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La biodiversité, filière du décollage économique

La biodiversité, filière du décollage économique

La biodiversité guyanaise, un des leviers du développement économique et social, est valorisée dans un rapport rédigé par deux missionnaires du Conseil général de l’environnement et du développement durable (Ministère de l’environnement) venues du 9 au 17 mars, au début des mouvements sociaux.

Geneviève Besse, conseillère stratégique, et Mauricette Steinfelder, inspectrice générale au Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), présentent dans ce rapport «un plan d’actions opérationnel et argumenté qui permettrait de faire de la biodiversité guyanaise un levier de développement économique et social futur».

D’une quarantaine de pages et rendu public en mai dernier, ce rapport présente une analyse du contexte économique et social guyanais, chiffres et éléments de compréhension à l’appui.

«La mission s’est attachée à répondre à la commande ministérielle en associant de près les acteurs locaux : les services de l’État et ses établissements publics, tels le parc amazonien de Guyane (PAG), l’Office national des forêts (ONF), l’Agence française de développement (AFD), des élus, des représentants du monde économique et social, des chefs d’entreprises, des représentants de l’université de Guyane et d’organismes de recherche, et des associations» expliquent-elles dans ce document qui puise à la source de lectures et de rencontres avec les acteurs locaux.

L’objectif est de «répondre aux enjeux auxquels ce territoire est confronté en valorisant et en préservant sa richesse naturelle exceptionnelle».

Cinq filières d’activités dans le domaine de la biodiversité se révèlent être des leviers du développement économique et social. Il s’agit de la recherche scientifique et des biotechnologies, de la forêt et du bois, de l’écotourisme, de la pêche et de l’agriculture durable.

A titre d’exemple, dans la filière de l’écotourisme, le rapport préconise son développement par la valorisation de produits touristiques attractifs, basée sur le respect des populations et des milieux naturels. Une des recommandations est de développer un écotourisme haut de gamme autour de quelques « hot spots » de biodiversité, par exemple Petit Saut ou les Marais de Kaw, et aussi de développer des offres pour répondre à des demandes et à des budgets variés.

« La filière de l’écotourisme peut être considérée comme une filière d’avenir pour la Guyane, pourvoyeuse d’emplois et créatrice de richesses. Le tourisme occupe déjà une place importante dans l’économie guyanaise ; elle représente la deuxième filière économique du territoire avec 9 % du PIB en intégrant les comptes satellites du tourisme. La demande globale était évaluée à 110 000 visiteurs en 2012. Cependant la filière apparaît fragile dans un contexte où des pays d’Amérique latine (Costa Rica) et des Caraïbes ont développé des offres de grande qualité et très compétitives en matière d’écotourisme, sans parler de celle du Zimbabwe en Afrique.»

Photo de Une : Canopé, camp écotouristique sur le fleuve Kourou en Guyane

La biodiversité guyanaise, un des leviers du développement économique et social, le rapport à lire ici

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12 commentaires

  • Tourisme vert?
    Si la guyane attirait les touristes, ça se saurait… hélas notre réputation est plus un enfer vert qu’un jardin d’Eden.
    De plus les évènements de mars dernier n’ont pas arrangé les choses.
    Et le prix de la main d’oeuvre termine d’achever toute initiative de bio tourisme, nous ne sommes pas compétitifs par rapport aux autres pays.
    Développer la guyane avec ça n’est qu’une belle illusion. Irréaliste!

  • palmito973

    de la théorie à la pratique…aucune donnée intégrant le caractère TEMPS et les fluctuations politiques au plus haut sommet de l’Etat qui empêche toute programmation économique raisonnée…

  • Un écotourisme « haut de gamme » ? toujours la folie des grandeurs ;-)))
    Commençons par développer un écotourisme de base avec un accueil digne de ce nom (sans regard de cerbère et pause sandwich d’une heure) et une sécurité garantie, aussi bien en ville qu’en forêt. Nous en sommes loin , sauf à transformer les placers clandestins en camps touristiques.
    Concernant la recherche scientifique et les biotechnologies, ce serait une bonne idée si seulement les scientifiques ne se contentaient pas de faire 15 jours de récolte en Guyane pour aller analyser et exploiter les résultats ailleurs. L’université amazonienne, c’est encore possible ?
    Le secteur de la pêche ? combien de jeunes guyanais sur les bateaux ?
    L’orpaillage ? on n’en parle plus. Rien à voire avec les multinationales…

