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Connexions qui rament en Guyane : l’arrivée d’un nouveau câble sous-marin serait subordonné à la fin de la saison de ponte des tortues selon la directrice d’Orange…

Connexions qui rament en Guyane : l’arrivée d’un nouveau câble sous-marin serait subordonné à la fin de la saison de ponte des tortues selon la directrice d’Orange…

Guyaweb s’est entretenu vendredi en fin d’après midi, assez longuement, au téléphone, avec Chantal Maurice, directrice d’Orange en Guyane pour faire un point sur la situation alarmante de la téléphonie et surtout du débit internet sur le territoire.

Selon la directrice d’Orange, un autre câble sous-marin qui devrait permettre de désengorger le trafic suite à une décision de fabrication de fin 2016 serait en attente d’autorisations administratives d’accès au littoral guyanais dans un port de l’Hexagone.

Guyaweb : Sait-on exactement ce qu’il s’est passé pour le câble Americas II le 4 mars ?

Chantal Maurice : Ce que l’on sait, c’est que le câble a été abîmé en mer, à 18 km des côtes de la Guyane. Le câble a été tiré très fort. On soupçonne une activité de pêche avec une ancre qui aurait pu tirer ce câble. Toujours est-il que cette tension très forte exercée sur le câble a provoqué la rupture des communications.

Si ce genre de souci se produit en Europe par exemple, il y a immédiatement une solution de secours. En Guyane le sentiment qui prédomine est qu’il n’y a pas de solution de secours immédiatement opérationnelle…

Il y a une solution de secours en Guyane, s’il n’y en avait pas l’on ne pourrait pas se parler au téléphone à l’heure actuelle.

Aujourd’hui, techniquement, la Guyane est alimentée par deux routes. Il n’y en a pas 36, il n’y en a que deux

Je vais reformuler ma question : pour quelles raisons la solution de secours s’il y a provoque-t-elle des communications de téléphonie aléatoires et des connexions internet aussi lentes  à tel point que, de jour notamment, des usagers connectés n’arrivent même pas à surfer ou à afficher une page et ce depuis dimanche 4 mars ?

Je dirai que l’expérience des usagers est variable en ce moment. Aujourd’hui, techniquement, la Guyane est alimentée par deux routes. Il n’y en a pas 36, il n’y en a que deux.  Le câble Américas II raccordé à la Guyane et l’autre route en fait qui se trouve être une route de secours. Enfin pas exactement une route de secours, une deuxième route qui peut servir de secours et qui est mi-terrestre et mi-sous-marine

Quel est le trajet de cette seconde route ?

Chaque opérateur choisit une route pour acheminer ses communications : la route principale c’est Americas II.  Ensuite chaque opérateur choisit un niveau de sécurisation de ses communications. Chaque opérateur fait comme il le souhaite.

Pour Orange concrètement, quelle est la seconde route qui vient suppléer à la défaillance du cable Americas II ?

Pour l’opérateur Orange, c’est une route terrestre jusqu’à Paramaribo. On passe par le câble Orange jusqu’à Saint-Laurent du Maroni. Ensuite, l’un des deux opérateurs surinamais prend le relais, toujours en terrestre jusqu’à Paramaribo et là ça part en câble sous-marin jusqu’à remonter vers le Nord vers les Etats-Unis (…) Aujourd’hui en terme d’impact utilisateurs, tout dépend de la façon dont la route est calibrée par différents opérateurs.

Pourquoi y a-t-il eu un black out total entre 23h30 et 10h en Guyane la nuit de mercredi à jeudi : plus possible de téléphoner, d’envoyer un SMS, de se connecter à internet y compris en 4G ? Il n’y avait plus de réseau…

La panne de mercredi à jeudi était due à un problème d’énergie, une disjonction, côté Suriname, sur le câble qui sert actuellement de secours à l’Americas II pour les clients d’Orange.

Je vous cite mon cas personnel de journaliste qui n’a pu suivre le tir de Soyouz sur internet ce vendredi : j’ai une connexion ADSL de SFR qui n’arrive même pas à afficher une page, la 3G sur un téléphone Digicel Guyaweb qui ne peut pas surfer depuis dimanche et me donne aléatoirement des messages Outlook et des SMS avec parfois des jours de retard et enfin une clef 4G Orange qui va à la vitesse fantastique de 6Ko/s ce qui ne m’a pas permis d’atteindre la page Arianespace ce vendredi, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes…

Cela c’est moins normal, il y a peut-être une faiblesse dans le secteur où vous vous trouvez que l’on n’a pas repéré (…) A la date d’aujourd’hui, on fonctionne correctement sur la data même si on peut observer des ralentissements à certains moments ;   les SMS parfois ça peut buter mais en insistant ça passe. On arrive globalement à fonctionner. Pour la 4G, le débit est moins élevé qu’habituellement mais ça fonctionne. En 4G actuellement, on doit arriver à charger photos ou autre…

Pourquoi les connexions sont-elles aussi lentes ?

