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Quand une société de l’évêché de Cayenne faisait expulser des habitants sans titre dans le cadre d’un processus de vente d’un terrain de plus de 4 hectares…

Quand une société de l’évêché de Cayenne faisait expulser des habitants sans titre dans le cadre d’un processus de vente d’un terrain de plus de 4 hectares…
Exclu Guyaweb

Monseigneur Emmanuel Lafont aura souvent été en première ligne pour dénoncer aux côtés des associations humanitaires, les opérations d’expulsions/démolitions. En 2019, une SCI dont le mandataire social est à l’époque le dernier économe en date de l’évêché de Cayenne impulse une discrète procédure d’expulsion d’une vingtaine de familles occupant sans titre un terrain que l’Eglise escompte alors vendre à une SAS, zone Collery. Révélations. « On croit détruire des murs mais on défonce des cœurs » : c’est Monseigneur Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne qui, planté face aux pelleteuses louées par la préfecture, en octobre 2005 à Matoury, opposait alors…

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3 commentaires

  • DB

    Une chose m’étonne prodigieusement, j’oserai dire qu’elle me stupéfie, c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans le monde un croyant, un seul croyant, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour prier quelqu’un ou quelque chose.

    Aussi, comment peut-on sereinement laisser l’exercice de responsabilités politiques, économiques, ou de toute autre nature, à cet individu qui, parvenu à l’âge adulte, persiste encore à dialoguer avec son ami imaginaire, tout en prétendant de surcroît vouloir nous associer à ce dialogue ?

    Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ?

    Où est-il le médecin qui nous donnera la physiologie du croyant ? Qui nous expliquera l’anatomie et les mentalités de cet incurable dément ?

    Nous l’attendons.

    Je comprends qu’un escroc trouve toujours des actionnaires, la Censure des défenseurs, l’Opéra-Comique des dilettanti, le Constitutionnel des abonnés ; je comprends tout.

    Mais qu’un curé, ou un pasteur, ou un imam, ou un rabbin, ou n’importe lequel parmi tous les étranges farceurs qui assurent parler au nom d’une divinité, quelle qu’elle soit, trouve un croyant, c’est-à-dire l’être irrêvé, le martyr improbable, qui vous nourrit de son pain, vous engraisse de sa chair, vous enrichit de son argent, avec la seule perspective de recevoir, en échange de ces prodigalités, une promesse de vie éternelle, en vérité, cela dépasse les notions déjà pas mal pessimistes que je m’étais faites jusqu’ici de la sottise humaine, en général et de la sottise guyanaise en particulier, notre chère et immortelle sottise, ô chauvin !

    Il est bien entendu que je parle ici du croyant averti, convaincu, du croyant théoricien, de celui qui s’imagine, le pauvre bougre, faire acte de piété, étaler sa spiritualité, exprimer sa foi, imposer  –  ô folie admirable et déconcertante  –  des programmes politiques et des revendications sociales ; et non point du croyant « qui la connaît » et qui s’en moque, de celui qui ne voit dans « les résultats de la toute-puissance de Dieu » qu’une rigolade au denier du culte, ou une bamboche à la dîme évangélique.

    Sa spiritualité à celui-là, c’est de se pocharder aux frais des bigots. Il est dans le vrai, car cela seul lui importe, et il n’a cure du reste. Il sait ce qu’il fait.

    Mais les autres ?

    Ah ! oui, les autres ! Les sérieux, les austères, les dévots, ceux-là qui sentent une ivresse les gagner lorsqu’ils se regardent et se disent : « Je suis croyant ! Rien ne se fait que par moi. Je suis la base de la société moderne. Par ma volonté et mes prières, Dieu affirme les principes auxquels est astreinte l’humanité toute entière. » Comment y en a t-il encore de cet acabit ? Comment, si entêtés, si orgueilleux, si paradoxaux qu’ils soient, n’ont-ils pas été, depuis longtemps, découragés et honteux de leur œuvre ?

    Comment peut-il arriver qu’il se rencontre quelque part, même dans les inaccessibles forêts de Guyane, même dans le fond des landes perdues de Bretagne, un bonhomme assez stupide, assez déraisonnable, assez aveugle à ce qui se voit, assez sourd à ce qui se dit, pour prier Dieu, Allah, Jéhovah ou Vishnu, sans que rien l’y oblige, sans qu’on le paye ou sans qu’on le soûle ?

    À quel sentiment baroque, à quelle mystérieuse suggestion peut bien obéir ce bipède pensant, doué d’une volonté, à ce qu’on prétend, et qui s’en va, fier de sa croyance, assuré qu’il accomplit un devoir sacré, prier dans un lieu de culte quelconque une quelconque divinité, peu importe le nom… Qu’est-ce qu’il doit bien se dire, en dedans de soi, qui justifie ou seulement qui explique cet acte extravagant ? Qu’est-ce qu’il espère ?

    Car enfin, pour consentir à se donner des maîtres avides qui le grugent et qui l’assomment, il faut qu’il se dise et qu’il espère quelque chose d’extraordinaire que nous ne soupçonnons pas. Il faut que, par de puissantes déviations cérébrales, les idées religieuses correspondent en lui à des idées de science, de justice, de dévouement et de probité ; il faut que dans les noms seuls de Jésus et de Mahomet, non moins que dans ceux de Yahvé et de Moïse, il découvre une magie spéciale et qu’il voie, au travers d’un mirage, fleurir et s’épanouir dans Dieu et dans Allah, des promesses de bonheur futur et de soulagement immédiat.

