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Tribunal : comparution de la Compagnie des guides et Maiouri nature 

Tribunal : comparution de la Compagnie des guides et Maiouri nature 

La Compagnie des guides de Guyane et Maiouri nature Guyane comparaissaient jeudi 17 décembre devant le Tribunal correctionnel de Cayenne pour « diffamation » à l’encontre de l’opérateur minier Trajan.

Thomas Saunier, président de la Compagnie des guides de Guyane et Isabelle Guillard, présidente – à l’époque des faits – de l’association environnementaliste, Maiouri nature Guyane, sont poursuivis par la société minière Trajan pour les propos tenus par Thomas Saunier dans une vidéo postée le 28 septembre 2019 sur Youtube et intitulée « Enquêtes en eaux troubles : intox(ication) des mines en Guyane »

Thomas Saunier est poursuivi pour « diffamation ». Isabelle Guillard est poursuivie pour « complicité » (Lire Guyaweb du 17/12/2019), au motif que le logo de l’association apparaissait en préambule du montage vidéo, et pour avoir autorisé à relayer ce montage vidéo sur le Facebook de l’association.

Après avoir expliqué la portée et le pourquoi d’une poursuite pour diffamation, le président du Tribunal correctionnel, Mahrez Abassi, a qualifié de « pierre angulaire » de ce procès, le degré de « bonne foi » des prévenus : « Et pour le tribunal, ce n’est pas facile à comprendre » a commenté le président. 

Celui-ci a invité les prévenus, debout face à la cour, à démontrer l’absence de caractère diffamant dans leur propos : « nous, notre motivation ce n’est pas de nous attaquer à une société minière en particulier. Si quelqu’un à pu nuire à la société, ce n’est pas nous » répond Thomas Saunier, aussi propriétaire de deux sites touristiques sur le Kourou. « Le Kourou est la vitrine touristique de la Guyane. Ce qui porte atteinte à la forêt, porte atteinte à notre cœur de métier ».

A aucun moment, le nom de la société Trajan n’est évoqué dans la vidéo incriminée. « A votre décharge il y a ce « bip » [sonore, ndlr] sur le nom de la société, relève Mahrez Abassi, mais on sait que c’est d’elle que vous parlez, car vous montrez une carte qui situe le site minier ».

« Ceux qui connaissent la Guyane, oui, ils savent de qui nous parlons, mais nous, nous voulions raconter ce qu’on a vu » . « On a fait en sorte que l’on ne puisse par reconnaître l’opérateur » affirme dans un second temps Thomas Saunier, relancé par son avocat.

S’ensuit un long échange entre le naturaliste et le président du tribunal : « Pour les prélèvements [d’eau, transmis au laboratoire Hydreco pour analyses qui démontreraient une atteinte portée à l’environnement, et contestés par l’accusation, ndlr] : on savait très bien qu’il n’y aurait que ma parole. – Vous n’avez pas pensé à un huissier de justice ? – On n’y a pas pensé parce qu’on n’était pas partis pour faire des prélèvements, on était partis pour voir le site minier (…) C’est suite à l’intervention de Gauthier Horth, [de la fédération des opérateurs miniers de Guyane, sur les ondes de Radio Peyi le 11 septembre 2019, ndlr] qui nous a traité de menteurs et qui disait que l’activité minière légale ne présente pas de danger qu’on a voulu faire ce film ». – Vous avez employé le terme « empoisonnement », c’est un terme fort » conclura le président.

Maître Adrien Grelet, en tant qu’avocat de l’opérateur minier Trajan, société au capital à 650 000 €  présidée depuis 2017 par Frédéric Dogny et qui était associée en 2019 à la société Goldinvest, s’est attaché notamment à démontrer un caractère diffamant : « on parle d’intoxication », « aucune distinction n’a été faite entre les miniers légaux et illégaux », « On impute à la société une infraction pénale : celle de « polluer l’eau potable » ! Même si il y a un bip sonore sur le nom de la société, celle-ci est identifiable puisque, l’AEX Nelson c’est Trajan ! Tout le monde le savait ». clame Maître Grelet.

« On s’attaque à nos anges gardiens ! Lui rétorque, s’adressant à la cour, Maître Rudy Constant, l’avocat des prévenus. L’homme, robuste, de plaider la « vigilance » qu’opèrent les deux associations. « Les orpailleurs légaux militent et disent : « nous sommes des gages d’excellence. Dont acte ! Mais qui peut exercer ce contrôle ? Il faut le concours de ces passionnés pour assurer une veille ».

