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189 détenus ont bloqué la prison

189 détenus ont bloqué la prison

Le ton est monté d’un cran ce jeudi à la mi-journée à la prison de Rémire-Montjoly. La moitié des détenus des trois maisons d’arrêt ont protesté contre leurs « conditions de vie et d’hygiène ». Emboîtant ainsi le pas aux détenus du centre de détention, qui avaient mis sens dessus-dessous le centre pénitentiaire mardi pendant près de quatre heures.

Cette révolte, plus musclée que celle de mardi (Guyaweb du 16/06/15), n’a cependant fait que « trois blessés légers » parmi les détenus des suites de bagarres internes selon les autorités. « Quatre détenus ont été mis en garde à vue » à l’issue des incidents a rapporté le procureur Ivan Auriel, qui a mené avec le directeur de cabinet du préfet, Laurent Lenoble, les négociations avec onze porte-parole, pendant plusieurs heures. « Une autre procédure » sera ouverte après que deux détenus aient été ligotés pendant le mouvement, rapporte le procureur.

Un scénario qui se répète

En fin de matinée, la moitié des prisonniers des trois maisons d’arrêt, qui étaient alors « en promenade » ont refusé de rejoindre leur cellule. Une « cellule de crise » a alors été mise en place, avec aux commandes le directeur de cabinet du préfet, Laurent Lenoble, le procureur de la République Ivan Auriel et le directeur du centre pénitentiaire, Jean-Philippe Mayol. « Vingt pompiers, deux Smur et une centaine de gendarmes » ont été dépêchés en urgence sur les lieux, prêts à intervenir, selon le lieutenant colonel de gendarmerie Jean-Paul Malaganne

Mardi, soixante-quatorze hommes du quartier des longues peines s’étaient révoltés contre leurs conditions de vie, l’arrêt « d’activités » dans le centre-pénitentiaire et le gel des livraisons de « leurs cantines », consécutif au conflit social emmené pendant six jours par des grévistes et FO. Pour répondre à leur admonestation, Ivan Auriel et Laurent Lenoble ont accordé une réunion le 23 juin avec « quatre porte-parole » de la « mutinerie » pour entendre les doléances et faire des propositions.

A leur tour, ce jeudi, les prisonniers maintenus en détention provisoire, c’est à dire enfermés dans l’attente de leur jugement ou de la décision de la cour d’appel ont réclamé la même écoute.

Ils l’ont obtenue en bloquant le centre. Sur les trois quartiers concernés, un quartier est entré en résistance alors que le calme était à peu près revenu dans les deux autres zones. Les gendarmes sont alors intervenus, sans qu’il n’y ait de blessés selon Jean-Paul Malaganne.

« Ils ont réclamé l’amélioration des conditions de vie et d’hygiène » et la reprise « d’activités » commente le procureur, lequel a accordé une réunion avec les porte-parole des maisons d’arrêt. Mercredi, le représentant du syndicat Ufap, René Polydore confirmait sur Guyaweb l’insatisfaction qui imprègne le centre-pénitentiaire, de longue date, de part et d’autre des verrous. Il pointait du doigt « la politique de récession » conduite par Matignon et les choix des gouvernements précédents qui confinent à un manque d’occupation des détenus, à des conditions d’hygiène et d’incarcération insuffisantes.

Les conditions d’incarcération épinglées par l’observatoire international des prisons

En juillet 2012, l’observatoire international des prisons avait rendu public plus d’une cinquantaine de lettre de détenus de Rémire-Montjoly qui lui avaient écrit « afin d’obtenir de l’aide pour engager des recours contre l’État au regard des conditions de détention qui leur sont imposées » (Guyaweb du 16/07/12). Parmi les témoignages, certains dénonçaient « l’odeur [qui] est insupportable », l’absence d’hygiène, l’insécurité dans les parties communes, le manque de travail et d’activités ou encore que les parloirs « ressemblent à des chambres froides pas lavées ».

En septembre 2014, alors en déplacement en Guyane, Christiane Taubira la garde des Sceaux, attaquée sur les défaillances du système carcéral en Guyane avait défendu sa politique (Guyaweb du 10/09/14). Elle estimait « avoir trouvé en mai 2012, un parc pénitentiaire très dégradé, particulièrement dans les outre-mer, la précédente majorité n’ayant consacré à la rénovation que 95 millions d’euros en cinq ans, alors qu’un plan massif et urgent était nécessaire ».

Pour « le triennal 2013-2015, près 250 M€ ont été consacrés aux projets de Rémire-Montjoly, Majicavo, Ducos, Nouméa et Papéari. Par ailleurs, 33 millions d’euros sont alloués par le gouvernement pour renforcer la sécurité dans les établissements pénitentiaires (…) 1,076 millions d’euros ont été consacrés au plan de sécurité Outre-Mer qui concerne Baie-Mahault, Rémire-Montjoly et Ducos » exprimait-elle.

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2 commentaires

  • 19 juin 2015

    On croit rêver. On ne donne pas de travail à ces pauvres bandits à l’intérieur de la prison? S’ils y sont c’est bien parce qu’ils ne travaillent pas dehors. Et si c’est insupportable, faites ce qu’il faut pour ne pas y retourner. Marre de ces jérémiades et de ceux qui les écoutent !!!

  • Mickael
    20 juin 2015

    Sachant que la moitié est en préventive et donc non jugé…

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