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Meurtre de Karina : Sylvain Kereneur interpellé mis en examen et placé en détention provisoire !

Meurtre de Karina : Sylvain Kereneur interpellé mis en examen et placé en détention provisoire !
De nouveaux éléments sur l'affaire !

Sylvain Kereneur, 34 ans, le principal suspect dans l’affaire du meurtre de sa compagne brésilienne Karina Gama De Souza -dont le corps avait été retrouvé il y a un peu plus d’un an sans vie à Cacao, le 15 mai 2020, sur les berges de la crique Tibourou, non loin de la RN2- a été interpellé le 31 mai à son domicile à Antibes, sur la Côte d’Azur, région où il était parti vivre après les faits.

L’interpellation a été réalisée par les gendarmes de la section de recherche de Cayenne chargés de l’enquête depuis l’an dernier.

Selon le procureur Samuel Finielz, l’intéressé, placé en garde à vue à Marseille, a reconnu le crime de Karina à son domicile à Cayenne.

Elle avait 23 ans.

Les faits, selon les déclarations de Kereneur en garde à vue, rapportées par le procureur de la République de Cayenne, auraient eu lieu dans l’après-midi du 14 mai 2020.

En garde à vue à Marseille, Sylvain Kereneur a argué de crises de jalousie récurrentes de sa compagne.

Il avance qu’au cours d’une dispute le jour des faits, elle se serait saisie d’un couteau puis il raconte qu’il l’aurait ensuite désarmée avant de lui mettre la main sur sa bouche, selon lui pour l’empêcher de crier. Puis elle serait tombée et il aurait alors constaté qu’elle avait cessé de respirer, a encore déclaré Kereneur aux enquêteurs, selon le récit du procureur.

Il aurait ensuite transporté lui-même le corps mis dans un sac, puis amené, dans son véhicule, jusqu’à Cacao.

Là-bas, il aurait voulu y mettre le feu avec de l’essence avant de se raviser, selon ses propos en garde à vue.

Il l’aurait alors éteint très rapidement, ce qui pourrait expliquer pourquoi, lors de la découverte du corps sans vie de Karina, son cadavre ne portait pas de traces de brûlures selon l’autopsie, a indiqué le procureur en réponse à une question de Guyaweb.

Lorsque le corps de Karina est retrouvé le 15 mai sur les berges de la crique Tibourou, elle est habillée. Une partie de ses habits est calcinée mais le corps n’est pas touché par le feu confirmera l’autopsie. Les enquêteurs remarquent néanmoins une forte odeur d’essence.

A l’époque, la presse locale s’emballe (Guyane la 1ère, France-Guyane) criant à la découverte d’un «corps carbonisé»

Ce qui n’était pas le cas, même si l’intention y était, a reconnu Kereneur en garde à vue, avec même un départ de feu vite interrompu donc selon l’intéressé.

Enceinte de 6 à 8 semaines sans qu’il soit possible de déterminer qui était le père…

Sur les lieux de découverte du corps, les enquêteurs trouvent un papier de la victime correspondant à un rendez-vous médical : «Ce qui permettra de retrouver rapidement son identité», a indiqué vendredi soir le procureur Samuel Finielz à Guyaweb suite à une question sur ce point.

L’autopsie démontrera que Karina Gama De Souza était enceinte «de 6 à 8 semaines sans qu’il soit possible de déterminer qui était le père, le fœtus ne présentant pas un ADN suffisant», a déclaré Samuel Finielz.

L’ADN de Sylvain Kereneur  (…) sur l’ensemble des vêtements de la victime

L’ADN de Sylvain Kereneur a, par ailleurs, été retrouvé par des analyses effectuées au cours de l’enquête, selon le procureur. Et, ce «sur l’ensemble des vêtements de la victime (qu’elle portait sur les lieux où son corps a été retrouvé sans vie, ndlr), tee-shirt, short (intérieur et extérieur), culotte.»

