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Meurtre d’Alicia Faye : la Chambre de l’instruction a rejeté la demande de remise en liberté de Kildine Thiam mise en examen dans cette affaire instruite aussi pour «vol», «trafic de stupéfiants» et «association de malfaiteurs»

Meurtre d’Alicia Faye : la Chambre de l’instruction a rejeté la demande de remise en liberté de Kildine Thiam mise en examen dans cette affaire instruite aussi pour «vol», «trafic de stupéfiants» et «association de malfaiteurs»
Enquête et nouvelles révélations

La Chambre de l’instruction a rejeté, mardi 6 avril dernier, la demande de remise en liberté sous contrôle judiciaire émanant de Kildine Thiam, 27 ans et bientôt 8 mois, enceinte de près de 8 mois à la date de l’audience, mise en examen le 21 mars dernier dans l’affaire du meurtre d’Alicia Faye avant de faire l’objet d’une ordonnance de placement en détention provisoire le même jour au centre pénitentiaire de Rémire.

Une incarcération que l’intéressée contestait donc.

Etrangement, cette audience devant la Chambre de l’instruction a eu lieu en « publicité restreinte», sans public et, de fait, sans journaliste.

La Cour d’appel ayant pris cette décision en raison de la «situation sanitaire», nous a justifié depuis le parquet général alors que la publicité demeure le principe dans ce type d’audience se prononçant en matière de détention.

Cinq proches d’Alicia Faye, dont ses parents, qui se sont portés partie civile, doivent, par ailleurs, être bientôt auditionnés par la juge d’instruction en charge de cette affaire.

Enquête et nouvelles révélations.

C’est un détail ou peut-être pas de ce dimanche soir 21 mars 2021, jour de mise en examen de Dane Langhorne alors 24 ans et 4 mois à cette date (il est né le 21 novembre 1996 à Cayenne) et de sa concubine Kildine Thiam, alors 27 ans et demi (née le 9 septembre 1993 dans la même ville), dans l’affaire de l’homicide perpétré à l’encontre d’Alicia Faye dans les premières heures du samedi 13 mars dernier, vraisemblablement en pleine nuit.

En sortant de la salle d’audience du juge des libertés vers 19h ce dimanche-là, le cheveu court, élancé, sans jamais se départir de son masque chirurgical (obligatoire en période de pandémie), Dane Langhorne, debout, chaussé de Nike noires de luxe dénuées de lacets avec languette relevée pour faire style, vêtu d’un pantacourt et d’un polo, sans mot dire, regarde fixement, intensément, sa compagne, alors enceinte de sept ou huit mois (1), masque de protection plus négligemment porté autour du cou en ce qui la concerne, assise sur une chaise, les yeux embués, non loin de l’ascenseur, au premier étage du Palais de justice du Larivot, aux côtés de son défenseur d’alors Me Akim El Allaoui, avocat de permanence dans cette période.

La scène est mémorable : Langhorne debout droit comme un «i» fixe pendant un assez long voire un très long moment sa compagne, à quelques mètres de lui.

A un moment donné, Kildine Thiam, penaude, lève les yeux vers lui, puis acquiesce.

Elle lui mime donc un oui d’un signe de tête. Le compagnon maintient vers elle, uniquement vers elle, son regard appuyé. Eux seuls savent ce qu’ils se disent sans parler à ce moment-là.

Quelques minutes plus tôt, au cours l’audition de Dane Langhorne devant le juge des libertés et de la détention (lire cet article), la représentante du parquet Eve Tassin, dans ses réquisitions vient de fait de rappeler les faits présumés très graves pour lesquels Dane Langhorne vient d’être mis en examen, des faits qui, s’ils sont avérés, lui font encourir «la réclusion criminelle à perpétuité» lui a souligné la substitute du procureur au cours de l’audience, sous les yeux de Guyaweb, seul média local présent.

Le juge des libertés et de la détention a, pour sa part, égrené les chefs de mise en examen à l’encontre de Langhorne : «meurtre», «trafic de stupéfiants», «association de malfaiteurs», «vol», notamment.

