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8 morts Covid en 3 jours, du jamais vu en Guyane, avec une hausse des entrées en réa et des taux de positifs sur le littoral Ouest (19%) et les Savanes (14%), un taux stable sur l’île de Cayenne (12%) !

8 morts Covid en 3 jours, du jamais vu en Guyane, avec une hausse des entrées en réa et des taux de positifs sur le littoral Ouest (19%) et les Savanes (14%), un taux stable sur l’île de Cayenne (12%) !
Exclu Guyaweb : Maintenir les élections : est-ce bien raisonnable ?

Huit morts Covid à l’hôpital en Guyane du 5 au 7 juin. C’est du jamais vu sur le territoire en si peu de temps depuis le début de l’épidémie.

21 entrées en réa la semaine dernière c’est du tonneau du record et 101 personnes Covid hospitalisées hors réa en Guyane du 30 mai au 5 juin, c’est le second chiffre le plus important de cette troisième vague !

Ce mardi, le point de situation interne des autorités sanitaires que Guyaweb s’est procuré révèle une situation inquiétante et qui se dégrade, tout particulièrement dans l’Ouest guyanais, selon les chiffres consolidés de la semaine dernière.

On nous aurait menti ?

Eclairage.

Samedi 5 juin, un patient Covid de Guyane de 69 ans, est décédé au Centre hospitalier universitaire de la Martinique (CHUM) : il s’agit de l’un des quatre hommes évacués du service réa du centre hospitalier de Cayenne vers celui de Fort de France fin mai.

Le même jour, une femme de 46 ans seulement, atteinte d’une forme grave du Covid-19 est décédée au Centre hospitalier de l’Ouest guyanais (CHOG) de Saint-Laurent du Maroni.

Toujours ce samedi 5 juin, deux patients covid guyanais sont décédés au centre hospitalier de Kourou : un homme de 61 ans et un autre homme âgé pour sa part de 64 ans.

Dimanche 6 juin, c’est un patient Covid guyanais de 75 ans qui s’est éteint au centre hospitalier de Cayenne.

Hier lundi à l’heure où autorités administratives et élus débattaient sur l’impérieuse nécessité de maintenir le scrutin de juin, trois nouveaux patients Covid guyanais sont décédés, tous trois au centre hospitalier de Cayenne : et encore trois hommes, deux étaient âgés de 65 ans, un autre avait 92 ans.

Interrogée sur ce point, l’ARS n’a pas répondu en l’état quant aux éventuelles comorbidités de ces 8 personnes Covid décédées en 3 jours.

Parallèlement, 18 des 22 maires de Guyane ont voté hier pour le maintien des élections territoriales dans ce contexte sidérant. La plupart d’entre eux, si ce n’est la totalité, soutiennent Rodolphe Alexandre, candidat à sa propre succession à la tête de la collectivité territoriale

Seuls 2 maires ont voté contre : Sophie Charles, mairesse de Saint-Laurent du Maroni qui, il y a quelques mois a fait une forme assez sérieuse de Covid-19 et Jean-Paul Fereira maire d’Awala qui a publié en avril sur le mur Facebook de la municipalité dont il est à la tête depuis 2001, une photo de lui se faisant vacciner. Jean-Paul Fereira est aussi candidat à l’élection à la tête de la CTG.

Gabriel Serville, député, est candidat lui aussi à la présidence de la CTG : il s’est prononcé contre le maintien du scrutin soulignant la situation sanitaire.

Pour sa part, Harry Hodebourg colistier médiatisé du quatrième candidat au fauteuil de président de la CTG (Jessi Américain), écologiste proclamé et fan de sports automobiles, qui se met régulièrement en scène de manière clownesque sur son mur Facebook, et a aussi fait la publicité de sa vaccination, s’est déclaré pour le maintien de ce scrutin.

A ce jour, la Guyane est toujours sous-vaccinée contre le Covid-19 : 24 200 personnes arborent un schéma complet de vaccination (deux doses pour les personnes n’ayant pas contracté la maladie et une dose pour les personnes ayant déjà contracté la maladie)

Cela hisse à un petit 8,07 % le nombre de personnes considérées parfaitement vaccinées « en Guyane » en rapportant leur nombre à un quotient de 300 000 habitants, dont des personnes (données non fournies sur le sujet) n’habitant pas la Guyane mais venues s’y faire vacciner contre le Covid par avion depuis l’Hexagone (relire l’histoire de Gérard) ou par les frontières fluviales aisément franchissables du Brésil et au Suriname.

Je ne suis pas vacciné mais je ne suis pas contre la vaccination

Reste aussi à démêler l’objectif du contre-pied érigé en système de certains militants locaux pompiers-pyromanes demandant plus de moyens aux autorités étatique contre le Covid tout en préconisant et en manifestant pour la libération de la circulation et des rassemblements, tout en portant le masque à géométrie variable, tout en rejetant la vaccination. Un état d’esprit un rien contradictoire voire confus. Au final, un manque de force de proposition sensée de ce pan de la société et un message ambigu martelé qui brouille les cartes, se désolent des médecins et scientifiques consultés par nos soins sur place.