«Des traces de spermatozoïdes de Sylvain Kereneur seront par ailleurs retrouvées dans la culotte de la victime», a ajouté le procureur, vendredi soir.

Le procureur ajoutant en outre, ce vendredi soir, que l’ADN de Sylvain Kereneur était le seul ADN tiers retrouvé sur les vêtements du corps sans vie découvert, celui de Karina.

A cette question de Guyaweb : «est-ce principalement cette présence d’ADN de Sylvain Kereneur notamment sur les vêtements de la victime qui lui a valu son interpellation le 31 mai ?», le procureur a répondu : l’identification de l’ADN mais aussi d’autres éléments.

En 2020, vraisemblablement fin mai de l’année dernière, après l’identification rapide du corps de Karina, Sylvain Kereneur est entendu par les enquêteurs. «A titre de témoin» me déclarera son avocat Me Boris Chong-Sit, à l’époque.

Mais un élément troublant sourd désormais des propos de Kereneur en audition à l’époque, interprète-t-on rétrospectivement au regard de la communication du procureur vendredi soir si le magistrat du parquet rapporte l’exacte véracité des faits au sujet de cette première audition de Kereneur : «il est entendu et indique qu’elle a disparu depuis le 4 mai. Il décrit une relation du couple conflictuelle.»

Or, si Karina avait disparu depuis le 4 mai, aurait-on retrouvé l’ADN de Kereneur et son sperme sur les vêtements de l’intéressée le 15 mai ?

D’ailleurs, les conclusions de l’autopsie coïncident désormais avec le récit de Sylvain Kereneur, lui-même, en garde à vue ces derniers jours : « la mort remonte à un délai de 12h à 48 heures avant la découverte du corps».

La mort de Karina Gama De Souza au domicile du couple à Cayenne, le 14 mai dans l’après-midi est donc compatible -sur le plan de l’analyse des médecins légistes- avec le jour de la découverte du corps : le lendemain, le 15 mai, sur Cacao.

Au début de l’enquête, l’an dernier, les médecins-légistes avaient, par ailleurs, avancé l’hypothèse d’une mort par asphyxie. Autre hypothèse compatible avec le récit des faits par Kereneur en garde à vue aujourd’hui.

Toutefois, celui-ci affirme qu’il «n’a pas fait exprès de la tuer. », a encore rapporté le procureur.

«Ses déclarations présentent un certain nombre d’incohérences qui feront l’objet d’investigations approfondies», a ajouté Samuel Finielz.

Sylvain Kereneur a été transféré ce vendredi en Guyane sur mandat d’amener des deux juges d’instruction saisies le 29 mai 2020 sur cette affaire.

Présenté devant ces deux femmes juges d’instruction, il a vu celles-ci le mettre en examen pour «meurtre aggravé par la qualité de concubin».

Au regard de la gravité de l’affaire et notamment du trouble à l’ordre public, le parquet a bien évidemment requis le placement en détention provisoire de Sylvain Kereneur. La juge d’instruction a suivi mais il revenait à un juge des libertés et de la détention (une juge en l’occurrence, aura appris l’auteur de ces lignes) d’en décider.

L’audience devant la juge des libertés et de la détention (JLD) à laquelle souhaitait assister Guyaweb s’est tenue à huis clos à la demande du parquet vendredi soir. Le principe de ce type d’audience est pourtant la publicité. Mais le huis-clos peut-être requis notamment pour les nécessités de l’enquête. La JLD a fait droit à cette demande de huis clos, a confirmé la greffière, interrogée par l’auteur de ces lignes sur cette question dans le couloir du cabinet de la JLD.

Sur une chaise, Sylvain Kereneur est alors présent, entre des gendarmes. L’avocat Boris Chong-Sit, assis à leurs côtés, le visage fatigué.

Il y a une forte escorte de gendarmes, a constaté Guyaweb. L’un d’eux me demande si je suis avocat. Me Chong-Sit leur décline mon identité.

