Eva Joly conduit la barque d’un parti écologiste et elle rame en cette fin de campagne présidentielle. L’environnement est le grand absent des débats, Fukushima semble loin derrière. Son profil “hors normes”, “ses bourdes” lui jouent des tours. Le mot d’ordre de la candidate d’Europe Ecologie Les-Verts reste cependant “une République écologique”.
« Je veux donc inscrire le droit à un environnement sain et protégé, dans la constitution de notre république. Je défends également, vous le savez une république exemplaire ». Ses mots lancés le 12 avril à Grenoble résument le cheval de bataille de la candidate d’Europe Ecologie Les-Verts (EELV).
Le programme d’Eva Joly se préoccupe évidemment beaucoup d’environnement., mais pas que. Elle ne cesse d’appeler à une « exemplarité ». A travers son projet présidentiel intitulé « L’écologie, la solution », la candidate de EELV promet de « lutter contre la corruption », « lever le secret bancaire, s’attaquer aux paradis fiscaux ». Son cheval de bataille est « la transition énergétique » « pour l’excellence environnementale ». Pour la députée européenne franco-norvégienne, « Les forces vives de cette transition, créatrice d’un million d’emplois à l’horizon 2020, sont les petites et moyennes entreprises ». Elle opte pour « la relocalisation de l’économie ».
« Dépenser moins pour vivre mieux »
L’ « Établissement d’une contribution climat-énergie. 50 % de son produit sera utilisé pour financer des investissements publics écologiques », la « Fusion de l’impôt sur le revenu et de la contribution sociale généralisée (CSG) ». L’« Instauration de deux nouvelles tranches : une imposition au taux de 60 % au-delà de 100 000 euros, et de 70 % au delà de 500 000 euros » sont certaines des propositions fiscales du parti.
Dans son pacte pour l’égalité, la chef de file de EELV souhaite « un plan de rattrapage de l’écart creusé avec les Outre-mers [qui] permettra une répartition équitable des ressources et la garantie de la continuité territoriale ».
” Dans la liste des sujets qui intéressent le plus les Français “l’environnement arrive en dernier”. Frédéric Dabi de l’institut de sondage Ifop au journal le Parisien.
En novembre, Eva Joly se déplaçait à la Réunion, au chevet du Maïdo ( massif des Hauts de l’Ouest, inscrit au Patrimoine naturel de l’Unseco ravagé par un incendie) et à Mayotte touchée alors par une crise sociale sans précédent. Elle ne s’est pas déplacée en Guyane ni aux Antilles. Son projet présidentiel généraliste s’attarde peu sur les problématique Outre-mer. Contre les forages pétroliers, elle affirmait en avril dernier – qu’il faut « préserver nos biens communs, l’eau, la mer, la qualité de l’air » et ne pas les « sacrifier pour quelques barils de pétrole ».
Sur le plan social, le parti plaide pour une « priorité aux quartiers populaires », « une école de l’émancipation et de la promotion sociale », « un avenir [pour] la jeunesse ». Aujourd’hui, selon les sondages d’intention de vote, la Franco-Norvégienne est donnée à 2% d’intentions de vote dans les sondages. « Lorsque je vois dans les sondages que le pouvoir d’achat est la première préoccupation (des Français) et l’écologie la dernière, je me dis que j’ai été très mauvaise et que je n’ai pas réussi à faire comprendre » les enjeux écologiques, a-t-elle récemment déclaré à la presse.
En 2007, Dominique Voynet recueillait 1,57% des suffrages. En 2002, Noël Mamère obtenait 5,25 %.