    Et c’est cela qui est véritablement terrifiant.

    Rien ne lui sert de leçon, ni les comédies les plus burlesques, ni les plus sinistres tragédies.

    Voilà pourtant de longs siècles que le monde dure, que les sociétés se déroulent et se succèdent, pareilles les unes aux autres, qu’un fait unique domine toutes les histoires : la protection aux grands, l’écrasement aux petits. Il ne peut arriver à comprendre qu’il n’a qu’une raison d’être historique, c’est de payer pour un tas de choses dont il ne jouira jamais, et de souffrir pour des combinaisons théocratiques qui ne le regardent pas.

    Que lui importe le rite qui lui demande son argent et qui lui prenne la vie, puisqu’il est obligé de se dépouiller de l’un, et de donner l’autre ?

    Eh bien ! non. Entre ses voleurs et ses bourreaux, il a des préférences, et il prie pour les plus rapaces et les plus féroces.

    Il a prié hier, il priera demain, il priera toujours.

    Ô bon croyant, inexprimable naïf, pauvre type, si, au lieu de te laisser prendre aux rengaines absurdes que te débitent chaque jour les cléricaux grands ou petits, et qui sont payés pour avoir ta peau ; si, au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable spiritualité en guenilles, si, au lieu de t’arrêter, éternel badaud, devant les lourdes duperies des ecclésiastiques ; si tu lisais parfois, au fond de ton hamac, Bakounine et Proudhon, deux philosophes qui en savent long sur tes maîtres et sur toi, peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles.

    Peut-être aussi, après les avoir lus, serais-tu moins empressé à revêtir ton air grave et ton beau costume, à courir ensuite vers l’office sacerdotal homicide où, quelque nom que tu pries, tu pries de fait le nom de ton plus mortel ennemi. Ils te diraient, en connaisseurs d’humanité, que la religion est un abominable mensonge, que tout y est à l’envers du bon sens, de la justice et du droit, et que tu n’as rien à y voir, toi dont le compte est réglé au grand livre des destinées humaines.

    Rêve après cela, si tu veux, des paradis de lumières et de parfums, des fraternités impossibles, des bonheurs irréels. C’est bon de rêver, et cela calme la souffrance. Mais ne mêle jamais la religion à ton rêve, car là où est la religion, là est la douleur, la haine et le meurtre. Surtout, souviens-toi que l’homme qui sollicite ta conversion et ta foi est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu’en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu’il ne te donnera pas et qu’il n’est pas d’ailleurs, en son pouvoir de te donner. L’homme que tu élèves ne représente ni ta misère, ni tes aspirations, ni rien de toi ; il ne représente que ses propres passions et ses propres intérêts, lesquels sont contraires aux tiens. Pour te réconforter et ranimer des espérances qui seraient vite déçues, ne va pas t’imaginer que le spectacle navrant auquel tu assistes aujourd’hui est particulier à une époque ou à un culte, et que cela passera.

    Toutes les époques se valent, et aussi tous les cultes, c’est-à-dire qu’ils ne valent rien. Donc, rentre chez toi, blada, et fais la grève de la liturgie. Tu n’as rien à y perdre, je t’en réponds ; et cela pourra t’amuser quelque temps. Sur le seuil de ta porte, fermée aux quémandeurs d’aumônes religieuses, tu regarderas défiler la procession psalmodiante, en sirotant silencieusement ton punch.

    Et s’il existe, en un endroit ignoré, une entité supérieure capable de t’aimer, ne la regrette pas. Elle serait trop jalouse de sa dignité pour se mêler à la lutte fangeuse des cléricaux, trop fière pour tenir de toi la croyance que tu n’accordes jamais qu’à l’audace cynique, à l’insulte et au mensonge.

    Je te l’ai dit, blada, rentre chez toi et fais la grève.

  • Frog

    Et pourtant: un petit peu de science nous éloigne de dieu, beaucoup nous en rapproche » Louis Pasteur.
    Un peu d’humilité face à l’infini, parole d’agnostique.

  • DB

    Les religions appartiennent au domaine de l’imaginaire, partout présent dans les sociétés. L’imaginaire est une des composantes du réel et il a un impact sur les réalités matérielles auxquelles les hommes sont confrontés. Les archéologues décèlent dans l’univers mental des hommes de la Préhistoire un premier clivage entre le haut et le bas. Les hommes, qui sont au bas, sur la terre, se tournent vers le ciel pour y chercher des explications, des aides ou des consolations face aux malheurs qui les frappent, comme les maladies, la mort, les catastrophes naturelles. On peut dire aussi, dans une perspective darwinienne, que si des religions existent et perdurent dans toutes les sociétés connues de nous, c’est qu’elles constituent pour les peuples qui les ont adoptées des « avantages sélectifs ». De fait, à la lumière de l’Histoire, elles se sont révélées surtout comme un instrument de domination spirituelle, et par là, de soumission envers les puissances temporelles.

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