En se levant pour aller à la salle d’audience devant la JLD, Kereneur, rondouillard, pas très grand, qui semble porter des lunettes, paraît un brin fébrile. Il est serré de près par deux gendarmes qui l’empoignent par les bras.

La JLD a prononcé le placement en détention provisoire de Sylvain Kereneur, a confirmé son avocat Me Boris Chong-Sit à Guyaweb à l’issue de l’audience. Me Chong Sit a précisé qu’il ne souhaitait pas faire de déclarations en l’état.

Il y a plusieurs années, Sylvain Kereneur, à l’issue d’une (très longue) instruction, avait fait l’objet d’une ordonnance de mise en accusation devant la Cour d’assises, le 29 mai 2015 exactement, pour le meurtre d’une précédente compagne brésilienne, Camilla Marques Pereira, remontant à la fin du mois de juillet 2006.

Après avoir interjeté appel, dès le 2 juin 2015, de cette ordonnance de mise en accusation du dernier magistrat instructeur en charge de cette affaire, la juge Madeleine Pfender, Sylvain Kereneur avait ensuite bénéficié d’un non-lieu de fait de la Chambre d’instruction de la Cour d’appel de Cayenne, le 22 septembre 2015, avec des motivations (sur lesquelles nous reviendrons) qui interrogent. Le procès d’assises n’avait donc jamais eu lieu.

Sylvain Kereneur indemnisé à hauteur de 55 725 € dans la première affaire

Puis, suite à une requête en indemnisation de ses avocats, Sylvain Kereneur avait même été dédommagé financièrement à hauteur exacte de 55 725 euros dans cette première affaire par la justice, en raison de ce non-lieu, en réparation de mois passés en détention provisoire et de son placement à sa sortie de prison sous bracelet électronique avec assignation à résidence.

Soit, encore plus précisément, selon les documents consultés par Guyaweb, une période de détention provisoire du 2 décembre 2010 au 3 mai 2011, suivie d’un placement sous bracelet électronique avec assignation à résidence du 3 mai au 29 octobre 2011.

Dans sa décision du 14 novembre 2016 faisant alors droit à la requête en indemnisation de Sylvain Kereneur -une décision que Guyaweb a pu consulter-, le premier président de la Cour d’appel de Cayenne de l’époque, Henri De La Rosière De Champfeu avait apprécié les 55 725 euros d’indemnisation accordés à Kereneur comme suit : 30 725 € de préjudice matériel (17 600 € de perte de salaires et 13 125 € de frais d’avocat durant la période de détention provisoire), 17 000 € de préjudice moral au titre de l’incarcération, 6000 € de préjudice moral de nouveau, mais cette fois au titre du placement sous bracelet électronique avec assignation à résidence et enfin 2000 € au titre de ses frais d’avocat… pour cette procédure en indemnisation.

Au cours du point presse vendredi soir, le procureur de la République, Samuel Finielz, interrogé par Guyaweb sur ce sujet, n’a pas exclu que ce premier dossier de crime jamais élucidé depuis ce coup de sifflet de la Chambre de l’instruction du 22 septembre 2015, mais perpétré selon les informations recoupées par Guyaweb, avec un modus operandi proche de celui de Karina, pourrait être rouverte : «Ce dossier est actuellement en réexamen au parquet et à la lumière de la procédure actuelle, des éléments qui ont été recueillis, nous sommes en train d’examiner si ce dossier peut faire l’objet d’une réouverture.»

Une affaire criminelle pouvant toujours être relancée en cas d’élément nouveau, a confirmé le procureur. «Il n’y a qu’une seule chose qui signe un arrêt définitif pour un dossier, c’est la prescription et ce dossier n’est pas prescrit», a-t-il précisé.

Dans cette première affaire, Sylvain Kereneur avait sept avocats dont Eric Dupont-Moretti, actuel ministre de la justice.

FF

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1 commentaire

  • CEPEROU
    05 juin 2021

    La seule certitude que l’on ait, c’est que lui au moins ne fera pas une septaine de carton !

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