Pourquoi ces ralentissements ? Je vais vous répondre pour Orange. Par la route que l’on prend actuellement l’usage de data en Guyane a vraiment explosé. La route va devenir en partie insuffisante pour sécuriser 100% du trafic data côté Guyane.

Plus vous avez acheté de capacités, plus vous pouvez faire passer de communications. Moins vous avez pris de capacités, moins vous pouvez sauvegarder de communications en cas de problème (…) cela a un coût

Après l’incident sur Americas II, le second trajet ne semble pas très opérationnel puisque nombre d’usagers guyanais sont dans l’impossibilité de surfer…

Tout dépend de l’opérateur que l’usager a choisi. Il y a des choix différents qui ont été faits par les uns et les autres en matière de sécurisation. Nous sommes tous à la même enseigne sur Americas II. Ensuite, les choix de sécurisation des communications, c’est l’opérateur qui les fait. De ce fait, il peut y avoir des inégalités de ce ressenti entre les utilisateurs, en fonction de la capacité qu’a choisi chaque opérateur pour sécuriser en fait ses codifications (…) Il n’y a donc pas que le trajet. Il y a aussi les capacités que chaque opérateur a choisi d’acheter afin de sauvegarder son trafic. Plus vous avez acheté de capacités, plus vous pouvez faire passer de communications. Moins vous avez pris de capacités, moins vous pouvez sauvegarder de communications en cas de problème. En général, la voie est priorisée sur la data. Orange sauvegarde au maximum les communications de ses clients, cela a un coût.

Globalement, les témoignages concordent :  actuellement les connexions sont beaucoup plus lentes que lorsque ça passe par Americas II…

C’est sûr, je ne vous dis pas le contraire, la situation est dégradée. Concernant nos clients, c’est plus rapide que chez certains opérateurs mais c’est plus lent que d’habitude. C’est un fait. Mais pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui sur le deuxième trajet (celui utilisé lorsqu’Americas 2 est défaillant, ndlr), il n’y a plus la dimension nécessaire pour acheminer tout le trafic data. C’est la raison pour laquelle, au deuxième semestre 2016, nous avons décidé de construire un deuxième câble sous-marin pour avoir une sécurisation complète de toutes ces communications sur la Guyane. Afin de ne plus avoir ce problème de ralentissement en cas de coupure du câble sur le trajet principal (celui par Americas II, ndlr).

Qui a décidé la fabrication de ce câble sous-marin de secours ?

C’est au niveau de la direction d’Orange. Notre rôle c’est quand même d’avoir des communications sécurisées (…) Lorsque vous analysez les courbes du trafic, vous observez, selon les prévisions, qu’il y a une croissance de plus en importante. Vous multipliez par la population réelle et supposée et vous en concluez qu’il va falloir faire quelque chose et prendre des décisions rapides. C’est exactement ce qu’il s’est passé lorsque la décision a été prise.

Où en est-on du processus de mise en service de ce nouveau câble ?

C’est déjà bien avancé. La décision a été prise fin 2016. Là, concrètement le câble est fabriqué déjà. Il est en cours de chargement sur un navire-cablier et il va prendre la direction de la Guyane.

Ce cable doit relier quel point à quel autre ?

C’est un câble qui, dans un premier temps va faire à peu près 1 700 km. C’est un cable qui va relier Kourou à la Martinique dans un premier temps et continuer la route en étant raccordé à d’autres câbles jusqu’aux Etats-Unis.

Nous avons également une contrainte non négligeable qui est celle de la saison de ponte des tortues luth. Il s’agit d’une période pendant laquelle on ne peut pas intervenir sur le littoral

Selon vous quand, ce second câble sous-marin sera-t-il opérationnel en Guyane ?