S’adressant aux magistrats : « On est en train de se servir de vous, d’une institution judiciaire, pour terroriser nos anges gardiens ».

500€ à chacun des prévenus au titre des dommages et intérêts ainsi que le retrait de la vidéo, sont réclamés par la société Trajan. La défense réclame 40 000 € pour « procédure abusive ».

Verdict attendu le 11 mars 2021.

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7 commentaires

  • Francois
    18 décembre 2020

    la poursuite en diffamation est parfois une sale technique pour baillonner des lanceurs d’alerte – mais certains tribunaux ne se laissent pas avoir. Voyez l’arret 288/2020 de la Cour de Cassation de Paris (prononcé le 02-déc-2020) où le directeur de Greenpeace-France a été relaxé des poursuites pour diffamation au prétexte que des militants de Greenpeace avait déployé d’immenses banderolles devant l’entrée d’une entreprise de commerce de pesticides , banderolles nommant les deux directeurs « prénom / nom / empoisonneur »
    https://www.greenpeace.fr/action-invivo-doit-cesser-dempoisonner-les-agriculteurs/

  • La Sobriete Heureuse
    18 décembre 2020

    Ce type de recours ressemble beaucoup à ce qu’on qualifie de « Poursuites bâillon », c’est à dire des poursuites stratégiques intentées par des entreprises ou des institutions contre des organisations ou des individus qui dénoncent publiquement les dysfonctionnement de leurs activités.

    Ces poursuites sont entreprises non pas dans le but premier de gagner en cour,
    mais plutôt de réduire l’adversaire au silence, de l’épuiser financièrement et psychologiquement en l’impliquant dans des procédures juridiques longues et coûteuses et de décourager d’autres personnes à s’engager dans le débat public.

    Il s’agit d’intimidation judiciaire pour forcer les militants à limiter leurs activités politiques et à s’auto-censurer. »
    Pour en savoir plus : https://onnesetairapas.org/

  • benoit
    18 décembre 2020

    je ne trouve pas que ce genre d action a pour but de bailloner d eventuel lanceur d alerte
    Bien au contraire
    Les « vrais » lanceurs d alertes se doivent, pour etre credible, d ammener des elements factuels a minima qui peuvent souffrir de contradictions au besoin.
    Et non pas de faire des videos ou autre en mode conspirationiste.
    Et la est la difference !! par exemple le WWF (cite plus haut ) avant toute « manifestation » a deja etaye a minima ses arguments.
    Ce genre d action au tribunal permet d eleminer les conspi. et de laisser la.place aux vrais lanceurs d alerte
    ….

  • bilo
    18 décembre 2020

    En gros il faudrait que le citoyen engagé et militant (conspirationiste!!??) se taise jusqu a ce qu il ait de la merde jusqu au narines.
    Peut on demander une egalite de moyens quand meme le WWF ne parvient pas couvrir tous les sujets environnementaux. Les videos servent avant tout a communiquer avec les gens de meme sensibiliter. L image des professions qui poursuivent l exploitation des ressources a marches forcees est deja tres mauvaise et ça ne les genes pas trop. A vrai dire ils s en tapent tant qu on en parle trop.
    Et j ai pourtant du respect pour les entrepreneurs et les travailleurs dont le genie et les efforts sont respectieux des regles. Ca n empeche qu elles continuent le carnage parce que les regles, pour ce que ça compte…
    Le type de focus qu opère une video bien faite justifie a leurs yeux, un procès baillons.

  • benoit
    18 décembre 2020

    Bah
    comme ils l.ont dit devant le president.
    Ils ont eu des « vapeurs » quand ils ont entendu Horth et ont decider au pied leve de prendres « des mesures » .
    Ils leurs auraient suffit de faire un film tout simplement
    Mais ils se sont senti l ame de laborantins conspirationistes a assayer de nous donner des elements scientifiques qu ils ne maitrisent pas et c est la que ca part en c…lle.

  • bayaan
    19 décembre 2020

    Haha !! Vocus croyez à la justice de ton pays vous !! C’est attendrissant la niaiserie.

    Bon. Le plus rigolo dans cette affaire, c’est bien que TRAJAN, pour une discrimination imaginaire et une attaque infondée, s’affiche :

    1° comme particulièrement de mauvaise fois, et par conséquent,
    2° Non crédible.

    Bravo et grand Merci à la société TRAJAN pour s’être auto-dénoncée publiquement comme société polluante, nocive, dégradante et de mauvaise foi.

  • FF
    22 décembre 2020

    La discrimination n’est pas l’objet de cette procédure.

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