  • Nemo

    À 50€ une sortie aux îles, 35€ pour l’ilet, une centaine d’euros pour Kaw, c’est vrai que l’on peut faire encore plus haut-de-gamme pour dégoûter définitivement les résidents et leurs invités de passage de découvrir la Guyane. Si encore les prestations étaient à là hauteurs de ces tarifs prohibitifs… Et que dire des restaurateurs qui vous assaisonnent plus que leurs plats souvent insipides et sans créativité ? Il reste que entre une nature souillée par des malpropres, des braquages lors des pontes sur les plages, une cheville coincée dans un trottoir de Cayenne, des junkies faisant un strip-tease dans les rues quand ils ne vous crachent pas dessus, des barrages à péage, les touristes n’ont que l’embarras du choix. Haut-de-gamme, dites-vous ?! J’hésite entre pathétique et utopique…

  • A mon sens il faudrait organiser encore un peu plus de « voyages d’études » dans les lodges somptueux de nos voisins ! clin d’œil au Comité du tourisme de Guyane ….33 millions pour pondre « Guyane personne ne vous croira »

  • Jmc

    Après tout pourquoi pas si ce n’est que les lourdeurs administratives pèsent sur tous les projets en sus des difficultés financières et d’accès.
    Ce rapport le stipule d’ailleurs.
    Alors on a l’impression de se marcher sur la queue ou de tourner en rond. Pour certains du libéralisme à tout crin c’est impensable, pour d’autres sans études approfondies ni garde fous il vaut mieux ne rien faire. La vérité est certainement au milieu comme souvent mais de là à dire qu’il y aurait un gisement d’emplois conséquent pour une population très peu formée c’est difficile à croire hélas.

  • xxx973

    quel optimisme …..

  • karomama

    J’ai lu le rapport.
    le constat est posé…
    les préconisations faites…
    Voeux pieux…car couteux !
    On reprend tout ce pourquoi la guyane s’est levée pour avancer avant de s’enliser …
    Un rapport de plus qui ne va pas faire avancer le schilimbiling mais qui a le merite d’exister…

  • Francois

    « schmilblick », cher Karomana: schmilblick.
    https://www.youtube.com/watch?v=bUdhyn2HofE

  • karomama

    Merci cher françois pour cette précision sketch onoubliable de coluche avec le père…(?)

  • Macanahan

    Un bon d’optimisme! Il se passe de belles choses en Guyane concernant le potentiel de valorisation de la biodiversité, ce rapport a le juste mérite de les mettre en avant. On est enlisé, et bien continuons de cracher dans la boue qui nous entoure, si ça permet de se sentir exister…

    • C’est vrai, comme vous le dites si bien, ce rapport a le mérite d’exister. Souhaitons que ce ne soit pas qu’un rapport de plus, bien fait, mais vite fait. En effet, si la biodiversité a été découverte dans les années 1990 (sic p 11) et au vu du nombre de vaillants chercheurs qui circulent sur le territoire depuis, on peut s’interroger sur le pourquoi du comment nous sommes enlisés dans la boue à ce point ? Sauf à avoir ses centres d’intérêt très loin d’ici. Et ce n’est certainement pas un rapport de plus avec ses vœux pieux qui nous en sortira.
      Sans rire :-))) Comment lire sérieusement un document censé être une référence lorsque vous y lisez qu’il faut développer la filière bois quand, sur les 3 malheureuses essences citées, les rapporteuses sont incapables d’en citer correctement 2 sur 3 ? elles nous parlent (p 34) de « grion franc » et de « gonfolfo » (Grignon, Gonfolo). Je ne suis pas menuisier, ni rapporteur, mais lorsqu’on traite d’un sujet d’importance, on fait à minima semblant de le maitriser.
      30 ans se sont écoulés depuis les années 90, et je crains fort que la montagne (d’or) n’accouche d’une souris de plus. Restons optimistes…

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