La fabrication est terminée et l’embarquement est en cours (…) Il est dans un port en métropole (…) Nous sommes en phase d’attente d’autorisations administratives. Pour arriver sur le littoral, il faut un certain nombre d’autorisations pour pouvoir y faire accéder un ouvrage. Nous avons également une contrainte non négligeable qui est celle de la saison de ponte des tortues luth. Il s’agit d’une période pendant laquelle on ne peut pas intervenir sur le littoral. Donc -et c’est ce que l’on avait déjà quelque peu annoncé -, il faudra compter pour ce nouveau câble sous-marin, le dernier trimestre de 2018.

Sa mise en service, vous voulez dire ?

Le raccordement doit être terminé pour la fin de l’année. On commencera par les opérations de pose : une pose en mer, une pose d’arrivée sur terre. Ensuite, l’idée, c’est une mise en service pour la fin 2018

Vous pensez pouvoir tenir ce délai ?

Il y a toujours des aléas mais l’avantage c’est que l’on maîtrise tout de même une bonne partie du planning des intervenants. C’est l’avantage d’avoir peu d’intermédiaires. Il est donc plus aisé pour nous d’avoir une bonne visibilité sur le planning. Bien entendu, en l’occurrence, on aurait souhaité posé le câble beaucoup plus tôt mais vu que des autorisations auront tardé à venir, on sera peut-être obligé d’attendre la fin de la ponte des tortues. On aurait peut-être même pu l’avoir avant fin 2018.

En Guyane vous êtes quasiment le seul voire le seul opérateur à avoir des lignes : donc les autres opérateurs contractent avec vous sur ces lignes…

Pas du tout, il n’y a strictement aucune obligation, tant au niveau fixe que mobile, de passer par Orange. Chaque opérateur a son réseau.

Je ne me place pas en terme d’obligation mais en terme de réalité : en matière de téléphonie en vue d’octroyer une ligne internet à un usager, les autres opérateurs contractent avec Orange pour utiliser vos lignes…

Pas forcément. Des opérateurs sont pour partie sur leurs propres réseaux, je ne sais pas quel est le pourcentage sur les lignes d’Orange, c’est vrai qu’en partie on passe par nous. Donc, lorsqu’il y a une coupure, cela peut impacter de façon très diverses les opérateurs. Parfois notre réseau est impacté et pas le leur. Parfois leur réseau est impacté et pas le nôtre. (…) Un dernier point que je tiens à préciser car j’ai entendu beaucoup de choses fausses sur la question : nous ne sommes ni propriétaire ni monopolistique sur Americas II. Nous sommes membres d’un consortium avec d’autres opérateurs. Nous sommes mandataire vu notre présence sur la Guyane de ce consortium qui nous demande de raccorder les opérateurs. Nous ne sommes pas en situation de monopole sur Americas II

Et quand sera-t-il concrètement réparé ce câble Americas II ?

Si les opérations se déroulent comme prévu, le cable Americas II devrait de nouveau être opérationnel d’ici le week-end prochain

Propos recueillis par FF

Et le CSG qui lance imperturbablement…

Un informaticien privé nous avait indiqué, il y a plusieurs années, que le centre spatial bénéficiait d’un accord pour un débit internet plus élevé que l’usager lambda. Arianespace étant resté muet sur la question jeudi, nous avons demandé à la directrice d’Orange, Chantal Maurice, si le centre spatial bénéficiait d’un plus gros débit en période de tir : « Je ne connais pas le détail du contrat avec le CSG. Je pense qu’il ont dimensionné ce qu’il fallait pour pouvoir être autonomes et pour pouvoir assurer en toutes circonstances», a-t-elle commenté.

 

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3 commentaires

  • Mickael

    A voir aussi le tarif que paye le CSG à Orange.

    Cela existe du débit prioritaire pour les entreprises, mais c’est pas donné…

    J’admire quand même la langue de bois de la personne interrogée…

  • Francois

    « une coupure du câble Americas 2 survenue au large de Cayenne »: mais c’est quoi cette coupure ? qui a coupé ? un sous-marin ? un chalut de fonds de chalutier ? un explorateur-pétrolier ?
    C est pas clair la réponse du genre « On soupçonne une activité de pêche avec une ancre qui aurait pu tirer ce câble ». On est à 18 (dix-huit) km des côtes de la Guyane: quel bateau pechait la-bas à ce moment ? Avec les AIS, tout le monde (en tout cas les AffMar et les FAG) peut répondre à la question: quel bateau était à quelle heure au-dessus du cable Americas2 ?
    (FF: y a peut-etre un joli article-surprise en fouillant un peu …)

  • MX1

    Les réponses de cette dame sont affligeantes…. à l’image de la politique d’Orange en Guyane…

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