Pour donner une idée, Guy Frédérick de l’association locale « Droit à la santé pour tous», un proche de l’association Trop Violans, confiait récemment à l’auteur de ces lignes : « moi je ne suis pas vacciné mais je ne suis pas contre la vaccination. J’ai conseillé à ma mère qui a 90 ans de se faire vacciner, elle m’a répondu non : négatif ».

Sur les trois mêmes derniers jours, le Suriname voisin où la situation est jugée catastrophique (hôpitaux saturés, morgues pleines, gens qui meurent à domicile faute de place) a déploré 23 morts Covid (7 samedi, 11 dimanche, 5 lundi).

Plus largement, l’on a déploré 13 morts Covid en Guyane du 31 mai au 7 juin.

Il y a eu 53 décès du 1er au 7 juin -nombre record sur une si courte période dans ce pays- au Suriname en proie au chaos. Un rapport de 1 à 4 alors que le rapport de population de ces deux territoires est de 1 à 2 ( 300 000 habitants en Guyane, un peu plus de 590 000 au Suriname). Le gouvernement du pays voisin tente d’y inciter une vaccination -encore moins courue qu’en Guyane pour l’heure- mais qui s’y est accélérée ce week-end selon la presse locale. Au Guyana, par exemple, plus vacciné que le Suriname, la situation est moins dramatique.

On notera juste -même si ce n’est pas encore significatif- que sur les trois derniers jours (5 au 7 juin), ce rapport est passé de 1 à 3 : 8 morts Covid en Guyane contre 23 au Suriname.

Pour ce qu’il en est des patients de Guyane, en dépit de 8 morts en trois jours (dont un décédé en Martinique), le nombre de patients Covid souffrant de grave insuffisance respiratoire et admis en réanimation, s’élevait encore à 32 lundi soir ou mardi matin.

Deux des quatre patients Covid de Guyane évacués en Martinique fin mai depuis la réa de l’hôpital de Cayenne ne sont âgés respectivement que de 32 et 38 ans.

Guyaweb s’est procuré ce mardi, les toutes dernières tendances consolidées des autorité sanitaires et elles sont loin d’être rassurantes : un taux de nouveaux positifs s’élevant à 19% sur le littoral Ouest la semaine dernière (Saint-Laurent du Maroni, Mana, Awala) contre 16 % dans ce secteur la semaine précédente, un taux de 14% sur le secteur des Savanes (principalement Kourou/Macouria) en moyenne sur 7 jours du dimanche 30 mai au samedi 5 juin contre 12% du dimanche 23 au samedi 29 mai.

D’aucuns opposeront la stabilisation du taux d’incidence mais les épidémiologistes l’expliquent à leur manière : c’est logique il y a moins de tests ! Voir ci-dessous, l’analyse.

Le taux d’incidence étant -en gros- le nombre de nouveaux cas en une semaine en Guyane divisé par trois (pour être ramené à 100 000 habitants sur 7 jours glissants même si les autorités en Guyane prennent un quotient de population inférieur à 300 000 habitants remontant au déjà lointain recensement Insee au 1er janvier 2020) et c’est mathématique, s’il y a moins de tests, il y a moins de chance d’y avoir un important nombre de cas.

L’augmentation du passage aux urgences au Centre hospitalier de l’Ouest guyanais (CHOG) de Saint-Laurent est palpable sur ce document extrait du PSI de ce 8 juin. La semaine 22 représentant la semaine du dimanche 30 mai au samedi 5 juin.

 

L’analyse du point de situation interne souligne aussi la pression forte sur les hôpitaux mais encore plus sur la réanimation :

Cela est palpable sur cet autre extrait du PSI de ce mardi 8 juin :

Puisque les autorités confirment aujourd’hui 4 morts Covid, le samedi 5 juin (voir début de l’article), l’on peut considérer que le 4ème n’était pas encore effectif samedi au moment du bouclage de ce document.

Dans le PSI, les 4 morts de plus sont comptés sur la journée de lundi, voir (ci-dessous) le Covid-Info du mardi 8 juin détaillé dans le PSI commune par commune correspondant aux analyses-dépistages de la veille :

Guyaweb se base donc ici sur des données consolidées des autorités sanitaires.

A notre propre décompte, en ajoutant notamment des décès Covid  à domicile recoupés en Guyane, l’on en est au moins à 135 morts cumulés depuis le début de cette épidémie sur le territoire : c’est du jamais vu depuis 100 ans au moins pour un virus, notamment en Guyane, selon le virologue Mirdad Kazanji, directeur de Pasteur à Cayenne : un tel nombre de morts sur une si courte période (un peu plus d’un an).

Alors, vu l’ampleur de l’épidémie en cours et active en Guyane, s’agissant de l’avis du conseil scientifique (qui n’a néanmoins pas osé se prononcer) : sur quelles données tangibles s’est-il réellement basé ? Nous attendons un retour de cette entité.

