, relatifs aux taux d’incidence et de nouveaux positifs, de la semaine du dimanche 21 au samedi 27 février puis de celle du dimanche 28 février au samedi 6 mars (semaine dernière).

Des taux de nouveaux positifs précisés par le point épidémio bouclé jeudi 11 mars par Santé publique France :

Sur l’île de Cayenne (Matoury, Rémire, Cayenne) : «En S09 (du lundi 1er au dimanche 7 mars, ndlr), le taux de positivité était de 2,1 % contre 2,5 % en S08 (celle du 22 au 28 février, ndlr)»

Sur le littoral Ouest (Saint-Laurent, Mana, Awala), le nombre de positifs était tombé la semaine dernière à «3,7 %, contre 9,4% en S08» mais sur un nombre riquiqui de tests sur ce secteur puisque seuls 10 nouveaux cas y ont été déplorés entre le 1er et le 7 mars selon les autorités sanitaires. Soit, pour un taux de 3,7% de positifs, un ordre de grandeur de seulement 270 tests.

Sur le secteur des Savanes (Macouria, Kourou, Sinnamary, Iracoubo), le taux de nouveaux positifs demeurait un peu plus élevé la semaine dernière : «En S09, le taux de positivité était de 5,7 % contre 6,5% en S08», note sur le sujet le point épidémio de jeudi.

Le taux de positifs a augmenté, en revanche, la semaine dernière, sur le secteur dit Maroni (Apatou, Grand Santi, Maripasoula, Papaïchton) principalement en raison d’une addition de cas sur Papaïchton : 6 sur les 9 trouvés.

«En S09, 9 cas ont été confirmés sur le Maroni (dont 6 à Papaichton), contre 2 en S08. En S09 le taux de positivité était de 13% contre 6% en S08» note ainsi le point épidémio de jeudi. Des chiffres qui démontrent, là encore, un faible nombre de tests : autour de 69 ou 70 tests sur toute cette région, la semaine dernière, selon une règle de trois.

L’ARS ne communique plus non plus sur le ou les possibles morts guyanais ayant contracté un variant préoccupant.

Il y a quelques semaines, Guyaweb avait recoupé le cas d’une dame de 61 ans ayant contracté le VOC britannique, décédée en réanimation le 2 février à l’hôpital de Cayenne. L’ARS qui communiquait alors sur les parcours avait indiqué que cette dame était passée par Dubaï. Comme trois autres au demeurant d’un âge proche de cette dernière (entre 57 et 62 ans), atteintes par le même variant, d’abord par suspicion après criblage, les 4 cas ayant été confirmés par séquençage avait ensuite annoncé l’ARS par SMS et Whatsapp le 22 février.

En revanche le point épidémio hebdo de cette semaine s’avance déjà sur le fait que les 5 cas suspectés de VOC après criblage soient 5 cas de plus du variant brésilien P1 du de Manaus.

Si cette très forte suspicion au 10 mars venait à être confirmée, cela porterait à 9 à cette date, le nombre de cas de variant préoccupant P1 brésilien détectés en Guyane et à 8 celui de cas de variant préoccupant britannique.

«Les investigations épidémiologiques» des 9 cas de VOC P1 de Manaus (fortement présumés pour 5 d’entre eux au 10 mars, confirmés pour les 4 autres) «ont identifié que trois parmi ces cas étaient importés», note sur le sujet le point épidémio (voir ci-dessous) confirmant ce que révélait déjà en partie Guyaweb la semaine dernière (voir cet article).

«Pour les 6 autres, aucun lien avec un voyage n’a pu être identifié» note le point hebdo de Santé Publique France qui avance. : «Cela suggère une faible circulation» du variant préoccupant P1 sur le territoire guyanais, détecté «dans 9% des séquençages et PCR criblage (ce qui n’est pas rien, ndlr) en semaine 08», soit la dernière semaine de février, précise le document.

S’agissant des 8 cas de variant préoccupant britannique en Guyane (dont un décès avéré à notre connaissance le 2 février), six sont des cas importés note le point épidémiologique ci-dessous, dont 4 passés par Dubaï (donc forcément Paris).

Pour les deux autres cas de variant britannique en Guyane, les investigations pour déterminer s’il s’agit également de cas importés, n’étaient pas encore terminées mercredi en fin de journée :

En matière de vaccinations anti-Covid, selon l’ARS sollicitée par l’auteur de ces lignes sur ce point, au mardi 9 mars, en Guyane, «6302 personnes» avaient reçu leur première injection et «1587» avaient reçu leurs deux injections (première et rappel).

En matière de nombre de premières injections avancées, il doit y avoir une co[q]uille quelque part puisque le point épidémio du 11 mars relatif aux opérations vaccinales détaille l’état des lieux suivant au 10 mars :

Le Dr Olivier Angenieux (1) médecin coordonnateur à l’Ehpad de Saint-Laurent du Maroni qui défend la vaccination massive pour sortir de cette épidémie de Covid en Guyane, nous indiquait début mars : «en médecine, tout est question de balance bénéfices/risques. Lorsqu’un médecin prescrit n’importe quel médicament, il faut que les bénéfices apportés par ce médicament soient supérieurs aux risques potentiels (…) Là, en l’occurrence s’agissant de ce vaccin, la balance bénéfices/risques est largement positive: d’un côté, on a un virus potentiellement mortel et qui tue préférentiellement les personnes âgées et les gens fragiles et qui a tué près de 3 millions de personnes dans le monde et près de 90 000 en France (…) Or, à l’heure actuelle, il n’y a pas de traitement spécifique donc le seul espoir à la fois de protéger les gens les plus fragile et de sortir de cette crise à la fois sanitaire, sociale et économique, c’est le vaccin».