Lorsqu’Alicia Faye, qui vit à Artigues en périphérie de Bordeaux, prend l’avion pour la Guyane, le vendredi 12 mars dernier, la jeune femme de 25 ans est alors au chômage depuis plusieurs mois, plus exactement depuis novembre précédent.

Auparavant depuis 2017, elle aura travaillé d’abord dans une grande surface, à mettre des produits en rayon.

Puis à La Poste, toujours en contrat à durée déterminée. Enfin, jusqu’en novembre 2020 dans une entreprise qui change l’approvisionnement des machines à café.

Comme l’a révélé notre précédent article sur cette affaire, Dane Langhorne est l’homme qui, le vendredi 12 mars dernier, va, en véhicule, chercher Alicia Faye lorsque celle-ci arrive à l’aéroport Félix Eboué de Matoury.

Celle-ci aurait alors en sa possession une non négligeable somme d’argent en espèces et est soupçonnée d’arriver aussi peut-être avec du cannabis (voir notre article précédent). Une hypothèse que ne dément pas une source judiciaire consultée par nos soins.

Dans un communiqué du 21 mars dernier sur cette affaire, le procureur ne détaille pas comment il a pu être établi (si c’est le cas) que la victime avait cette somme d’argent dès son arrivée sur le sol guyanais.

Selon des éléments de l’enquête, la victime aurait eu avec elle plusieurs milliers d’euros pour le moins à l’hôtel à Cayenne.

Idem pour la présence -citée dans l’enquête- de cannabis dans sa chambre d’hôtel.

C’est aussi Dane Langhorne qui aura déposé Alicia Faye à un hôtel du centre ville de Cayenne après être allé l’accueillir à l’aéroport, en déduit-on encore du communiqué du parquet du 21 mars dernier.

Il l’a récupérée vers minuit 40 à son hôtel et on n’a plus de nouvelles de la jeune fille jusqu’à la découverte de son corps sans vie le matin (Le procureur Samuel Finielz, Guyane la 1ère, 21 mars)

C’est encore lui qui revient chercher Alicia Faye devant son hôtel plusieurs heures après. Il fait nuit.

Il est alors 0h46 samedi 13 mars : Dane Langhorne arrive en véhicule devant l’hôtel. Alicia Faye l’y attend. Elle est sortie de cet hôtel du centre-ville de Cayenne 9 minutes plus tôt à 0h37.

Le couvre-feu -alors à 23 heures sur Cayenne- en raison de la pandémie de Covid est pourtant toujours en vigueur.

«Il l’a récupérée vers minuit 40 à son hôtel et on n’a plus de nouvelles de la jeune fille jusqu’à la découverte de son corps sans vie le matin…», relatera Samuel Finielz, le 21 mars à nos confrères de Guyane la 1ère.

Samedi 13 mars à 10h30, en effet, les services de police sont avertis qu’un corps sans vie de jeune femme a été retrouvé quartier Raban/Baduel à Cayenne par des riverains.

Le corps sans vie est retrouvé sur le terrain de la famille Chérubin Jeannette, ont révélé fin mars nos confrères de Mo News en interviewant notamment notre consœur de Guyane la 1ère, Leila Chérubin Jeannette, présente au domicile de ses parents la nuit macabre des faits qui dit avoir entendu un bruit de détonation en pleine nuit, comme une explosion de pétard, un bruit fréquent dans ce secteur.

Sans pouvoir conclure dès lors s’il s’agit du coup de feu mortel oupas.

Le corps sera identifié, dans les jours suivants, comme étant celui d’Alicia Faye.

Lorsqu’il est retrouvé, le cadavre porte alors la trace d’un tir d’arme à feu à la tête.

 Ce qui évoque presque une exécution

Selon l’autopsie : «la balle est entrée par l’arrière du crâne (possiblement d’un tir à bout portant ou de près, ndlr) avant de ressortir par la région frontale» expliquera la représentante du parquet Eve Tassin, dimanche 21 mars en début de soirée, au cours de l’audience de Dane Langhorne devant le JLD (juge des libertés et de la détention).

Puis la substitue du procureur de souligner alors la gravité du crime : «Une fille de 25 ans retrouvée dans un fossé avec un impact de balle à la tête. Ce qui évoque presque une exécution».

