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Le procureur Éric Vaillant : « Le temps de l’action est venu »

Le procureur Éric Vaillant : « Le temps de l’action est venu »

« Une trentaine de plaintes ont été reçues au total par la police et la gendarmerie pour entrave à la circulation plus quelques mains courantes qui ont donné lieu à renseignement judiciaire notamment un renseignement judiciaire de la compagnie de gendarmerie de Kourou relatif à une pétition de 150 personnes (1) », nous a indiqué vendredi soir Éric Vaillant au cours d’un entretien.

Au 25ème jour d’un mouvement de protestation truffé de barrages bloquants, dont l’un paralyse, depuis le 20 mars dernier, le Centre spatial guyanais (CSG) avec des revendications le plus souvent légitimes sur la sécurité, la santé, l’éducation, l’emploi mais qui a parfois donné le sentiment d’une vacance du pouvoir en Guyane, voire d’un Etat de droit en pointillés, les autorités semblent vouloir réagir.

Vendredi, en fin de matinée, dans un communiqué de presse (voir ce lien), le procureur Eric Vaillant avait fait état de contrôles de police et de gendarmerie à partir de 7 heures au barrage du rond point de Suzini à la sortie de Cayenne, dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte par le parquet.

L’enquête vise à identifier les auteurs de l’infraction « d’entrave à la circulation » des véhicules sur la voie publique, un délit passible d’une peine maximum de « 2 ans de prison, 4500 euros d’amende et 3 ans de retrait de permis de conduire » selon le communiqué du procureur.

Voir aussi en lien l’article L 412-1 du code de la route qui régit cette infraction.

Un article qui prévoit également la possibilité d’immobiliser ou de mettre en fourrière les véhicules commettant ce type d’entrave.

Entretien avec le procureur de la République.

Guyaweb : Les barrages ont été érigés il y a un peu plus de trois semaines, comment peut-on expliquer que les autorités judiciaires aient attendu une telle période avant de déclencher une enquête ?

Éric Vaillant : Parce que dans un premier temps, nous étions dans un mouvement social et que certaines particularités d’un mouvement social peuvent être comprises. Mais désormais, cela perdure de manière tout à fait abusive.

C’est ce que vous considérez au jour d’aujourd’hui…

C’est pour cela que j’ai souhaité ouvrir ces enquêtes qui s’appuient sur un certain nombre de plaintes.

Dans tout mouvement social, il y a évidemment un certain nombre d’infractions qui se commettent et qui peuvent être tolérées temporairement

Si l’on s’autorise à analyser la position des autorités depuis plus de 3 semaines : dans les premiers jours on ne réprime pas pour éviter les troubles à l’ordre public puis le fait qu’un mouvement bloquant perdure, cela devient finalement un trouble à l’ordre public et même un important trouble à l’ordre public ?

Je n’utiliserai pas exactement ces termes. Mais oui, en réalité, dans tout mouvement social, il y a évidemment un certain nombre d’infractions qui se commettent et qui peuvent être tolérées temporairement. Et donc, à un moment donné, et je pense que nous sommes arrivés à ce moment, les infractions doivent cesser. Le droit comme la loi doit reprendre toute sa place.

Y’a-t-il également, à un moment donné, une analyse de la situation, des consignes je ne dirai pas forcément politiques, mais des discussions entre les autorités locales aboutissant à des constats, tenant compte des circonstances qui font que l’on décide de passer à cette phase ?

Pour en arriver à cette phase-là, j’ai bien évidemment discuté avec le préfet.

Cette phase se met-elle en place à partir du moment où des divergences apparaissent au sein du mouvement de protestation sociale qui conserve néanmoins une assise populaire…

(Il coupe…) Vous n’aurez pas une analyse du mouvement social par le procureur de la République (…) C’est quelque chose de factuel : j’ai estimé que le temps était venu et la trentaine de plaintes ainsi que les mains courantes avec les cent cinquante signataires montrent que le temps de l’action est venu.

Il sera envisagé, si nécessaire, de bouger les véhicules de particuliers et les camions de professionnels qui bloqueraient la circulation

Ce vendredi 14 avril, c’est la première fois, depuis le début du mouvement de protestation qu’ont été mis en oeuvre ces relevés d’identité et ces relevés de plaques d’immatriculation sur les ronds points barrés

Dans le cadre d’une procédure judiciaire, oui.

Avez-vous déploré des incidents au cours des contrôles effectués vendredi par les forces de l’ordre sur le barrage de Suzini ou tout s’est-il déroulé dans la sérénité ?

La sérénité c’est peut-être un grand mot, disons que cela s’est passé correctement (selon une séquence vidéo de 2 minutes et 50 secondes circulant sur Facebook, on constate que les gendarmes ne parviennent pas à se voir présenter des pièces d’identité sur le barrage après avoir brandi une réquisition du procureur, ndlr). Evidemment , ce type d’opération va continuer si nécessaire. Il sera envisagé, si nécessaire, de bouger les véhicules de particuliers et les camions de professionnels qui bloqueraient la circulation. Mais je ne dirai ni où ni comment.

Il faut déployer de gros moyens pour mener ce genre d’opération.