Pour le reste : a-t-on à moitié menti hier au citoyen ? A-t-on minimisé la gravité de la situation ?

Concrètement, la situation ne semble pas meilleure qu’au cours de la première vague lorsque l’on avait reporté les élections municipales (juin 2020) : elle est pire en nombre de morts et en nombre de personnes en réa, elle est moins tendue en nombre d’hospitalisations en moyenne sur l’ensemble du territoire.

Mais à Saint-Laurent à la frontière du Suriname (pays en proie aux ravages du Covid) la situation à l’hôpital est tendue confirme donc le dernier point de situation des autorités sanitaires fraîchement sorti ce jour.

Sur le plan administratif sanitaire, faut-il donc comprendre le maintien des élections (sans préjuger du reste notamment du contexte politico-social) par ce constat : l’on serait un peu «moins tendu» que l’an dernier à la même époque (c’est à vérifier) en matière de réa par exemple (les 35 personnels soignants militaires arrivés en renfort début mai avec l’unité mobile de ventilation sont-ils toujours là ou repartis ?, a-t-on demandé à l’ARS) donc « la vie» continue l’on ose dire de manière un tantinet martiale, après avoir perdu des morts au combat et que l’on va continuer à perdre.

« On maintient les élections», dans un contexte pas simple, c’est un peu le sens de la déclaration du préfet Thierry Queffelec, Saint-Cyrien et ex-parachutiste, à Guyaweb hier : « le champ démocratique peut s’exprimer dans un état de Covid, c’est à dire organiser les élections (…) car il y a l’oxygénation nécessaire», avait indiqué le préfet avant d’admettre : «Il y a un émoi de la population et tout émoi est compréhensible mais ce que je voulais dire c’est que le mode d’une élection doit se faire même si l’on est sous une contrainte sanitaire très forte.»

Est-ce bien raisonnable ?

FF

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5 commentaires

  • elisa
    08 juin 2021

    Personne n’est obligé d’aller voter. Donc tous aux abris, étant vaccinée depuis le mois de mars, je garde mes distances et la politique peut aller se faire voir. Ceux qui n’ont pas voulu se faire vacciner alors tant pis pour eux, ils iront gonfler la liste des urgences. Je plains les soignants qui sont venus aider de métropole et leur dis bon courage; sans oublier les soignants de guyane qui je l’espère pour eux sont vaccinés.

  • FF
    08 juin 2021

    Au delà du jour du vote en Guyane, ne peut-on penser que ce qui peut s’avérer au moins autant délétère ce sont toutes ces réunions, rassemblements, démarchages, porte-à-porte, palabres, meetings, kermesses, festivités précédant le scrutin : donner le feu vert aux opérations électorales ne revient-il pas à accorder un blanc seing à la vie pré-électorale sous toutes ses facettes ? Ca on ne peut le nier, ça fait partie du truc…

  • Twinny
    08 juin 2021

    Merci au journal de nous éclairer de façon détaillée sur la situation de la pandémie sur le territoire.

    Je note un parti pris de certains médias pour relayer abondamment les déclarations de tous les anti vaccin et anti masque, les adeptes de « laissez nous vivre et aller et venir à notre guise ».

    C’est lamentable de voir que les élus ne prennent pas la parole pour inciter à la vaccination, ce qui pousse la population à s’opposer aux décisions de l’Etat.

    A la proche des élections ça craint, il y a une une conjonction pandémie et météo, qui pourrait se traduire par une forte abstention et cela risque de faire le jeu de la majorité sortante.

    L’électrochoc ? Augmentation du nombre de décès… mais peut-on le souhaiter ? Non

    En tous cas, j’ai pris mes dispositions.

  • EL MATADOR
    09 juin 2021

    D’un côté la dictature sanitaire qui fait le jeux des anti vaccins en mettant en prison les voyageurs vaccinés qui se rendent en métropole, de l’autre des inconscients.
    Le gouvernement porte une responsabilité sur la négation de la protection offerte par le vaccin.

  • Morvandiau
    09 juin 2021

    @El matador
    Clairement, les campagnes publicitaires pour la vaccination sont un fiasco. Elles mettent en avant la promesse de jours meilleurs, d’un retour à la liberté et aux contacts sociaux rapprochés.
    Vaccinez vous et retrouvez le bonheur.
    C’est une erreur : le vaccin ne rend pas heureux, il empêche de mourir quand on est une personne à risque.
    Il aurait fallu des spots publicitaires ciblés sur les personnes prioritaires, en appelant à leur propre responsabilité de se faire vacciner pour ne pas mourir ou se retrouver en réa sous oxygène pendant 3 semaines avec séquelles. Et là les gens s’interrogeraient pour savoir si ils sont à risque ou pas. Ce qui n’est toujours pas le cas actuellement car on vise bêtement la vaccination pour tous.
    Vaccin égal câlins…
    C’est d’une niaiserie sans nom en plus d’être visiblement inefficace.

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