Ce qui est fou c’est que les gens acceptent de se faire vacciner contre la fièvre jaune (…) obligatoire pour voyager en Guyane alors que -potentiellement- c’est un vaccin plus dangereux que le vaccin contre le Covid

«Et c’est un vaccin, poursuit le médecin, qui a été testé et injecté comme jamais vu l’ampleur de la pandémie, en essais thérapeutiques puis en phase vaccination (…) et qui a montré que le vaccin (utilisé en Guyane, ndlr) est efficace à 95%. Il n’y a jamais eu autant de gens vaccinés en même temps sur la planète. S’il y avait une dangerosité (immédiate, ndlr) de ce vaccin, on le saurait déjà puisque près de 200 millions de personnes ont été vaccinées dans le monde dont plusieurs millions déjà en France (plus de 4,3 millions en France ont reçu leur première dose au 12 mars, plus de 2 millions les deux doses, ndlr). Ce qui est fou c’est que les gens acceptent de se faire vacciner contre la fièvre jaune qui est un vaccin obligatoire pour voyager en Guyane alors que -potentiellement- c’est un vaccin plus dangereux que le vaccin contre le Covid puisque le vaccin contre la fièvre jaune c’est le virus relativement atténué. Mais il est obligatoire donc les gens le font. Et si le virus contre le Covid était obligatoire, les gens le feraient. C’est ce qui va finir par arriver d’ailleurs. Parce qu’à terme, il y aura un passeport vaccinal. Pour aller en Europe, pour aller n’importe où…»

FF

Vous êtes abonné(e) Identifiez-vous

Mot de passe oublié ?

Pas encore abonné(e) ? Abonnez-vous

Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à l’intégralité de Guyaweb

Abonnez-vous

7 commentaires

  • EL MATADOR
    13 mars 2021

    Ce n’est qu’un début, ça va commencer à monter tout doucement puis soudain de plus en plus vite avant de saturer les hôpitaux, il y aura des morts hélas…
    Et dire qu’on aurait pu l’éviter si on avait vacciné la population à temps…
    Même si tout le monde se réveillait maintenant, on aurait de toute façon plus le temps de vacciner la population à temps.

  • le Jaguar
    15 mars 2021

    Selon un communiqué de presse du conseil d’état en date du 12 mars 2021, s’agissant des motifs impérieux pour voyager : le Conseil d’État suspend cette obligation pour les Français rentrant de l’étranger, mais la maintient pour les voyages vers les Antilles françaises.S’agissant des déplacements entre la métropole et les Antilles françaises, ainsi qu’entre les collectivités antillaises elles-mêmes, le juge des référés relève que la mesure a essentiellement pour effet d’empêcher l’arrivée des touristes. Le juge des référés en déduit qu’au vu du risque élevé de saturation des lits de réanimation en cas de remontée rapide du taux d’incidence, l’obligation de justifier d’un motif impérieux pour tout déplacement entre le territoire métropolitain et les Antilles, ainsi qu’entre la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin et Saint Barthélemy (sauf entre Saint-Martin et Saint-Barthélemy), n’est pas manifestement illégale.
    Question: Quid de la guyane dont la situation n’est absolument pas évoquée dans ce communiqué et qui n’est concernée ni par un taux d’incidence élevé, ni par un possible afflux massif de touristes ?

  • FF
    15 mars 2021

    C’est peut-être lié au fait que la requête concernait tel endroit, le juge répond à tel moyen soulevé dans la requête. Si la Guyane n’est pas mentionnée statu quo. Ou alors il faut déposer une requête…

  • GZ
    15 mars 2021

    Un petit article sur les complotistes suite à la suspension d’AstraZeneca ?

  • GZ
    17 mars 2021

    Alors, à part la Belgique et la Corée du Sud, tous complotistes ?

Articles associés :

Suriname : 204 morts Covid de mars 2020 à fin avril 2021, en mai 98 morts, un record mensuel déjà battu : 141 décès du 1er au 18 juin et un parlementaire antivax !

Au Suriname, le nombre de décès Covid poursuit son affolante ascension. Ce pays avait déploré 204 morts Covid de mars 2020 à fin avril 2021, en 14 mois donc. Le mois suivant, en mai, il y aura...

Assiduité des élus à la CTG : Ringuet, Phinéra-Horth et Briolin à la traîne

A l'occasion des élections territoriales dont le premier tour est prévu ce dimanche 20 juin, Guyaweb s'est penché sur l'assiduité des 51 conseillers de la Collectivité territoriale de Guyane ...

L’enquête judiciaire pour suspicion de «favoritisme» est bouclée dans l’affaire qui vise Gabriel Serville, signataire, fin 2014, d’une convention pour la mairie de Matoury avec l’avocat Olivier Taoumi pour 9500 € mensuels d’honoraires

L'enquête judiciaire sur les conditions d'attribution d'une rémunération mensuelle nette de 9500 euros par la mairie de Matoury, théoriquement durant 38 mois, à Olivier Taoumi, entre fin 2014 et ...

Covid-19 : les chiffres ne sont pas rassurants, les indicateurs restent élevés dans un contexte de confinement quasi-fantoche et d’agitation des esprits…

Les chiffres consolidés du Covid-19 ne sont pas à la baisse en Guyane contrairement à ce qu'espéraient les autorités en début de semaine dernière au moment de la décision de maintien des ...

Interview de Gabriel Serville : TVA, évolution statutaire, immigration …

Le député Gabriel Serville (Peyi Guyane), figure politique à l’itinéraire morcelé, s’est lancé dans la bataille des élections territoriales à la tête de la liste « Guyane Kontré pour ...

Toutes les petites annonces ( 0 ) :

© 2021 Comimpex / Guyaweb . Tous droits réservés

Site Internet hébergé par Côté Cube