Tout à fait

Propos recueillis par FF

(1) La pétition signée par 150 personnes selon le procureur a été remise à la gendarmerie de Kourou mardi dernier, jour d’une marche de citoyens demandant la levée des barrages dans la ville spatiale. A leur tête, Denis Burlot, entrepreneur et conseiller territorial du groupe majoritaire à l’assemblée unique.

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18 commentaires

  • Desijose

    Est-ce que ça va ENFIN bouger où va – t -il y avoir encore baissage de pantalons…

  • Francois

    je soutiens le procureur – car la récréation est terminée, on se remet sagement au travail svp

  • JCB

    La prise en otage du CSG est une arme à double tranchant qui risque fort de se retourner contre la Guyane

  • Joko

    On aimerait autant de détermination et de moyens dans la lutte contre les criminels.

    • Enneyac

      Parce que vous êtes juge de l’état d’esprit et du professionnalisme de ce monsieur ?
      Lançons des invectives à la volée, c’est parfaitement​ inutile et insultant mais visiblement ça défoule…

      • Joko

        Et vous, seriez-vous juge ? rêveriez-vous de l’être ? où est l’insulte ? juste un constat, celui que le procureur sous les ordres du préfet est plus prompt à envoyer les tuniques bleues pour maintenir l’ordre que de lutter efficacement contre la criminalité, les invasions de terrains ou l’orpillage.
        Jusqu’à preuve du contraire, les forces de l’ordre ne font que ce qu’on leur ordonne de faire. Lorsqu’elles le font bien, elles sont plutôt appréciées. Pour preuve, la visite des 500frères rendue au commissaire. Gageons qu’il ne restera certainement plus longtemps en Guyane pour avoir « pactisé avec l’ennemi ».

  • Ti sonson 973

    Guyaweb n’a pas pensé demander au procureur s’il avait déjà des idées précises concernant principalement la sécurité des personnes et des biens dans ce departement ? Que comptait-il mettre en place ? En a-t-il matériellement les moyens pour faire respecter la justice ? Que comptait-il faire contre ceux qui, condamnés, sont encore en poste ? Une stratégie efficace ? Les moyens humains prévus lui semblent-ils à la hauteur de sa tâche de procureur ??? Se focaliser imbécilement sur le fait qu’il va faire ouvrir une circulation qui se fera sans avoir besoin de recourir à la force, c’est comment dire….. mignon…. mais rien à foutre ! « Le temps de l’action » doit viser les voleurs, le tueurs, les braqueurs, les violeurs et les racketteurs aux abords de nos écoles ! Inutile de rouler les mécaniques, c’est à l’insécurité de la ville et du departement qu’il doit surtout s’attaquer pour nous ramener de la sérénité pour travailler et bien vivre en Guyane !

  • palmito973

    peut on également porté plainte contre l’Etat pour non assistance à personne ne danger : insécurité (46 morts), Système de santé en ruine, carence dans le système éducatif (plus de 2000 enfants non-scolarisés). S’il peut nous donner la procédure sans passer par Martin…

  • Lematourien

    Quand on lit l’article dans France Guyane sur le plan blanc pour les hôpitaux de Guyane et le fait que l’ARS accepte de ne pas incriminer la grève dans le manque de personnel, je pense que le baissage de pantalon a encore de beaux jours devant soi!!!

  • oceaneokio

    Bonjour

    Dans les prochains jours, beaucoup de morts et de blessés dans les rues de la Guyane, la police, la gendarmerie et l’armée risquent de tirer pour tuer les manifestants, les prochains jours seront sanglants, l’histoire est en marche.

    • Stiwi973

      Vous pouvez joindre Drogues info service au 0 800 23 13 13, de 8h à 2h, 7 jours sur 7. Votre appel est anonyme et gratuit.

    • xxx973

      mort d rire, plier en 4, où t’ allé chercher tout ça, y faut arrêter les pétards & l’eau minérale

    • Joko

      Toi, tu vas trop au cinéma ou tu prends tes désirs pour des réalités. As-tu pris tes cachets ?

  • Alessandro de Sousa Alencar

    De toute façon il est tout, sauf crédible Monsieur Le Procureur.

  • FF

    Pourquoi ?

    • Alessandro de Sousa Alencar

      Disons FF que sa vérité à lui, que s’impose, ne nous ramène pas dans un sentiment de Justice. Tu le sais autant que moi, d’ailleurs tu le démontres bien dans tes articles, qu’il, de façon très pragmatique, a deux poids et deux mesures pour le traitement des dossiers à sa charge. D’ailleurs je crois il se rendra compte que au sein de nos critiques vit aussi un cri d’un Ouest Guyanais oublié qui mérite bien une analyse plus précise qui nous laissera avancer en donnant un exemple pour la classe politique. :)

  • le Jaguar

    En principe, si un individu faisant l’objet d’un contrôle d’identité n’est pas en mesure de présenter une pièce d’identité, il est ramené au poste de police pour faire l’objet d’une vérification d’identité, cette retenue coercitive pouvant durer 4 heures maximum. Visiblement ça n’a pas été le cas sauf info contraire du procureur.

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