L’autopsie a révélé des lésions de défense (contusions) sur le corps de la victime, a confirmé le parquet de Cayenne. Alicia Faye n’a pas été victime de violences sexuelles, toujours selon l’autopsie, a relaté le procureur.

Du sang a été trouvé dans le véhicule dans lequel Dane Langhorne est venu chercher Alicia Faye à l’aéroport puis à l’hôtel. Le dernier véhicule dans lequel on voit donc embarquer la victime.

«Du sang dont une partie» aura été «nettoyée mais décelée par la police scientifique. », notera le procureur de Cayenne toujours le 21 mars.

A cette date, le parquet ne sait pas s’il s’agit du sang d’Alicia Faye.

Il souligne juste la présence de sang dans ce véhicule sans même préciser s’il s’agit de sang humain : «des traces de sang réparties à l’avant du véhicule, sur le siège passager avant, sur l’accoudoir du véhicule, sur les pédales du véhicule», indique alors le 21 mars Samuel Finielz, à Guyane la 1ère.

Des expertises doivent alors être menées, évidemment, pour essayer de savoir si ce sang est celui ou non d’Alicia Faye.

Le mystère du sang dans le véhicule

Depuis, c’est le silence radio du parquet sur ce point avec deux tentatives infructueuses de l’auteur de ces lignes auprès du procureur -le 12 puis le 30 avril- afin de savoir si le sang trouvé dans la voiture est celui ou non d’Alicia Faye.

«C’est moi qui déciderais du moment de la communication dans ce genre de dossier. Tant que je ne communique pas ça veut dire qu’il n’y a rien», a répondu Samuel Finielz à Guyaweb. sur le sujet.

Le procureur indiquant ne pas garantir qu’une communication serait faite en cas de nouvelle mise en examen dans ce dossier ou lorsque le sang trouvé dans le véhicule utilisé par Dane Langhorne serait identifié (si ce n’est pas déjà le cas). Dans ces deux cas de figure, «cela dépend», indique-t-il énigmatiquement.

«Je ne ferai pas de communication au coup par coup dans ce dossier (…) Il y aura une communication générale sur ce dossier dès lors que la situation justifiera d’une évolution significative», poursuit le procureur.

Afin d’éviter la propagation d’informations parcellaires ou inexactes (…), le procureur de la République peut, d’office (…) rendre publics des éléments objectifs tirés de la procédure (Article 11 du code de procédure pénale)

Pour notre part, nous estimons à Guyaweb que le procureur de la République de Cayenne ayant révélé le 21 mars, dans cette affaire qui défraye la chronique, la présence de sang dans le véhicule du suspect numéro un à cette date (véhicule dans lequel est montée Alicia Faye à Cayenne avant d’être retrouvée sans vie une dizaine d’heures plus tard dans la même ville), l’identification de ce sang constituerait un élément nouveau susceptible d’être communiqué -et ce, quel que soit le résultat des analyses-puisque le parquet en a le loisir, selon l’article 11 du code de procédure pénale qui lui offre une fenêtre de tir en la matière.

Un article qui prévoit que «afin d’éviter la propagation d’informations parcellaires ou inexactes ou pour mettre fin à un trouble à l’ordre public, le procureur de la République peut, d’office (…) rendre publics des éléments objectifs tirés de la procédure ne comportant aucune appréciation sur le bien-fondé des charges retenues contre les personnes mises en cause.»

Ce sang trouvé dans le véhicule mérite ou méritera (s’il est identifié ou quand il le sera) de faire l’objet de la précisions quant à son origine pour ne pas en rester à une information pour l’heure parcellaire et sujette à interprétation.

(1) Le 21 mars, le procureur de la République a indiqué que Kildine Thiam était alors enceinte de 7 mois, le juge des libertés et de la détention faisant état d’une grossesse de 8 mois

Cet article est composé de plusieurs parties, lire la suite:

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1 commentaire

  • abcd
    14 mai 2021

    Eh bien ! vous dites plusieurs fois que votre présence fut fortement indésirable mais heureusement que vous y étiez ! sinon on ne connaitrait même pas les noms des suspects.

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